Correspondance complète avec ses amis le président Hénault, Montesquieu, D'Alembert, Voltaire, Haroce Walpole, classée dans l'ordre chronologique et sans suppressions. Augm. des lettres inédites au Chevalier de l'Isle. Précédée d'une histoire de sa vie, de son salon, de ses amis. Suivie de ses oeuvres diverses et éclairée de nombreuses notes
Vous avez écrit dans le tome I" de ces Causeries du lundi, un des monuments littéraires de notre temps et de tous les temps, véritable encyclopédie critique moderne :
(t On a réimprimé dans ces derniers temps bien des classiques )) et même de ceux qui ne le sont pas. Les Lettres de madame » du Deffand, je ne sais pourquoi, n'ont pas eu cet honneur... » depuis 1828. On ne s'est pas donné la peine, depuis, de réim- M primer le texte en l'épurant, en le comparant avec l'édition ') de Londres (1810), pour rétablir les quelques endroits retran- » chés ou altérés. Et pourtant madame du Deffand méritait » bien ce soin, car elle est l'un de nos classiques par la langue » et par la pensée, et l'un des plus excellents. »
Et vous répétiez encore : « Elle est avec Voltaire, dans la » prose, le classique le plus pur de cette époque, sans même )) en excepter aucun des grands écrivains. »
Encouragé par ce vœu, excité par ces regrets, j'ai consacré deux années à vivre dans le commerce assidu de l'immortelle douairière, dont le portrait, dans la galerie de nos illustrations, fait le pendant de celui de madame de Sévigné. J'ai consciencieusement, religieusement restauré la pureté de ce texte, parfois leriiie, dans l'édition anglaise elle-même. J'ai classé les lettres
éparses, rétabli les passages supprimés par des i)réclécesseurs timorés. J'ai enfin, sur votre plan, essayé de donner cette édition critique et définitive que vous avez demandée , au nom du public délicat et lettré. A lui de dire si j'ai satisfait tous les désirs, comblé toutes les lacunes, réalisé enfin complètement le type que vous aviez tracé. A vous, mon cher et illustre Maître, de daigner agréer l'hommage de ce travail, inspiré et éclairé par vous, et dont l'offrande vous reviendrait naturellement, quand bien même elle ne serait pas dictée par l'admiration et l'affection, puisqu'il s'agit ici d'une des gloires de la conversation, de l'esprit et du goût.
M. DE Lescure.
MADAME DU DEFFAND