‹ CorrespondanceChapitre 78 sur 95 · A ROBERT MORRIS · texte numérisé non relu

A ROBERT MORRIS

Passy, 26 Juillet 1781.

Cher Monsieur,

Je reçois à l'instant votre lettre amicale du 6 juin der» nier> qui m'annonce votre nomination à la surintendance de nos finances. Cette nouvelle m'a fait grand plaisir ; vôtre intelligence^ votre intégrité et vos talents nous font espérer que le pays retirera de votre administration tout l'avan-» tage possible. Vous faites sagement de penser d'avance que la plus douce récompense que vous puissiei retirer de cet emploi sera la conscience d'avoir rendu service à votre patrie. La tftche que vous avei entreprise est si complexe de sa nature, elle absorbera une si grande partie de votre temps et de votre attention, que vos intérêts particuliers en souffriront nécessairement; le public, d'ailleurs, est souvent avare, môme de ses remerctments ; tandis que vous êtes certain de ne point échapper à la censure de oes critiques malveillants , de ces méchants écrivains qui voue insulte^ ront tandis que vous les serviree, et qui saliront votre nom dans des pamphlets sann nombre; semblables à ces petits

1. D'abord trè»-riche négociant de Philadelphie, il éprouva depuis des pertes de fortune ; il fut mis à la tête des finances de la révolution, et contribua beaucoup à relever le crédit de la fédération.

DE BENJAMIN FRANKUN. W

et sales insectes qui nous attaquent dans les ténèbres, troublent notre repos, nous harassent et nous blessent, tandis qu'ils se nourrissent de notre sueur et de notre sang.

Tout le concours que ma situation me permettra devons apporter, je vous le donnerai certainement; car, outre mon amour pour la glorieuse cause où nous sommes enga^ gês tous les deux, je suis fier de votre amitié, et serais fort heureux que la mienne pût vous être de quelque utilité.

Avec une grande et sincère estime, je suis toujours, cher monsieur, etc. B. F.

A WILLIAM GARMIGBAEL.

Le Congrès refuse d'accepter la démission de Franklin,

Histoire de la Herse.

Passy, 24 août 1781, Cher Monsieur,

En parcourant vos lettres je suis honteux de me trouver depuis si longtemps, et à un tel point, votre débiteur. Je vous remercie de m^avoir fait faire la connaissance de M. Sonnerat. Il parait être un fort admable homme; et il est plein d'esprit et de connaissances.

Nous sommes tous fort obligés au comte de Montmo«* rin * pour l'aimable assistance qu'il nous prête. Présentezlui, je vous prie, l'hommage de ma reconnaissance. Je vous remercie aussi de m'avoir fait connaître M. Giusti; je l'ai vu souvent et j'ai trouvé beaucoup de plaisir et de profit dans sa conversation.

Le Congrès m'a fait l'honneur de refuser ma démission; il insiste pour que je reste à son service jusqu'à la paix. Il faut donc reprendre le harnais, et je remercie Dieu de ce

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