‹ Correspondance complète de madame duchesse d'Orléans, né princesse palatine, mère du régent \Chapitre 10 sur 21 · A LA MÊME · texte numérisé non relu

A LA MÊME

20 avril IGTC.

Il m'a été impossible de vous répondre plus tôt, car j'ai été tellement troublée du coup imprévu dont Dieu tout-puissant m'a frappée ' que je commence à peine ;\ m'en relever : vous voyez bien maintenant que j'avais grandement raison de souhaiter que mes enfants pussent être entre vos mains, car j'avais prévu mon malheur de loin. On a ici une singulière façon d'agir à l'égard des enfants, et je n'ai malheureusement que trop vu qu'en fin de compte , il ne peut en résulter aucun bien. Mon malheur est que je ne sais nullement comment il faut agir avec les enfants, et que je n'ai aucune expérience de ces choses-là ; il faut donc que je croie ce qu'on me recommande ici ; mais en voilà assez à cet égard, car plus j'y pense et plus je me

> La mort du duc de Valois, de ce fils dont la lettre précédente annonçait la naissance.

trouve affligée. Je n'ai maintenant nulle consolation, car Monsieur est parti jeudi avec le roi pour se rendre à l'armée ; cela ne peut à la longue faire que du mal à mon lait, et quelque gaieté qu'il y ait naturellement dans mon caractère, il n'y a rien qui puisse vous soutenir dans d'aussi affreux malheurs. Je ne crois pas qu'on puisse mourir de chagrin, car, en ce cas, je ne serais assurément pas au monde , car ce que j'ai souffert est impossible à décrire. Si Dieu n'accorde pas sa protection toute spéciale à l'enfant dont je suis enceinte en ce moment ' , j'aurai bien mauvaise opinion de la santé et de la vie de cette pauvre créature , car il n'y a pas moyen qu'elle ne se ressente pas de toutes mes peines.

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