‹ Correspondance complète de madame duchesse d'Orléans, né princesse palatine, mère du régent \Chapitre 11 sur 21 · A LA MÊME · texte numérisé non relu

A LA MÊME

30 mai 167C.

Je voudrais pouvoir vous envoyer le duc de Chartres ^ dans une lettre ; je serais sûre alors qu'il resterait en vie; il me cause beaucoup d'inquiétude, et je désirerais bien qu'il eût trois ou quatre ans de plus, afin de le voir sorti des périls delà première enfance. Ils {les médecins) n'entendent rien ici aux soins qu'il faut donner aux enfants ; ils ne veulent rien écouter de ce qu'on leur dit , et ils envoient dans l'autre monde un tas d'enfants.

10 octobre IG7G.

J'ai déjà écrit à ma tante une longue lettre, une des

Sa ûlle, mariée depuis au duc de Lorraine.

Né en 1G74, et devenu célèbre sous le nom de Régent.

premières que j'ai écrites depuis mes couches, mais je ne veux pas laisser partir ce courrier sans vous remercier de tous les vœux que vous exi)rimez pour moi et pour mon nouveau-né dans votre lettre du 29 septembre; quant à moi, je me suis, grâce à Dieu, trouvée extrêmement bien depuis mes couches , et je n'ai pas eu la plus petite incommodité, quoique le mal d'enfant ait été beaucoup plus rude que les deux autres fois. J'ai été, durant dix heures, dans de grandes douleurs, ce qui, à dire la vérité, m'effraie tellement que je ne me soucie plus d'être un tuyau d'orgue, comme vous me l'écrivez. Les enfants sont trop durs à venir ; s'ils vivaient, on prendrait son parti; mais cpand on les voit mourir, comme j'en ai fait celte année la triste expérience, alors il n'y a plus aucun plaisir à tout cela. Le duc de Chartres est, grâce à Dieu, en parfaite santé, ainsi que sa petite sœur, qui est aussi grasse qu'une oie engraissée et très-grande pour son âge. Lundi dernier, on les a baptisés ; on leur a donné mon nom et celui de Monsieur ; ainsi le drôle s'appelle Philippe et la petite iille Elisabeth-Charlotte. S'il vient maintenant une Liselette ' au monde , Dieu fasse qu'elle ne soit pas plus malheureuse que moi, et elle n'aura pas de molifs de se plaindre.

A LA MliME.

3 janvier IG*7.

Je vous remercie bien de vos souhaits de bonne

' Peiit nom d'amitié que les parents delà duchcâse lui donnèicnt lorsqu'elle élail cufant.

DE MADAME r.A DUCHESSE U Ol'.LEANS. 7

année ; je désirerais extrêmement avoir l'occasion de vous témoigner ma reconnaissance, car si nous en venions à régler nos comptes , nous trouverions que vous avez fait plus pour moi dans ma jeunesse que je n'ai fait pour vous en toute ma vie, et j'en suis honteuse ; le moins que je puisse faire est donc d'avoir poiu" vous l'affection la plus sincère.

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