‹ CorrespondanceChapitre 90 sur 95 · Maison de campagne de l'évoque · texte numérisé non relu

Maison de campagne de l'évoque

souhait. Maintenant que vos amis sont en place, j'espère qu'ils saisiront la première occasion de vous montrer Testime qu'ils font de vos vertus et de votre mérite.

Veuillez présenter mes humbles respects à madame Shipley et embrasser tendrement pour moi tous nos chers enfants. Je suis avec estime, respect et vénération, mon cher ami, votre très-affectionné, B. F.

A MISTRTSS MARY HEWSON.

Education des enfants,

Passy, 13 juin 1782.

Ma chère enfant,

J'ai reçu votre aimable lettre du !«' mai par les mains de M. Hodgson; depuis, j'en ai reçu une seconde par M. Oswald. Parler de vos enfants, de votre manière de les instruire, des progrès qu'ils font, ne peut pas vous donner plus de joie que je n'en ai à vous écouter, et à voir qu'au lieu de courir après les vains amusements auxquels votre fortune et les mœurs du siècle vous invitent, vous avez réuni vos plaisirs et vos devoirs en vous consacrant à l'éducation de vos enfants. C'est suivre la nature et la raison au lieu de suivre la mode ; rien ne convient mieux à une femme de sens et de vertu.

Nous avons ici une dame qui écrit sur l'éducation; elle vient de publier trois volumes dont on parle beaucoup. Je vous les enverrai par la première occasion. Ils sont fort loués et fort critiqués. Ce livre a valu à son auteur, madame la comtesse de Genlis , d'être nommée gouvernante des enfants du duc de Chartres, qui est fils du duc d'Orléans. Peut-être que dans ces écrits vous ne trouverez pas grand'chose qui puisse vous servir, mais peut-être aussi trouverez-vous quelque chose.

Je vous envoie un autre traité sur le même sujet. L'au-

278 GORRESPONDANGB

teur est unô autre comtesse, madame de Forbach, qui me fait l'honneur de m'appelef son ami. C'est ce qui me vaut un exemplaire de cet écrit qui n'est point publié. Quand vous aurez du loisir, je serai cbarmé d'avoir vos réflexions.

N'envoyez pas de livres à Genève. Les troubles de ôette ville en ont chassé Técole et mon petit-fils, j'ai l'idée de renvoyer au logis. Peut-être le mettrai-je quelque temps sous votre tutelle, pour qu'il rattrape son anglais dans l'école où vont vos enfants.

Gomme vous, j'espère qu'il y aura une paix et que nous nous reverrons. Rappelez-moi au bon souvenir de M. et de madame Yiny. En ce moment je n'ai pas besoin de voiture. Embrassez votre bonne mère pour moi avec beaucoup d'aiïection, et croyez-moi toujours, ma chère amie, votre B. f.

JL RICHARD PRICÉ.

Influence de la Presse.

Passy, 13 juin 1782.

Cher monsieur,

Je vous félicite de la dernière révolution de vos affaires publiques. Il en peut sortir beaucoup de bien, non pas autant peut-être que l'espèrent et le souhaitent les honnêtes gens et même les nouveaux ministres. Dans le changement ^'ont subi les sentiments de la nation, je vois l'effet de vos écrits, de ceux de l'ami que nous venons de perdrci M. Burgh, et de quelques autres meipbres de notre excellent club ; cela doit vous encourager à continuer.

Les anciens orateurs romains et grecs ne pouvaient parler qu'au nombre de citoyens qui se trouvaient à portée de la voix. Leurs écrits avaient peu d'effet, car la masse du peuple ne pouvait pas lire. Aujourd'hui, au moyen de la presse, nous parlons aux nations; de bons livres, des

brochures bien écrites ont une grande et générale influence. La facilité avec laquelle on peut répéter certaines vérités, en les montrant chaque matin sous un aspect différent, dans des journaux qui sont lus partout, donne une grande chance de les faire triompher. Et nous voyons maintenant que nonseulement il est bon de battre le fer quand il est chaud, mais qu'il est très-possible de l'échauffer à force de le battre.

Je suppose que maintenant les correspondances sont libres, je serai heureux d'avoir de vos nouvelles aussi souvent qu'il vous plaira de m'en donner. Présentez, je vous prie, mes respects à nos bons vieux amis du London Coffee house. Je me figure souvent le plaisir que j'aurais à m'asseoir une fois encore parmi eux. Avec l'estime et l'affection la plus grande et la plus sincère, je suis toujours, mon cher ami, votre tout dévoué, B. F.

Page 1