A LA MÊME
Je voudrais pouvoir vous envoyer le duc de Chartres ' dans une lettre; je serais sûre alors qu'il resterait en vie ; il me cause beaucoup d'inquiétude, et je désirerais bien qu'il eut trois ou quatre ans de plus, afin de le voir sorti des périls de la première enfance. Ils (les médecins) n'entendent rien ici aux soins qu'il faut donner aux enfants ; ils ne veulent rien écouter de ce qu'on leur dit , et ils envoient dans l'autre monde un las d'enfants.
10 octobre IBIo.
J'ai déjà écrit à ma tante une longue lettre, une des
Sa fllle, mariée depuis au duc de Lorraine. % Né en 1674, et devenu célèbre sous le nom de Régent.
premières que j'ai écrites depuis mes couches, mais je ne veux pas laisser partir ce courrier sans vous remercier de tous les vœux que vous exprimez pour moi et pour mon nouveau-né dans votre lettre du 29 septembre; quant à moi, je me suis, grâce à Dieu, trouvée extrêmement bien depuis mes couches , et je n'ai pas eu la plus petite incommodité, quoique le mol d'enfant ait été beaucoup plus rude que les deux autres fois. J'ai été, durant dix heures, dans de grandes douleurs, ce qui , à dire la vérité , m'enraie tellement que je ne me soucie plus d'être un tuyau d'orgue, comme vous me l'écrivez. Les enfants sont trop durs à venu' ; s'ils vivaient, on prendrait son parti ; mais quand on les voit mourir, comme j'en ai fait cette année la triste expérience, alors il n'y a plus aucun plaisir à tout cela. Le duc de Chartres est, grâce à Dieu, en parfaite santé, ainsi que sa petite sœur, qui est aussi grasse qu'une oie engraissée et très-grande pour son âge. Lundi dernier, on les a baptisés; on leur adonné mon nom et celui de Monsieur; ainsi le drôle s'appelle Philippe et la petite fille Elisabeth-Charlotte. S'il vient maintenant une Uselette ' au monde , Dieu fasse qu'elle ne soit pas plus malheureuse que moi, et elle n'aura pas de motifs de se plaindre.
3 janvier 1677.
Je vous remercie bien de vos souhaits de bonne
1 Petit nom d'amitié que les parents de la duchesse lui donnèrent lufwju'olle était eufcuit. &
DE MADAME f.A DUCHESSE D'ORLEANS. 7
année; je désirerais extrêmement avoir l'occasion de vous témoigner ma reconnaissance, car si nous en venions à régler nos comptes , nous trouverions que vous avez fait plus pour moi dans ma jeunesse que je n'ai fait pour vous en toute ma vie , et j'en suis honteuse ; le moins que je puisse faire est donc d'avoir pour vous l'affection la plus sincère.
AU RAUGRAVE CHAULES-LOUIS,
Parti, J mal 187 T.
Mon cher Charles ', je n'ai pas voulu vous écrire lorsque j'ai reçu la triste nouvelle de la mort de votre maman, car je sais bien que dans les premiers moments d'une juste douleur, il n 'est pas possible de lire des lettres ; aujourd'hui j'espère que vous êtes un peu revenu à vous-même, el je vous écris pour vous assurer de toute mon amitié et de mon vif désir de pouvoir vous apporter quelque consolation.
A MADAME DE ELARL1XG.
Paa fe data (IMt).
le n'ai reçu depuis longtemps aucune lettre de mon frère', mais j'ai appris à son égard quelque chose qui ne me fait pas plaisir et qui ne convient pas a un nouveau marié ; il a attrapé, à Genève, la petite vérole, ce
' Frète consanguin de la duchesse.
* Ce frite avait tm an de plus que ta «sur ; 11 devint électeur palatin après ta mort de ton père, en 1 680, épousa une prio- ■MH da Danemark, et mourut sani poalJiUé eu 163S. Lamaiwu de Neubourg lui succéda.
n'est pas du tout ce qu'il faut pour la ligure d'un prétendu; je crains que les marques ne lui demeurent; la princesse de Danemark devra, à l'avenir, s'attacher à ses bonnes qualités plutôt qu'à sa. figure, et elle en trouvera, chez lui, d'excellentes.
A LA COMTESSE PALATINE LOUISE
SaiQl-Cloud, î5 arril 1681.
J'ai reçu plus de dis lettres de notre reine d'Espagne ', qui sont pleines d'amitié pour vous. A propos d'elle, son pauvre Sainl-Chamans est extrêmement malade ; on doute qu'il en réchappe ; ceux qui le connaissent disent qu'il meurt d'amour pour elle, car depuis qu'elle était allée en Espagne, il n'avait pas eu un moment de satisfaction, i'cn suis sincèrement af-