‹ CorrespondanceChapitre 48 sur 95 · C'étaient les prête-noms de Beaumarchais · texte numérisé non relu

C'étaient les prête-noms de Beaumarchais

des cours étrangères; et, sans doute, quand le Congrès a pris cette résolution, il comptait nous faire les fonds de ces traites; mais comme ces fonds n'ont pas été fournis, c[ue 068 messieurs n'ont eu à faire aucune dépense près des GOùrs étrangères, et que s'ils en ont fait quelqu'une, ils ont •u une large provision dans les cinq mille cinq cents guinées qu'ils ont reçues depuis neuf mois, et comme tous deux peuvent tirer de l'argent d'Angleterre, je ne crois pas que j'aie désobéi à un ordre du Congrès, Si je l'ai fait, les circonstances sont mon excuse. Quant à gêner ces messieurs, je n'en ai nullement l'intention ni le pouvoir; leur fortune et leur crédit les mettront toujours à même de payer leur dépense particulière.

En deux mots, quand même la demande eût été fondée^ je n'aurais pas donné plus d'argent à ces messieurs; j'aurais songé aux terribles conséquences qui suivraient la ruine de notre crédit public en Amérique et en Europe si une traite du Gongrèsétaitprotestée faute d'argent en caisse. Toutefois, que le Congrès me juge! Si j'ai mal fait, je me soumets respectueusement à sa censure. Grâce à Dieu, je suis tiré d'affaire pour cette semaine, les billets seront ponctuellement payés; mais si le bureau de la marine nous envoie de nouveaux bâtiments à équiper, ou si le Congrès continue à tirer sur nous pour le payement de nouvelles dettes, je serai obligé de faire banqueroute, à moins qu'on ne m'envoie des fonds pour suffire à ces demandes.

..•. On fait ici de grands préparatifs; ,il y a beaucoup d'activité dans tous les ports; on arme des transports, on construit de petits bâtiments propres à un débarquement, etc., ce qui fait croire à beaucoup de personnes qu'en pense à une descente en Angleterre ou en Irlande. Quelle que soit l'intention, ellepeut changer; mais l'idée que l'on a de cette intention, idée qui semble prévaloir chez les Anglais, les forcera de garder chez eux leurs troupes et leurs vaisseaux.

Il —13

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Le çénéra^ Howe, lord Howç, Us g^iîiBX^ CSoj^uwaUis et Grey, le colonel MQjQtr$SQr, le capitsâUQ Eammond «t d'autres encore ont dit formellement, en plein Farl^m^tt que la con(]^uête de TÀméri^e était impo39ibla« Cette M« maine, on nou9 annouce qu'on examinera, pour prouY^ip k contraire, Johii Maxwell, Joaeph Gallpway^ Andrew AUen, John Patterson, Théop)^!^ Morris, Enoch Story 0t J^bes f ischef. Il sçnible que ie3 meilleur }^g^^ d^ k (JUmIûMI soient ceux ^e la première série.

Veuillez présenter me^ respeota ai; Cotngtte et l'assorer de mes fid^lQ^ respect^, f ai l'hoM^or 4;âtr9« eto. B. P.

A SIR EPWABJ^ msWlS^IBAM.

Émigration irlandaise aux États-Unis,

Passy, ÎÎ7 mai 1779.

Monsieur,

Je vous aurais envoyé plus tôt ce pa39e-port, maûi )'es** pérais recevoir à. temps pour Vy joiadjre un passe-port da la cour de France. SI vous restez q;i>elquAS jours en Angleterre, et me doone^ y^^ adt^Wi j« voua enverrai oeUa pièce par la poste.

J'ai reçu, il y a quelque tamp^, une lettre de Balikat, dans laq^uelle ou me d^t qu'il y « UA grand nombre d'Irlaudais qui émigreraient Qn, Antique a'ite pouvaient obtenir des passe-porta pour çux et leurs effets; c'est à vous qu'on m'adresse pour obtenir de plua «copies informa* tiens. Je serai tçuJQurs prdt adonner tout secours et toute assurance en mon pouvoir lorsqu'il a'agira d'une érnigra* tlon véritable et non d'une ^péculAtion oommerciale pour introduire des marchandises anglaises en Amérique, sons prétexte qu9 Qes marcbandiaen nont toa effets de gêna qoi vont s'étabïir là-bas.

J'admire le généreux esprit des Mandais qnî se décident enfin à réclamer quelq[uepart de cette liberté de commerce gui est le droit de l'humanité, droit dont ils ont été si longtemps privés par l'abominsAIe égolsme de leurs concitoyens. Jouir de tous les avantages du climat, du sol et de la situation oii Dieu et la nature nous ont placés, est un droit aussi évident que celui d^ respirer. On ne peut nous l'enjever^ustemei^t qu'en punition de quelque crime atroce.

On dirait que les Anglais ont longtemps pensé que ce droit) nul ne pouvait l'avoir qu'eux seuls. Leur injustice leur a déjà coûté cher [ s'ils y persistent, ce sera leur ndne. J'ai l'honneur d'être avec une grande estime, Mon-^ sieur, etc. B. F.

 HORATIO GATES 1(AJ0R-G&7ÉRAL DANS l'ABMISB AMÉRICAINE.

Le chevahef de Raymondis, — Capitulation de Saratoga. —

Dissensions en Amérique-,

Pa»y, 2 juin 1779.

Cher Monsieur ,^

J'ai reçu votre aimable lettre par le chevalier de Raymondis. Il parait très-sensible aux politesses qu'il a reçues à Bostoui et très-désireux ^e çervir la cause américaine. Sa blessurç n'est pas encore guérie; il y a encore un morceau d'os à couper. Du reste, il est frais et dispos et a pour vous un grand respect.

Jamais l'orgueil de l'Ançlçterre n'a été plus humilié que par la capitulation de Saratoga. Ils n'en sont pas encore remis, quoique leurs succès de cet été sur le commerce français les ait un peu relevés. Mais la crainte d'avoir bientôt l'Espagne sur les bras leur a donné une modestie qui commence l, paraître jusque dans les discours et les journaux ministériels. On ne connaît pas assez les heu«

reux effets de cet éyénement pour l'Amérique. Un jour ou l'autre j^en instruirai le monde. Quand nous retrouveronsnous dans quelque joyeuse réunion, causant ensemble \ de nos aventures, et finissant par une tranquille partie * d'échecs?

Les petites querelles entre États particuliers en Amérique sont fort grossies en Angleterre; j'ai vu un temps où les Anglais en tiraient de grandes espérances. Gomme vous, je considère ces discussions comme l'effet d'une sécurité apparente; cela n'affecte pas les grands points de rindépendance et du respect des traités, et tout cela disparaîtra au retour ou à l'apparence du danger. La cour de France continue d'être notre amie cordiale, et toute la nation est chaudement en notre faveur, hormis quelques créoles et quelques commerçants aux Antilles que leurs pertes ont un peu refroidis. Avec une sincère estime et une grande affection, je suis toujours, cher Monsieur, etc,

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