‹ CorrespondanceChapitre 50 sur 95 · Les Lee · texte numérisé non relu

Les Lee

grande réputation, le bon vouloir que les Français me témoignent, le respect qu'ils me montrent et même les compliments qu'ils me font, tout cela blesse ces malheureux messieurs, malheureux , en effet , par leur caractère et par ces sombres et tristes passions, la jalousie, la colère, le soupçon, renyie,la malignité. C'est assez pour les bons esprits d'être affectés des maux d'autrui ; mais ceux qui sont vexés de la bonne fortune des autres ne seront jamais heureux. Avec de tels ennemis, ma seule vengeance est de les laisser dans la misérable situation où les place leur nature maligne. En continuant de soutenir un caractère estimé, en conservant la réputation que le monde a la bonté de m'accorder, je les maintiens dans leur état présent de damnation, et je n'ai nulle envie de changer de conduite pour soulager leurs tourments.

Je suis surpris d'apprendre qu'on me reproche de garder auprès de moi mon petit-fils Temple Franklin, et qu'il y a une cabale pour l'écarter. J'aurais cru qu'il y avait quelque mérite à sauver cet estimable jeune homme du danger d'être un tory * et à le fortifier dans les principes d'un honnête wbig républicain. Par son intégrité, son zèle, sa sagacité précoce, son talent remarquable pour les affaires, il peut un jour être de grand service pour son pays. C'est assez d'avoir perdu mon fiU, veulent- ils m'enlever mon petit' fils*^ A soixante- dix ans, je suis parti au milieu de l'hiver, par ordre du Congrès et pour le service public, sans personnne autre que Temple pour prendre soin de moi. On me fait rester ici, dans un pays étranger; si je suis malade, ses attentions me consolent, si je dois mourir, j'ai un fils pour me fermer les yeux et prendre soin de mes restes. Son respect pour moi, son zèle et sa fidélité en affaires me sont à la fois agréables et utiles. Comme mon

1. On se souvient que le fils de Franklin, le père du jeune Temple, avait épousé la cause anglaise en Amérique.

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secrétaire particulier, sa conduite est irréprochable; et je m'assure que le Googrto ne songera jamais à nona séparer.

Ben * me donne aussi beaucoup de satisfaction. C'est un bon et honnête garçon qui fera, j'en suis sûr un homme de mérite. Il a fait autant de progrès dans ses études qa*il en pouvait faire dans la pension où il était; après en avoir cherché une meilleure, je me suis décidé à l'envoyer à Genève. J'ai trouvé pour cela une bonne occasion, celle d'un Genevois qui avait une place pour Ben dans aa voiture et qui a un fils presque du môma âge et à la môme école. Il m*a promis d'en prendre soin, et je vous envoie ci-incltts les lettres que j'ai reçues de Ben, ou qui me parlent de lui. H est parti fort gaiement, et j'aj^renda qu'il est fort heureux. Sa compagnie me manque les dimanehea. à diner. Mais si je vis et si je peux trouver un peu de loisir, je ferai un voyage au printemps prochain pour le yoip et pour voir en môme temps les anciens treize ÉMS'Ûnif de la Suisse.

Grâce à Dieu, je continue d'ôtre bien portant et dispos. Sans aucun doute, je vieillis ; mais il me semble que les dix dernières années n'ont pas fait grande différence. J'ai quelquefois la goutte; mais on dit que c'est moins une maladie qu'un remède. Dieu vous bénisse! Je suis votre affectionné père. B. F.

A. MISTRISS SAIUH BACHS.

Passy, 3 juîtl, ITTd.

Chère Sally,

J'ai sous les yeux vos lettres du 2S octobre et du 17

janvier. Ce sont les deux seules que j'ai reçues de vous en

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