V.-t'en 'oir l'ili Timnent, je», Vi-l'en rolr »'1U .igunt
Swu U date de 11 18, doui biuki Iroufé dans le reeuell Mau-
projet de mariage avait été arrêté entre le prince de Piémont et U"a de Valois ; il est encore très-douteux que la chose se fasse '. H. le Duc demande Mlle de Valois pour son second fils, le comte de Charolais. Ce mariage-là pourrait avoir lieu plutôt que l'autre; la veuve du duc de Berri a six ans de plus que le prince de Piémont. Quant à la seconde des filles de mon fils, c'est celle qui s'est faite religieuse contre mon gré; on lui a donné un emploi dans le couvent, elle est
Un autre poêle lançait des épigrammes qui ne manquaient pu d'acreté.
Que 11 pette mil en Prorencc, Ce n'eit pu noire plus grand mal ; Ce serait un bien pour li France Qu'elle fut an Falaii-Boytu.
' A Ml appélila la princeiae
■élira sagement quelque fin.
Bile aura de lu délirâtes*;,
Quand je cesserai d'aimer le tin.
1 11 y eut au sujet de ce projet d'union une intrigue que raconte Saint-Simon (t. XXXIII, p. 121). Dubois avait laissé transpirer et retenir la négociation à Madame, dans l'espérance de quelque trait An férocité allemande; Madame donna dans le piège et empêcha le mariage, en écrivant à la relue de Sicile qu'elle était trop son amie pour lui Taire un aussi mauvais présent que M>le de Valois. Le régent, selon l'expression de Duclos, ne ni que rire de l'incartade germanique de sa mère.
sacristine. Je suis bien aise qu'on lui ait donné quelque chose à faire, cela chasse la mélancolie et éloigne l'ennui. M,ta de Valois n'a encore que neuf ans ; tous voyez donc que, lors même que te mariage arec le prince de Piémont serait décidé, il serait forcément retardé de quelques années. Ce mariage ne me ferait d'ailleurs nul plaisir; il aurait lieu contre la volonté de la reine de Sicile, que j'aime mieux que toutes mes petites-filles ; car j'aime cette vertueuse reine tout comme si elle était ma propre fille, et je lui ai servi de mère (car elle n'avait que sis mois lorsque la sienne est morte). Aussi me regarde-t-elle comme sa mère; elle a en moi une confiance sans bornes. Je lui souhaite donc tonte sorte de bonheur et l'exemption de tout chagrin ; or, le plus grand de tous, c'est de voir un fils unique se marier contre votre volonté; toute la vie se trouve par là empoisonnée, je ne le sais que trop. Alberoni a certainement trompé le roi de Sicile d'une façon indigne; c'est un des plus mauvais coquins qu'il y ait au monde et un des ennemis les plus acharnés de mon fils; un Italien perdu de débauche, un scélérat comme on n'en voit pas; il n'a ni foi ni loi. Beaucoup de gens croient qu'il a empoisonné son bienfaiteur, le pauvre duc de Vendôme ' , afin de plaire à Mmo des Ursins , qu'il a ensuite fait chasser pour bien se mettre avec la reine d'Espagne. Maintenant il a fait rentrer cette méchante vieille sorcière en grâce auprès de la cour d'Espagne; tout cela vous démontre
■ Assertion des plus hasardées ; II parait certain que le duc de Vendôme, an milieu de ses victoires dans la Péninsule, mourut d'une indigestion de poisson.
quel homme c'est; il mérite bien d'être humilié. Il faut qne je tous Fende compte d'un dialogua divertissant entre lord Stairs et l'ambassadeur d'Espagne, le prince de Çellamare- Celui-ci avait répandu dans tout Paris qu'il était complètement faux que la flotte anglaise eût battu la flotte espagnole; et les partisans de l'Espagne ici avaient si bien fait qu'on ne croyait plus à cette nouvelle, lorsque le Sis de l'amiral Bing est arrivé avec la relation officielle et la liste des navires qui avaient été capturés, brûlés ou coulés. Lard Stairs ayant reçu ces pièces, dit au prince : < Eh bien I monsieur, que dites-vous maintenant de votre flotte ï — Je dis. répliqua l'ambassadeur, que la flotte est heureusement entrée à Cadix. — Je ne sans parle pas de celle de Cadix, repartit le lord, je vous parie a* celle de Messine. — Celle de Cadix et tous les galions richement chargés sont entrés, > repartit le prince- Jamais on ne put tirer de lui autre chose*
20 içptembn H ig.
La petite naine a dit qu'elle avait plus de cœur que son mari, ses fils et son beau-frère, et que, comme une autre Jaël , elle tuerait mon fils de sa main en lui enfonçant un clou dans la tète. Mon fils ne se tracasse en rien de ses menaces. Quand je lui dis qu'il doit se tenir sur ses gardes, il se met à rire et il secoue la tète comme si je lui racontais des contes... Il n'a pas encore relâché les trois drôles du parlement, quoique le parlement lui en ait deux fois adressé
i A H. H HABL1NG.
SI lepttishn ttlS.
Quant S ce qui regarde H. et M1»' du Maine, on découvre chaque jour de nouveaux complots de leur part contre mon Gis; cela fait dresser tes cheveux sur la tête, je ne crois pas que le grand diable d'enfer puisse être pire que la vieille Maintenon , que son duc du Maine et que la duchesse ; celle-ci a dit tout haut que son mari, son beau-frère et ses fils, n'étaient que des laquais, tant ils étaient dépourvus de cœur; elle n'était qu'une femme, maïs elle voulait demander une audience au régent dans le but de loi enfoncer un stylet dans le cœur; vous voyez quelle est la bénignité de l'humeur de cette dame; il est clair que, de la part de telles gens, tout est à craindre, d'autant plus qu'ils ont pour eux un parti nombreux, puissant; tous les plus grands seigneurs de la cour et les plus riches sont pour eux et sont liés avec le parti espagnol ; ils veulent avoir ici le roi d'Espagne. Ils trouvent que mon fils est trop habile , et ils voudraient avoir un souverain qu'ils pussent gouverner à leur gré; c'est à quoi le roi d'Espagne serait très-bon ; ils n'auront donc ni repos, ni cesse jusqu'à ce qu'ils l'aient ici, et la vie de mon fus court les plus grands dangers.
A LA COMTESSE LOUISE
3! septembre 1T18, H n'est jusqu'ici, grâce k Dieu, arrivé aucun malheur, mais je n'ai nulle assurance qu'il n'en arrive pas.
L'individu contre lequel mon fils ne prend pas de précautions, le duc du Haine, est né et a été élevé dans la méchanceté ; sa mère était la plus méchante femme du monde. Je connais trois personnes qu'elle a empoisonnées : M'" de Fontange ', son petit garçon, et une demoiselle qui était auprès de la Fontange, sans parler de celles que je ne connais pas ' . Lui a été élevé par la vieille sorcière de Maintenon, qui est un diable incarné, et qui n'a songé toute sa vie qu'à placer un bâtard sur le trône, afin de régner de concert avec lui. Elle l'a fait déclarer prince du sang et elle voudrait aujourd'hui le mettre à la tète du gouvernement, en privant mon fils de la liberté et de la vie. Elle a attiré
1 Madame a répété plusieurs fols cette accusation que l'histoire n'a point adoptée. Personne ne songe aujourd'hui a reconnaître dans 11"" de Maintenon une émule des Locuste et des Brlnvillier.
1 Ces accusations sont des calomnies qui ne méritent pas d'être réfutées ; mais el Madame a lort de les admettre aussi légèrement, il fant reconnaître qu'a celte époque (et ces lettres en fournissent d'autres exemples) pareilles inculpations étalent chose fréquente : le maréchal de Luxembourg fut accusé d'avoir fait empoisonner à l'armée un intendant des contributions de Flandre, duquel II avait tiré l'argent du roi. A l'égard de la célèbre affaire des poisons, où furent impliqués àe hauts personnages, on peut recourir à la Bastille dévoilée, 1788, première livraison ( mais un grand nombre des pièces contenues dans ce livre sont assurément apocryphes), et à Peucnet, Mémoires tirés des papiers de la police, IS3S, t. 1, eh. x et xi. M"e de Motlevilte rapporte que le bruit courut qu'on avait trouve du poison chei le surintendant Fouquet, et qu'il fui soupçonné d'avoir empoisonné le cardinal Maiarln. Le lieutenant général espagnol Salaiar était très - soupçonné d'avoir empoisonné sa femme, ce qui ne l'empêcha point d'être nommé gouverneur d'un infant ( Saint-Simon, t. XXXVI, p. Î30),
dans son parti les ducs les plus puissants, et ils se disent soutenus par le roi d'Espagne. Les périls que court l'existence de mon fils me font passer bien des nuits sans sommeil, et certes sa régence n'a pas été pour moi un motif de satisfaction. Je ne connais que trop la malice de cette cour et de la vieille [Maintanon], et vous pouvez croire si je suis inquiète et tracassée. Le premier président est amoureux de la duchesse du Haine et Unit à fait à sa disposition. Elle est encore plus ambitieuse et plus méchante que son mari. Les ennemis du feu roi ont eu beau jeu pour lui reprocher l'empire qu'il avait laissé la vieille prendre sur lui '.
1 Citons encore, d'après les recueils manuscrits , quelquesunes des pièces de vers qui circulaient dans les dernier» lunée! du règne de Louis XIV :
Ab I Scurroo, qui l'est jamais dit Qae, de Yillirauii pentioonain, On eut dg la *olr en crédit, SI prendra part an minijtire?
D'autres couplets accusent Mme de Mainteoon d'avoir en des * pour BarllloE ; volet un passage extrait d'un noél :
La grand Louis l'iiuce
474 CORMSPOTOAKCE DE LA DUCHKSSB D'ORLÉANS.
Fiinnl I* re'é renée, Il a d» w ponpoD :
iieo li Monteipm j'ai bien lût du offeuMi,
Plw vieille qt'tnu mage,
La SearFon d'autrefeig,
firftH » ni mariage
Frit le pai mr lu roll I jupon qui la vit atec «On air m«jjlij»e, appelait le «taon, don, don,
nu du freiieii voi.nar*.
«CkITB CDKTRB LE UBMIAL flMsUlt.
Les pamphlets connus sous le nom de Matarinades Inondé' •cent Paris durant cinq années (1648-1662), et leur nombre est réellement effrayant.
La bibliothèque de l'Arsenal possède plut de 1,000 pièces de ce genre réunie* en 288 volumes ; il y on a à la bibliothèque du LouTre 60 vtfmmea, et i la «famine, une cinquantaine. Longtempe délaissée et Touée a l'oubli, cette masse d'écrits de tout genre, en vers et en prose, séiieui ou burlesques, a été depuis peu l'objet d'investigations Judlclenses et patlentea. H. G. Moreau en a publié un catalogue raisonné et complet qui signale 4, 1 92 compositions différentes, et qui forme trois volumes ln-8°, mis au Jour par la Société de l'Histoire de France '.
H. L. de Laborde, dans ses note* Jointes A la description dû palais Haiarin, que nous citons volontiers, a fait connaître, par quelques citations hardies, Jusqu'où allait l'impertinence des limeurs de la Fronde; 11 faut laisser ces témérités, qni effraient le lecteur honnête, dans un volume publié pour on petit nombre d'amateurs et a peine entré dans le commerce.
Nutre but est seulement de donner une Idée le quelques-uns de ces pamphlets, si peu connus du public.
Un des plus célèbres a pour titre : la custode de ta royne gui dit tout ; cet écrit de 1 pages, odieusement cynique, falot A l'imprimeur Horloi , qui en était peut-être l'auteur, une condamnation â la potence ; mais la populace le délivra au moment où il était conduit au supplice. (Voir les Lettres dé Gui-Patin, 21 Juillet 1649, et les Registres de ï ' llôtel-de-Vllle pendant la Frondé, publiés par H. Leroux de Uncy, t. Il , p. S4.J
Nous laisserons de coté ce qu'il n'y a pas moyen de Iran-
> Bibliographie au Maiarinadt». Paria, ISso-sl. H. Avons] a rendu compta de ce travail dans an article du Journal dit Satan» (Juillet I8S4, auquel noua empruntons quelque* lianes. H. llorcau a drpjia poblié un Choix il Jfosarinndai, lus, 2 vol. in-8*. qui reprodnK, quelquefuis par eilraila acclament, «s de ce* pièces; mata les plus and a. oieuses, celloa que les bibliophiles recherchent l« plus, ne Hantent point dans ce choie; n, de fut, eue* ne peuveui tira réimprimées.
scrire, et comme échantillon de celle Custode, no nuatre de ses strophes. Il ne faut s'arrêter il cet que comme expression des sentiments d'un parti cette époque.
? j'arme plus que le roi ni l'Ei a intnolgniir ma passion eiu
A H ii que tu proHte ei
Ville par Irop rebelle, écoute mo
lelroje,'
L'ii c1ib*sJ tuiretnia perdit la bel
Mais je Min en mnn cœur une «?
Qne c'est assri d'un asne pour U
n ai grand effet.
Ta hiïiia a redoublé mon amour
Comme un vent ne aert rien que
Te> menaces rn rien ne iroublen
1 point mODàOM
Je prépare un ripmple i la poel
die mémoire:
V urin, je te perdrai, car je veui
pour ma gloire
Qu'on therclie quelque jour ou tu
aura* es lé.
M. de Lnburdc, qui a reproduit en entier cette Maminudo . dans ses notée déjà citées , p. 157, l'attribue au chansonnier Blot, auteur de vers du même genre, conservés dan a les recueils manuscrits ; H. Walckenaêr {Mémoire* sur M<nt de Sèvlgné, I, 213) la croit de Horlot lui-même, nommé par erreur Marlot, dans les Mémoires de Joly et dans ceux du cardinal de Rets,
Non loin de la Cvstode, peut se placer la Pure vérité cachée, pièce très-Insolente , ordurière et rare, dirigée contre Anne d'Autriche ; M. de Laborde [le s'est hasardé à en citer que deux vers, et nous serons plus timorés quo lui. D'autres mazariitades, telles que 1a Vieille amoureuse, et les Qu'as-tu vu à la Court renferment aussi de très -impertinentes accusations contre la reine-mère.
L'Imprécation contre l'engin de Masarin est une pièce fort originale, écrite avec verve et qui rappelle certain chapitre de Rabelais ( I. lit , en. 38 ) ; nous en donnerons un échantillon en laissant de coté, et pour cause, ce qu'il j a de plut burlesque dans cette série de quolibets :
Engin de» plui bouillante et prompte, Engin qui va sain éperon, Engin de nom, engin d'epreute.
Engin » «le, femme et veuve,
Engin qu'on ne vit jaunie Isa,
<::>.. G«Pgk-'
IWTES ET ÉCUIKCISSEMENTS. 477
Engin, qui nnu- Ml raitm embûche, Engin, qui de Mal bois Ml hotb*.
Engin, qui prend jouh-hi l'ewur.
Engin, qui luit et n'en |uu d'ur.
Engin, baion de Poljuheoie, E«h"'> HUJ*' de "'"'"i tluubeme, Engin, du rul d'Ethiopie Engin rond, comme uue tau pin.
Le poète tarit par émettre le vœu que cet engin, ol>Jet de tant d'épllbelei singulières, soit mutilé, posé sur un ta* de fumier, frotté de miel et abandonné eux mouches qui le dévoreront.
La Carême de Mazarin, on la Suite des Triolets, IBM ■ M distingue également par un luxe inépuisable d' invective», ■
Coquin, croquant, croqneur d'andonillf «, Ganmhc. glurieux. gradin, B.,gre, bu,.fi*un, bondit, badin.
On peut ensuite citer comme présentant le caractère de l'originalité ou le mérite d'une serve satirique burtesquement effrontée, les pièces suivantes :
. lÀtaniet du cardinal Mur.arin , 1853. Cherchez , Imagine! tontes les Injures qu'on peut adresser à un homme ; elles seront toutes dans ces litanies, et accompasnéf a de beaucoup d'autre?.
Les Larmei de la rogne et da cardinal Landriguet. Un des pamphlets les pins impertinents et les plus spirituels qui aient été dirige* contre Anne d'Autriche.
Playdoyer héroi-comique pour V Èminence contre le creux ; en vers ; le sens positif est fort libre, le sens allégorique fort insolent.
Salve reglna de Mazarin et de» partisan» ; pièce en vers, plaisante, mais peu de respect pour la religion , circonstance rare en i et».
Catéchisme royal ; pièce Indiquée par M. Le.ber (État réel de la preste, p 10!) commets meilleure des maiarlnades historiques el politiques.
Remontrance de François Paumier (pseudonyme) au roi sur le pouvoir et l'autorité que S. M. a sur le temporel de V estât ecclésiastique ; pamphlet remarquable qui excita une vive rancune et qui fut supprimé al exactement qu'on n'en connaît depuis longtemps que deux exemplaire'.
Avis burlesque du cheval de Masarin, 1 648 ; assez d'esprit et de licence pour en fa Ire une des plus piquantes des maiarlnades.
L'Esprit du feu roi Louis XIII a ton fils Louis XIV} l'au-
n,fad a, GoOgk
476 NOTES ET ÊGUIRGISSBNBltn.
tel» Insinue lu fétine monarque qu'il ne ferait pu mal d'ordonner l'assassinat de u mefe.
Les Logements de ta cour à Saint-Germain ; pamphlet fort impertinent (Il est reproduit dans le Chair, de Mazarinadet). La Reine est logée au Saucisson <f Itallt, M. deMontbaion àla Corne.
La Bouteille çrusée attachée avec une fronde au eut de Matarin.
lettre de la slgnora FmUakina; pièce dont 11 est difficile de transcrire le tllre entier.
La Manifestation de l'Antéchrist dan» la personne de i!atariri.
GalimiUhini Imrle^nr w la vie de Wtiiarln ; opuscule en vers qui se termine par une épltapbe ordotlêre.
le Passeport et Vadiev de Mazartn ; voici un échantillon de cet opuscule :
Le* femmes sont encore en tle Oui de voua traiter oui envi* tkœme Cuncnino Conchlnl, liisterimeiManrfiih...
Adieu, beau mais méchant eheisj.
La Mazarinade est un des plue célèbre» pamphlet* dirigés contre le cardinal ,■ mais 11 ne mérite pas m renommée. On u'j
trooTe qne de la grossièreté sans esprit. L'auteur est inconnu. On a désigné Scarron; mais, à diverses reprises, il a désavoué eet écrit, dont U Miflra de transcrire quelques vers ; Fu; les arrêts lin parlement,
Cnifine le destin de CoDebine ; V», va-t-au dans Home csuller Les biens qu'on t'a laissé voiler.
Vu, va-t-eti, gredin de Cabbre, Filoeabisn ou Filocsbre; Va, va. t-en, repasse les monts, Y« vWteet «y rompre tes petite i
SieWan te an ii», e, Qui vins t
Que l'on ledemetii., ,..
Que ta répondes : Maiarin, C'est fait de loi, cher Tabarin., Rejeton de feu Conchi
NOTU ET ÉGLAtRClSSEHEim. 479
L» Tmrif eu pris dont m ett convenu dwu MU tmtatllée de notable» pnur rëtompautr têtue qui iMNvMWHl ta Fraie» du Ifamrtm, ■ été signalé comme un eiemple de la pins insigne atrocité, eomme peignant très-bien l'acharnement de le Fronde populaire, n uwia semble qu'il eet plus tagede n'y voir ftuHine plaisanterie déclinée à tourner en ridicule d'odieux arrêtée sérieusement émanée du parlement.
Le 1*' Juin 18*1, on volt la chambra des requêtes demander, pour le troisième foie , l'assemblée dea chambre*, afln d'avis** au moyen de trouver les 150,0(10 livres pour le prix de la télé. deMazariH, disant qa'il]( avait dea geni prit» à faire le eeup . pourvu que la somme fût remlie en mains tierces. Voir m eau** cule très-rare : Relation de tout ce ( ul l'eti ptuié m parie™ ment depult Paquet I85ï. H. Sureau (Bièlioerapkle, t, l|I, p. (0) dit ne pal connaître d'exemplaire» du Journal du Parlemtmt on elle ne manque. Il existe i la bibliothèque Sainte- Geneviève, tout la cote L, 608, 12, 3, un volume uniquement composé de pièces relatives a la mise 1 prix de la tête du cardinal ; la Relation ne s'y trouve pas. Notes celte condition de dépôt delà somme en mains tierces; elle n'était pas très-flatteuse pont le parlement, qui ne laissait pas de la proclamer lui-même.
Nous signalerons quelques-unes des récompenses que promet le tarif dressé parles notables (pièce qui a été réimprimée dan* le Choix du Metarinuda, t. H, p. 3ST).
• A celui qui , après l'avoir tué, lui coupera la télé et la promènera dans les rues de Paris en signe de paix, 100, U00 écua.
■ Au soldat qni, le voyant à la tête de son bataillon , au lieu de le saluer, lui tirera un coup de mousquet, 60,000 écus et sera anobli, lui el sa postérité.
• A celui qui l'arqueb usera lorsqu'il sera dans l'église, chose qui ne doit donner aucun remords de conscience, £0,000 écua.
• A l'apothicaire qui, lui donnant un lavement, empoisonnera le canon, 30,000 écus.
• Aux valets de chambre qui l'étoufferont entre deux conciles ou qui, lui faisant la barbe, appuieront fortement le rasoir, 70,000 écus.
• A l'écuyer qui trouver* moyen de déguiser un sauteur ou trotller en gulldlne et lui causera quelque descente de boyau, en aorte qu'il en devienne inhabile au jeu de Venus, 1 0,000 pistolca et une chaîne d'çr avec la mc'daille de la ville de Paris.
n,fad b, GoOgk
• A celui qnl mettra une bombe dan» la chambre an-deuona de la sienne et la fera b en r eu se ment jouer, 6,000 écus,
■ Aui cocher* et portillons qui le conduiront près d'un précipice et le verseront ad roi lenjenl, au cas qu'il* lui fassent rompre le col, 1 5, OiiO écus; au cas qu'il n'ait qu'un braa cane, 3,000 ; pour les Jambes, i,000 ; pour les jambes et les braa, 8,000; pour l'épine du dos, 10,001).
€ A tous jardiniers et Jardinière*, bouqnetler* et bouquetières qnl lui présenteront des bouquets parfumés arec poison , 1 ,000 «en*.
■ A toute* femme* et fllle* qui r éventeront avec de* éventails empoisonnés, on qnl lui fourreront dans le gosier certain* busqué* de laine ou de velours pour l'étouffer, la somme de 50,000 écus, dont elles seront dotées par le parlement et mariée* dans l'an sansque leur ase leur puisse nuirenlpréjudicier. ■
La Croisade pour la conservation du roi fondée partoixante et dix personnes en Janvier 1 650 ' signale une association qui faisait dire trois messe* par Jour et devait ajouter 100. 000 livrée aux 1 "lO.uOO votées par le parlement pour récompenser le meurtrier de Uaiarin. Cette somme devait être donnée à la veuve et aux héritier* de l'assassin s'il était pris et exécuté; s'il périssait dan* son entreprise sans trahir le secret de la croisade, la récompense était de 50,000 livres. Les slatut* de cette étrange société commencent par Invoquer le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; le but est < de chasser du corps de l'État cet esprit inimunde du » Maxarin par tous les moyenequ'll se pourra et ne se désister jn- ■ mais de celle sainte et salutaire entreprise qu'elle ne soit exé- « culée.
On tronve de l'entrain dans ie Viretay sur la vertu* 4e ta fiiquinaiKt.
Il est ite Sicile natif,
Il eM l'Utniirn prompt 4 mal faire, 1
Il en fourbe au iwuerJal.f, ,
II OBI laibe, il t-tl merceuaire.
Puisqu'il est si midk..., Qnepon poison p.i&.mjuir El qu'il a l'Ame sanguinaire; Qu'un diable cm son uialire imlioolK Et qu'il n'est aucun iwariil Contre ce ■uluiitreoP/eiiPif.., » Réimprimé dans 1« Chroix de WoiorinodM, \< H, p. P.
Ifriiqo'ilneinltploaiiiTéiif
Of peur qu'us bni* de clienne ou (Vif
N'empecne an bovrrtia d'être oisif.
Cet odieuses plaisanteries sur le supplice promis m cardinal m reproduisent souvent. Elles font l'objet du Triomphe du faquinissime cardinal Mazarin , triomphe qui a lieu en place de ' Grive, sur l'échelle du bourreau ; elles défraient la Catastrophe burlesque sur l'enlèvement du roy, avec la représentation du Miroir enchanté, dans lequelon voit la justification de Matarin en la place de Grève; celle pièce est en vers, et elle est remplie de Joyeusetés sur la potence ; l'exécuteur des hautes couvres mené le cardinal sur la place de Crève, lui passe au coa nu collier de chanvre, et le poète se livre A une gaieté sinistre en se représentant lu dernières convulsions de l'agonie :
Avec tint d'heur il le déniche
Que u tail c en d?viem plus riche |
Car enlln tu >>eui hien peiiher
Qa'ee l'air 11 ne p .«uni danser
Qu'elle ne fust d'une .ourfée •
A coups de jarret allongée.
Quelques muarinade* présentent des Idées politiques dont on retrouverait le germe dans les éeritsdel'époquede la Ligue, mais qui nedevalcnl rencontrer d'écho qu'à In iln du dii-hoitième siècle.
Dans le Point de l'Ovale, par Dubosc Hontandré, un remarque une phrase qui, légère ment corrigée, devint célèbre en 11B0 ;
* Les grands ne sont grands que parce que nous les portons sur
■ nos épaule* ; nous n'avons qu'A les secouer pour en Joncher
■ la terre. » C'est Dubosc Hontandré qui, devançant ou condamnant son époque, a émis cet axiome : a En matière de soua lève ment, on n'est coupable qpe d'avoir trop de modération. ■ L'emportement de ce pamphlétaire s'exhale en provocation s'a u carnage. ■ S'il ji a des Masarlns dans Paris, faisons ce que la « Justice nous commande, courons leur sus pour nous en défaire,
■ et, puisque cela ne se peut sans nous soulever, soulevons- « noue promptement, sortons de nos gttes, de nos tanière*)
■ quittons nos foyers, taisons voltiger nos vieux drapeaux, bat-
* tons nos caisse*, alarmons tons les quartiers, tendons nos
■ chaînes, finissons nos maux, rétablissons nos lois, renouve- ; ■ Ions les barricades, mettons nos épées au vent, tuons, laecn-
■ geons, brisons, sacrifions à notre Juste vengeance tout ce qui « ne se croisera point pour marquer le vérllable parli du roj et
■ de la liberté. ■
iSt NOTRS ET ÉCr.AIRCISSEHBNT8.
Et (selon l'eijiT fl?sion de M. Arenel) comme s'il était dflï ivre du aang qu'il veut répandre, comme «'Il avait atteint le paroxysme de cette (lèvre de meurtre, le pamphlétaire, répète plusieurs fuis ces mêmes paroles et il ajoute : « Faisons car-
■ nage de l'autre parti sans respecter ni lea grands ni les petits,
■ ni les jeunes, ni les vieux , ni lea maies, ni les femelles, afin « que même il n'en reste pas un seul pour en conserver le nom. i
Jamais peut-éire la guerre civile no s'est exprimée avec un tel cynisme de rage et de cruauté,
Un antre pamphlet, la Franche Marguerite, tient un tangage non moins virulent :
* Vive Dieu ! vive le itoy 1 point de SJazarin ! point de Ma-
■ tarins! point de Miizarines! main Liasse sur toute celte en-
■ geancel point de quartier! tue, tue, lue! »
Dans ce pamphlet de quinze pages (observe M, Avenel) quatre fols, a intervalles égara , ees lugubres paroles viennent frapper vos oreilles; vous diriez les coupa du tocsin.
L'A vit à la rogne <f Angleterre est encore un pamphlet des plus audaeleui i l'auteur s'occupe de la condamnation de Charles I", et 11 a des idées fort avancées sur le régicide.
On peut signaler pour sa singularité ; Le Soi des Frtmuewt, et comme cette dignité est ta plut glorieuse de toutes (tu dignités de la terre.
Gain ayant tué son frère, batltune ville qu'il appela Enoch, du nom de son fll»; les habitants de cette ville ne ae servaient que de la fronde i dono Gain était le roi de la fronde et le plus ancien roi de la terre, ce qui démontre que ie duo de Beaufort est plus grand que David, Alexandre, César, eto,
Parfois ae rencontrent des preuves d'une ignorance ridicule ; un auteur propose un nouveau système d'impôts ; Il appuie ses calcule sur une population de soixante millions d'Ames don) Il graliQe la France, et il affirme que Parts renferme (en 1611), six millions d'habitants. Un autre tait de Mécène un conseiller d'Alexandre ; un troisième présenta Sciplon et Gicéroti comme des empereurs romaine.
Dana la Remontrance du Portement contre Katarim, de graves magistrats reprochent au ministre d'avoir voulu taira mourir de faim, dans la seule ville de Paris, deux millions de
On peut distinguer, au milieu du bien du taUus, h Satyre sur
KOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS. 483
le grand adieu des plècei de Moiarin à la France, la Robe sanglante de Matarin, le Poranymphe Matarinlque, VAdvis
<fimporttm.ce envoyé au Maiarln.
Citons aussi, en leur empruntant quelques lignée : La dernière souppt à rognon pour tfazarin. C'en, cm fait. Il en lient dans raille, 11 a Wu nous faire querelle; Li parlement a dit bola.
Il faul qu'il eu paese par lit Il n'esL iilua pour luy de Iraitej M» fui, leBortennaileie;
11 HliilllbuirCCOLlOCO^B,
Ce sera la dcrrj^rù suu |n^ (lui sentira le auAl d'ognun, C'est puur rafruicliir «un tugnon; Que s'il ne la irouro i ion goût, Il est difficile en menti.
OnaeHldesesappeiiia.
Auiant les grands nue les petit* Lui (duhaiiuieni ce Lac potage Qui remuait de mile rage.
Ballet donné par le trio mazariniqve pour dire adieu
à la France.
Les nièces du cardinal Jouent dans ee ballet un rôle tort peu décent; Hawriu parait sous le déguisement du vendeur d'un baume dent il expose le mystère :
Il e*t ouraposé Jea soucia
El du sang des peuples Iranais,
E*™ot oaeladn larme ."«ffeaT
ftuiets tarais et le* poumoni
Ëecuell gêniiai de toutes les chantons mazaiinlstes, Parla, lG»n, ta-8<\ Voici un ech.in'llllon de ces chansons :
Si dans Paris nn le tenolt ut feroil grand reste.
Chenu son corps de.:hir'croit
Fi
Jai
marquis d'An
ure n'eut été lelui tiaiie....
Tu
camarades
mûres cl tcnétreuit
nu étant graud joueur de
Ou
ura-viugts m
l'or
l dSj» gagnd s
iiihurite ds in
Maître Oullli
RetruuEEini
Dit : Je veux ce Sodoa Heure dîne le toiiiboa Dodaaa Venise C* malheuienx larron
A fuiimna nulle rcinii Porier dii.buli million
u!iâ!'»M|,n*lurS701
. Mis uni> ri« sa iKrtif.
À coups d'u gnons pnnrrie,
El tous les diaijp» euirmble Fera jolndienec lai.
Parmi Unt de pamphlets, Il n'en est peut-être qu'an seul qui M toit aperçu de ce que les outrée ne (avaient on ne voulaient pa» voir, quoique la chose fût tréi'facile A distinguer : c'est que, dam aucun des partis, on ne se souciait de l'Intérêt publie; voir l'Avis, remontrance et requête par huit paysans. Parla, composé par Misère et Imprimé en Calamité.
Quelque» singularités bibliographiques distinguent certaines uuuarinades ; Il en est une, sous un titre énlgmatlqite (Ovide parlent à Tïetle), qui se compose uniquement de passâtes mil ajustés empruntés à Montaigne; une autre, sans qu'on en retranche ni qu'on y ajoute un seul mot, s'applique, pendant la Fronde, nu Dis île celui auquel elle l'était appliquée du temps de la précédente régence. Un dialogue avait élé composé, en mis, pour célébrer l'emprisonne ment A Vincennea de H. le Prince, pire du grand tonde. Les interlocuteurs étaient Daman et Sylvie, e'est-a-dire le prince et la régente. En IGiO, l'arrestation du gépéral de la Fronde lit que cette plaisanterie surannée put l'appliquer exactement A des circonstances nouvelles.
Une des maiarlnades do 16*9, Y Agréable conférence de deux paysan) de Saint-Ouen et de Montmorency sur les affaires du temps., a été l'objet étrange d'une bonne fortune dont 11 offre l'exemple unique; il a été réimprimé à Trojes en 1735, c'est-A-dlre quatre-vingt-cinq ans après sa première apparition. Naudé range ce livret parmi « les plus agréables et ingénieux ■ de sa classe. Le dialecte patois lui prèle du piquant et de la naïveté. En somme, quelques" libelles où l'insolence de la pensée et la hardiesse de l'expression arrivent jusqu'au cynisme le plus effronté ; quelques pamphlets où se manifestent toute la foreur de l'esprit de parti, toute l'exaltation de la colère ; quelque* nrodoo-
ttous raisonnables mais d'on style lourd, diffus, lans élégance, TOils. M qu'on distinguo an milieu d'un* foule de pièces tracée» par de misérable* ccrlvnssiers; des faits curieux, de* délai!» instructifs peuvent cependant être extrait! de ces millier» de feuillet» llTréi I l'oubli.
les wooftEui d'assi u'iuthichï, page HT, La fidélité d'Anne d'Autriche à l'égard de son triste époux, la nature de ses relation* avec Haxarln, présentent aux yeux d'une curiosité indiscrète de» problèmes qu'il est difficile de résoudre. Plusieurs écrivains modernes t'en sont préoccupés. H. Paulin Pari* a cité un passage curieux d'un Journal manuscrit (conservé a la Bibliothèque Impériale) dans lequel le médecin Vallot inscrivait de minutieux détails lur la santé de Louis XIV encore enfant. • Dieu, par une grâce particulière, nous a donné on roi si accompli et si plein de bénédictions, en ce temps où toute la France avait presque perdu toutes le» assurances d'une si beureuee succession et lorsque le roi ton père, d'heureuse mémoire, commençait à se ressentir d'une faiblesse singulière causée, avant l'Age, par se» longues langues et l'opiniâtreté d'une grande maladie qui l'avait réduit en état ds ne pouvoir espérer une plu» longue vie, ni une plus parfaite guérison, de sorte que l'on avait sujet, durant la grossesse de la reine-mère, d'appréhender que ce royal enfant ne se ressentit de la faiblesse du roi son père, ce qui Indubitablement serait arrivé»! la bonté du tempérament de la reine et «on tempérament héroïque n'avait rectifié l'Impression de ce» premiers principes. » Ce paragraphe, en style d'apothicaire, renferme cependant, sous son obscurité et sous son embarras qui ne résultent pas lant de l'ignorance de l'écrivain que de la préoccupation du courtisan, le germe d'une révélation historique qui planait, du vivant de Louis Ml), sur le berceau de Louis Dieu-Donne. Vallot, médecin d'Anne d'Autriche, était Initié aux détails de la romanesque conception de la reine, qui, grâce à nn hasard adroitement ménagé, rencontra son mari eu Louvre, un soir du mole de décembre 1637, et partagea cette nuit-la le lit conjugal où elle n'était pas entrée depuis douie ans; mai» le bonhomme Vallot ne se lit aucun scrupule d'attribuer a son vin rmétlque et t son quinquina la robuste constitution de Louis XIV, qui n'avait rien de la débilité maladive de Louis Xlll. Ce monarque fut quatre uni sans donner k 41. ■
21 Jeune reine la moindre preuve f amour conjugal ; en liW, «u rapport du médecin Hcrouarl, 11 était fallu que le connétable de Luynes lui lit une sorte de violence pont le décider a quitta •on lit solitaire pour entrer dan» Celui d'Anne d'Autriche. Gramond raconte cet épisode d'une f.içon Intéressante [BUt. Qaitlx, 1. nr,p. 314).
Un autre écrivain observe que le père Causslo avait été Tait confesseur da roi le S5 mars 1G1T; Il fut renvoyé le tî décembre de la même année ; 11 avait parlé au roi fortement le Jour de II Conception, S décembre, pour se réunir avec la reine avec qui Il était brouillé, et, Uuta XIV étant né te 16 septembre 1 RS (ce qui hit le tempe des neuf mois), Louis XIII n'avait pas perdu de temps pour mettre à profit l'instruction de son confesseur. Voila une époque bien sûre de la naissance de Lonla XIV ou plutôt de sa conception qui cet due au père Caussin.
■ Les amours da la reine et du duo de Bucklngnam ont fait bien parler dans le dii -huitième siècle -, et de nos Jours, il y a peu d'historiographes qui ne soient convaincus de leur réalité. Il est pourtant certain (autant que les événements de cet ordre peuvent l'être) que la reine n'eut * se reprocher aucune étourderie, aucune fausse démarche. De supposer qu'elle ait récompensé les vœux de Bocklngham, par cela seul qu'elle aimait a se faire conter les témoignages de la passiun qu'elle avait inspirée, c'est prétendra que toute Jeune reine est coupable, dès qu'elle se châtie pat d'une manière eiemplai.-e quiconque a l'insolence de la trouver aimable. Une seule fols , la roine de France se trouva seule avec Bucklngham ; mais , dit Tallemant , la reine appela tant de fols, que la dame d'atours, laquelle, gagnée par le galant, faisait la sourde oreille, fut contrainte de venir an secours. » (Paris, Bulletin de la Société de l'histoire de France, i. 1, p. 74 j voir aussi une note de ce judicieux et savant critique dans sa nouvelle édition de Tallemant des Réaux, t. Il, p. 83.) ■M. L. de Laborde {Palais Maxarin, nota, p. tbi) parle de ht passion de la reine pour Bucklngham : « C'était pour ainsi dire chose acquise, s 11 cite le témoignage de Rets (t. Il , p. 74, 1843) et de Tallemant (11, !3S). Tout ceci est fort bien résumé dans l'Histoire de France sous louis XIII, par H. Bain), 1. 11, p. IS5-Î5T.
Il est d'ailleurs difficile de contester les prétentions de Riche» Ileu sur le «sur de la Jeune reine de France, ses Jalousies, ses
NOTES ET ÉCLAIBCISSEMENT9, 487
vengeantes, ses démarchée ridicules, ses tragédies ampoulées. Tellement, qui ne laisse pas Ici p'aner de soupçons sur Anne d'Autriche, raconte longuement tout les détails de cette étrange Intrigue 5 comment Richelieu Ht porter les première» propositions par Ho» de Fsrgls ; comment le cardinal de Bertille était son innocent entremetteur ; comment il soumettait la reine et ses confidentes le* plus Intimes a des embarras toujours renaissants ; comment enfin, dans sa comédie héroïque de Minime, Use proposa de Qétrir la passion qu'il supposait exister entre Anne d'Antrlehe et BucUngham. • On y volt, dit Tellement, Buckinghant plus aimé que lui, «t le héros, qui est Buckingnam, battu par le cardinal. Il força la reine de venir voir celte pièce. •
En ce qui concerne les relations ds la veuve de Louis XIII avec Muiarin , on trouve dans la correspondance de cecardlnalr publlée par H. Bavenel, plusieurs passages qui ressemblent fort A l'expression de la passion d'un amant pour sa maîtresse, et deux lettres jusqu'alors inédites, datées du mois de novembre 1669, et qu'a mises au Jour H. Ghéruel {Journal de t'initructim publique, octobre I8A4), montrent, au milieu des solna employés pour envelopper la pensée, des sentiments Jaloux.
Ce qui est non moins significatif, c'est une lettre de Matarln A la reine, datée de Btùhl fprès Cologne) le 11 mai ItiSl, etu ul a paru , d'après un brouillon autographe, dans le Bulletin que nous venons de citer. En voici quelques passages :
■ Mon Dieu ! que je seroya heureux et vous sallsfalct sy vous poviei voyr mon cœur, ou sy je pavais vous escrire ce que en est et seulement la moitié des choses que je me suis proposé : vous n'auriez grand'peyoe, en ce cas, a tomber d'accord que jamais l'y a eue une amitié approchante A celle que j'ay pour vous. Je vous advouo que Je ne me (eusse peu imaginer qu'ille alat Jusques à m'oster toutte sorte de contentemem lorsque l'employé le temps a autre chose que A songer A vous . mays cela est, et A un tel point qu'il me atroyt impossible d'agir en quoy que ce peut estre, sy je ne croya d'en devoir user insi pour
■ Je voudrols aussy vous povolr esprimer la ayne que J'ay contre ces indiscrets qui travaillent sans relâche pour fayre que voue m'obliés et empêcher que noue ne nous voïona plue ; en un mot, elle est proportioné A l'affection que J'ay pour voue. Ils se trompent bien sy espèrent de voir en nous les effets de l'absente , •
■488 NOTES ET IÏCl.ÀLriCIScE!IENTS.
H. Walekenoër {Mémoires de M"" de Stuigni, t. II, p. 49b) parle d'une lettre conservée à la Bibliulhèque impériale, demeurée inédite et écrite par Anne d'Autriche à Matarin , bien après la Fronde. Ce document , où tout jusqu'à l'adresse est de la inatn de la reine-mère, donne beaucoup à penser sur la nature do l'ancienne liaison de ces deux hauts personnages.
On illuminé qui pallia, vers 1 650, des écrits remplis d'Inso- , lentes sollises, et qui fut trois lois mis en prison, François Da- «sne , voulnt établir, par des exemples tirés de la Bible, que Louis XIV n'était pas fils de Louis XIII ; ce fut dans te chapitre m de la seconde partie de son Harmonie de l'amour et de la justice de Dieu qu'il soutint cette thèse audacieuse.
Un pamphlet anglais, rare et fort peu connu en France, annoncé comme traduit de l'allemand par P. Vergerlus (nom supposé) n pour titre : The royal cuckold or greal battard, giving an aeeount af the blrth and pedigree of Louis te Grand, 1698, ln-4\ . "
Noos avons remarqué dans un ouvrage assex rare en France, Portraits historiques des hommes célèbres du Danemark (par Tycho-Hofman, Copenhague, fi tomes ln-4*), un passage (t. II, p. 35) qui nous semble avoir échappé aux auteurs français et qui donnerait à Louis XIV un étranger peur père. Voici ce passage : ■ Un capucin , nommé Joseph , Ut savoir au cardinal de Richelieu que la reine lui avait confessé, entre autres péchés, avoir conçu tant de tendresse pour un officier étranger nommé Ranlzati, qu'elle ne pouvait s'empécfaer de penser fort souvent a loi. Le cardinal , capable de tout , trouva moyen par sa nièce, alors dame d'honneur, de faire parler Rantiau seul à ta reine. Cet entrelien eut un tel effet, qu'i ce qu'on prétend 11 contribua plus a la naissance de Louis XIV qu'un mariage de vingt-
0n a prétendu aussi que le due de atontmorenev, décapité en
1 63!, fut épris d'Anne d'Autriche et qu'il fut payé de retour.
fui des soles m