‹ Correspondance complète de Madame duchesse d'Orleans née Princesse Palatine, mère du regent; (volume 2)Chapitre 5 sur 22 · AVERTISSEMENT. VII · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. VII

ans. Elle fut forcée^ bien malgré elle, d'avoir pour belle^ fille M"« de Blois^ fille naturelle de Louis XIV et de M"** de Montespan.

Nous n'avons pas besoin de reproduire ici des détails qui sont partout, au sujet des intrigues de cour dont la duchesse fut témoin, et auxquelles elle se trouva souvent mêlée. Son animosité violente contre M** de Haintenon est connue. La seconde épouse de Louis XIV était toute dévouée aux intérêts du duc du Maine, fils naturel du roi ; elle voulait le placer à la tête du gou?emement pendant la régence. Madame, qui avait pour son fils l'affection la plus vive, ne voyait qu'avec horreur les prétentions de ce qu'on appelait alors le parti des bâtards '.

Madame mourut septuagénaire , le 8 décembre 1722 ; son fils ne lui survécut que d'un an ; elle fut ensevelie à Saint-Denis. Massillon prononça son oraison funèbre.

Divers discours furent prononcés à l'occasion du trépas de Madame. Nous citerons le Discours prononcé dans Teglise de Saint-Denis, en présentant le corps de Madame, avec Vabrégé de sa vie, par M. de Saint-Gery de Maynas. Paris, 1723, in-4<», et Y Oraison fm^e prononcée dans Vé-

p. 41 ) les singalières difficaltés d'étiquette auxquelles donna lien oe mariage \ il fut eé\(^iTé par des abbés déguisés en évéques.

' Françoise-Marie de Bourbon, légitimée de France en 1681, née le • mai 1077, mariée le 18 février 16SS, morte le l'^ février 1749. Madame s'opposa tant qu'elle put à ce mariage, qui blessait sa fierté, et elle ne céda que devant la volonté expresse de Louis KIV. Elle n'hésita pas h donner à son fils, dans la grande galerie de Versailles, lorsqu'il venait lui baiser la main, le soufflet le plus sonore. Saint-Simon retrace cette scène d'une façon pittoresque ; il montre Madame se promenant h grands pas, parlant sans contrainte (t. I, p. 46).

' On lira avec proGt les observations judicieuses de M. de Noailles i cet égard, dans son Histoire de Mt^^ de Mainlenon. Après avoir expliqué, sans le justifier, bien entendu, comment le scandfale des légitimés trouvait grâce dans l'opinion par le préjugé féodal en vertu duquel ni Guillaume le Conquérant, ni Dunois, ne rougissaient de bfttardise, et par l'autorité monarchiaue investie du droit de légitimation, ce qui strictement conférait à Louis XtV le pouvoir de s'absoudre de ses fautes ; après avoir allégué toutes ces circonstances atténuantes, M. de Noailles n'en prononce pas moins une sentence rigoureuse au nom de la morale et delà religion.

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fflUe de Lam, I0 48 mari 1723» par le P. Gatfaalan, jésuite. Paris^ 1723» iii*4«. (En tête de cette brochure, on trouve le portrait de la princesse, gravé par Drevet, d'après Rigaud.)

Il n'a été imprimé qu'une faible partie de la correspon* dance de la [nincesse. On sait qu'elle était en eoramoroe épistolaire avec le célèbre LeibnitE et avec l'abbé de Polier^ auquel elle avait accordé toute sa confianee^ Elle parle souvent des nombreuses lettres qu'elle adressait aux deux filles qui étaient le fruit du premier mariage de son époux (Marie-Louise, née en 1662, morte en 1688, femme de Charles II, le plus triste et le plus nul de tous les souve*rains de l'Bspagne, et Anne-Marie, née en 1669, mariée en 1684 à Victor-Amédée, prince de Piémont, depuis roi de Sardaigne et de Sicile ; elle mourut en 1728). Madame écrivait sans relâche à sa propre fille, la duchesse de Lorraine, et à la duchesse de Modène, Charlotte-Félidté^ fille d'un frèi'e de l'électeur de Hanovre, oncle de Madame; elle avait nombre de correspondants outre-Rbin> la reiae de Prusse (Sophie-Charlotte, sa cousine, femme de Frédéric 1*'), le duc de Brunswick, son andenne institutrice^ M"*» de Harling, à Hanovre, etc. *.

La duchesse a dit elle-même que, sur les sept jours de la semaine, six étaient consacrés à quelque pays particulier : le dimanche, au Hanovre et à la Lorraine ; le lundi,

' U parait que des copies de ces lettres existent à Munich, mais on ne uit ce que sont doTeoues les lettres écrites à Sélectrice de Hanovre; oe serait la partie la plus curiease de la correspondance de Madame, car oq sait qu'elle confiait à sa tante des secrets dont elle ne parlait pas ailleurs. Après la mort de Pélectrice, Madame recommanda à sa sœur^ de la façon la plus pressante, de brûler un paquet de lettres où elle s'exjpliquait sur les accusations portées contre son fils, soupçonné d'avoir empoisonné les descendants de Louis XIV, afin do s'assurer la couronne.

^ Un extrait de ces lettres a paru sous la rubrique de Dautzig, 1791, •oas le titre de BeketUnisse des Prinseisin Elisabeth-Char tolte au9 ihre» Originalbriefen, Refondu avec le travail mis au jour par M. de Praun, il a fourni les matériaux du livre que M. Schat/., professeur à l'Université de Halle, a consacré & la princesse : Leben und Charakler von BiiMbeih-^harlottef Uenoffin von Orleant, Leipzi|;, issQ.

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