millions de francs
ses imprévues que le Congrès ne connaît pas, ainsi que par des ordres et traites du Congrès. Les cargaisons que le comité a envoyées aux commissaires ont été volées traîtreusement par les équipages mêmes, ou prises par l'ennemi; ou encore, quand elles sont arrivées, il a fallu les appliquer au payement des dettes : les tabacs aux fermiers généraux suivant le contrat, le riz etl'indigo à MM. Hortalez et compagnie*, de qui, pour le dire en passant, nous n'avons pu encore tirer aucun compte.
.. J'ai enfin obtenu, comme je l'ai dit plus haut, le bon du roi pour le payement de Tintérêt de trois millions , si nous pouvons emprunter cette somme en Hollande, ou ailleurs. Mais, quoique deux puissantes maisons d'Amsterdam aient entrepris le placement de cet emprunt avec espoir de succès, elles m'ont écrit récemment toutes deux que les grandes demandes d-argent en Allemagne et en Angleterre ont fait monter l'intérêt plus haut que notre chiffre, que les succès des Anglais en Géorgie et à Sainte- Lucie, la destruction du commerce français, les prétendues divisions du Congrès, grossies par le ministre anglais, et les emprunts sollicités par plusieurs de nos États, faisaient que les capitalistes doutaient de notre stabilité, aussi bien que du pouvoir que nous aurions de rembourser ce qu'on nous prêterait, et qu*il fallait attendre un moment plus favorable pour placer notre emprunt.
C'est dans cette situation que j'ai reçu de M. William Lee, et dernièrement de M. Izard, de nouvelles demandes d'argent pour leurs dépenses ; on me dit qu'ils sont irrités de mon refus, qu'on m'accuse de désobéir à un ordre du Congrès, et de mettre méchamment dans la gêne des gens qui sont au service de leur pays. On m'a produit, en effet, une résolution du Congrès qui autorise ces messieurs à tirer sur vos conmiissaires de France pour leurs dépenses en