‹ Correspondance complète de madame duchesse d'Orléans née Princesse Palatine, mère du régent; traduction entièrement nouvelle (volume 5)Chapitre 16 sur 164 · lut battu à Uumersheim · texte numérisé non relu

lut battu à Uumersheim

pourquoi, au fond. Quand elle l'aperçoit, elle détourne la tète et change de couleur.

Versailles, le 28 septembre 1709.

... Puisque je vous fais tenir cette lettre par une occasion sûre, et non par la poste, j'y joins quelques chansons, que vous n'avez pas encore je crois. Je trouve la dernière fort gentille. Cela est très vrai que tout le monde ici est dana la détresse à cause de cette dame. Le plaisant de l'affaire est qu'elle donne une part de ses bénéfices au roi afin qu'il approuve tout et à la duchesse de Bourgogne aussi. C'est pour cela qu'on lui laisse tout faire. En attendant, personne ne reçoit d'argent, on ne nous paie qu'en assignations. Ce n'est que du papier et encore faut-il courir après, car par exemple, ce qu'on devrait toucher aujourd'hui, l'assignation en ajourne le paiement à trois, quatre et même cinq mois, et alors encore on a bien de la peine à se faire payer. La disette est affreuse; partout on voit des gens s'affaisser littéralement morts de faim... partout on n'entend que plaintes et gémissements, des plus grands aux plus infimes...

Toute la cour est pleine d'intrigues. Les uns veulent obtenir la faveur de la puissante dame \ les autres celle de M. le Dauphin, d'autres encore celle du duc de Bourgogne. Car lui et son père ne s'aiment pas, le fils méprise le père, il est ambitieux et veut gouverner. Le Dauphin est sous la domination absolue de

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