‹ Correspondance complète de madame duchesse d'Orléans née Princesse Palatine, mère du régent; traduction entièrement nouvelle (volume 5)Chapitre 34 sur 164 · L'Angéli, fou du prince de Condé et ensuite du roi · texte numérisé non relu

L'Angéli, fou du prince de Condé et ensuite du roi

mand », lui répondis-je. Je ne voulais pas lui dire le reste. Je ne mentais quand même pas, car c'est bien parce qu'il m'avait parlé allemand que je ne le craignais plus...

Marly, le 11 janvier 1711.

... On a tellement détourné le roi de toute grandeur, qu'il n'y songe plus du tout.

Le dauphin n'est pas ignorant, en réalité. Il a beaucoup appris, mais il ne veut jamais parler de rien; il met toute son application h oublier tout ce qu'on lui a enseigné, « car tel est son bon plaisir » ; on n'en saurait trouver d'autre motif. Le duc de Bourgogne sait beaucoup de choses et a fait de bonnes études. J'ignore comment est le roi d'Espagne; mais notre duc de Berry n'a rien appris, il est fort ignorant, et le restera sans doute sa vie durant...

Versaill'3s, lo 29 janvier 1711.

... Notre roi d'Espagne est àSaragosse maintenant, avec la reine et le prince des Asturics. En ceci il montre qu'il a de l'esprit, qu'il laisse faire la reine et la princesse des Ursins, car il sent bien qu'elles en ont plus que lui. Entre nous soit dit, nos trois princes ont été bien mal élevés... et dans une telle crainte et soumission qu'ils ne savent qu'obéir, et sont incapables de commander. Mais ce roi a du cœur; on lo mettrait devant cent bouches à feu en lui disant « Reste là », qu'il tiendrait ferme comme un mur; par contre, si quelqu'une des personnes auxquelles il est habitué lui disait « Ote-toi de là », il s'en irait. 11 .se

défie de lui-même. Tout ce qu'on lui dit de faire il le fait, mais pas davantage...

Marly, le 5 février l~ll.

... Nulle part il n'y a de conversation; à Meudon, on parle entre soi. Monseigneur cause fort peu, aussi bien que le roi. Je crois que celui-ci compte les mots et a résolu de ne jamais dépasser un certain chiffre. A Saint-Cloud pas plus qu'ailleurs on ne cause. Toutes les dames ont une telle peur de dire quelque chose qui pût déplaire ici et les empêcher d'aller à Marly, qu'elles ne parlent que de toilette et de jeu, ce qui me semble assez ennuyeux...

A LA RADGRAVE LOUISE.

Marlj-, le 5 février 1711.

... J'apprends avec peine, chère Louise, que vous avez pris l'habitude du café : rien au monde n'est plus malsain, et journellement je vois des gens qui sont obligés d'y renoncer, parce que cela leur cause de graves maladies. La princesse de Hanau en est morte, au milieu des plus atroces douleurs. Après sa mort, on a retrouvé le café dans l'estomac : il y avait occasionné de petits ulcères. Que. cela vous serve d'avertissement, chère Louise !...

Versailles, le -.^8 février 1711.

Ci-joint un nouveau flacon de l)aume blanc. Je connais beaucoup de dames ici qui s'en mettent sur la

figure , quand il est préparé à l'esprit-de-vin. Feu Monsieur m'en a voulu mettre un jour, mais je ne l'ai pas souffert; je préfère avoir des rides que des drogues blanches plein le visage. Je déteste toute espèce de fard, et ne peux souffrir le rouge...

... On ne me permet môme pas d'aller en Lorraine; bien moins encore pourrais-je me rendre à Aix-la- Chapelle. Il n'y a pas d'esclavage comparable à l'assujettissement où le roi tient sa famille...

Versailles, lo 11 mars 1711.

... 11 ne m'est pas possible d'envoyer à M'"" Brink ce que je lui avais destiné, car le roi me doit onze mois, et les gens de mon fils me détiennent deux cent mille francs; de ma vie je n'ai été aussi gênée. Il faut qu'elle patiente comme moi; quand une fois je me trouverai dans une meilleure position, la sienne s'en ressentira aussi...

Envoyez-moi, je vous prie, une petite boîte de pilules de Francfort. 11 y a des gens ici qui s'imaginent que leur vie en dépend, et qui m'ont supplié de leur en faire venir...

Versailles, le lU mars 1*11.

... Quitter la cour! On voit bien, chère Louise, que vous ne connaissez pas ce pays. J'ai vu ce que c'est par l'exemple de feue Madame douairière ^ la tante de mon défunt mari. Elle a dû vivre à Paris comme

1. Marie -Jeanne de Savoie -Nemours, veuve de Cliarlcs-Emmanucl II.

une bourgeoise; à peine si ses gens la servaient. Et moi je n'ai pas de maison à Paris, il me faudrait aller habiter mon douaire où je serais abandonnée de tout le monde : pas une personne de qualité ne voudrait rester auprès de moi. Tous les domestiques aiment Paris; ils ne peuvent s'en séparer, ni de la cour non plus. Je mourrais de faim et de soif là-bas. Ici, quand on ne vous voit plus, on ne vous connaît plus. On me persécute afin que je prenne ce parti, que je sois misérable et que je souffre de toute part. Non, je ne le ferai pas!...

A LA DUCHESSE DE HANOVRE

Versailles, le 19 mars 1711.

... En Allemagne, on sait, en général, que le prince Charles-Frédéric (?) est mort empoisonné, mais on ignore les détails. Ce n'est qu'ici que j'ai appris que c'est la Brinvilliers qui a fait le coup. Jamais on n'avait vu pareille pièce. Elle a de sa propre main écrit une sorte de confession contenant, dit-on, de telles horreurs, que les juges ont ordonné de la jeter au feu, afin que nul ne la lût. Elle n'était pas laide; blanche comme la neige, elle avait la peau belle et lisse, une petite figure modeste et douce; elle était mignonne de sa personne...

Versailles, le 22 mars ni 1.

... Les vieilles belles que j'ai vues étaient, l'une, la princesse de Guéménée, la mère du chevalier de Rohan, qui a eu la tête tranchée, l'autre, M""= de la

Bassinière ^ Nous avons encore ici une dame de soixante-dix ans qui n'en paraît pas quarante. C'est M""= du Frenoy, dont M. de Louvois fut tellement amoureux...

Versailles, le -26 mars 1~1].

... M'"" du Maine s'est mariée très jeune et a trouvé un mari bien complaisant, avec lequel elle n'a pas besoin de se contraindre. Toujours elle a obéi à ses propres caprices et quintes. Elle ne peut vivre sans divertissements, et il faut que ce soit toujours du nouveau. Son père, M. le Prince, faisait grand cas de la faveur : il s'imaginait qu'il gouvernerait la France entière par M. et M""" du Maine. M. le Prince, celui qu'on appelle ici le Grand Condé, était tout aussi lâche et allaché à la faveur. S'il n'avait pu marcher, il aurait rampé!...

A LA RAUGRAVE LOUISE.

Versailles, le 28 mars 1711.

... On m'a tellement rogné les ailes — et cela avec intention — que, même si j'étais mon propre maître, je ne pourrais pas voj^ager...

On m'a promis une huile de cacao venant des îles de la Guadeloupe, et qui, m'assure-t-on, doit guérir mes genoux... Si cette huile ne fait pas d'effet, j'essayerai du baume du Pérou. Mais dans quoi faut-il le faire fondre? car de lui-même il devient de suite dur comme de la corne...

î. Baziniére.

A LA DUCHESSE DE HANOVRE

Versailles, le 4 avril 1~11.

... Le prince Eugène porte à bon droit le nom de grand vizir, car il a beaucoup de vertus turques. Je voudrais bien qu'il eût tant à faire à Vienne qu'il ne puisse se rendre à l'armée ; je ne peux lui pardonner l'intention de brûler Versailles. Je voudrais que l'empereur le chargeât du rôle de médiateur entre l'empereur de Turquie, le roi de Suède et le czar...

A LA RAUGRAVE LOUISE.

Versailles, ce dimanclio de Pâcques, 5 avril 1711.

... D'avoir été si longtemps agenouillée cette semaine-ci, cela a fait grand tort à mes genoux... Je n'y mets rien que de la flanelle anglaise, cela est plus commode que de les frotter d'onguents,.,

Versailles, le 9 avril 1~11.

... Il est arrivé l'autre jour une drôle de chose avec les pilules. Un maître daulel de quartier du roi, qui aime énormément le cachou, soupait chez la personne pour laquelle je vous les avais demandées. Celle-ci, au souper, tenait la boîte à la main. Le maître d'hôtel, après le repas, veut être bien rusé, et piller le cachou de son ami ; il se lève vite, plonge la main dans la boîte et attrape environ vingt pilules qu'il avale d'un coup. L'autre eut peur, mais le mal était

fait. Néanmoins il ne s'en est pas mal trouvé, il a fort bien dormi cette nuit-là, mais je crois qu'il sera quand même puni de sa gourmandise.

M. le Dauphin a, par précaution, pris médecine et s'est fait saigner. Aujourd'hui, à Meudon, il est tombé dans une profonde syncope, il a la fièvre et des frissons, et à côté de cela une grande envie de dormir. A quoi a servi la précaution alors?

A LA DUCHESSE DE HANOVRE

Versailles, le 12 avril 1711.

... Jeudi dernier je vous mandais que M. le Dauphin a été pris d'une forte fièvre. Vendredi je lui fis visite. Il y avait précisément un redoublement de fièvre, mais il était calme et ne divaguait pas, son pouls était réglé, il parlait et était fort tranquille. Le roi était dans sa chambre. 11 s'est enfermé avec M. le Dauphin. M'"' la Duchesse et la princesse de Conti restent aussi à Meudon. On a renvoyé tous les autres ici, avec défense de venir le voir; mais on peut voir le roi au jardin. Hier, à quatre heures, la petite vérole s'est déclarée ; il doit l'avoir très fort. Un de ses valets de chambre en est déjà atteint. Jusqu'ici la maladie suit bien son cours, la fièvre diminue, les pustules commencent à devenir blanches^ nous espérons donc que tout ira bien...

Marly, le 10 avril 1*11.

... L'espoir que M. le Dauphin en réchapperait s'est maintenu jusqu'à mardi mutin. Ce jour-là, lei)euple de

Paris, qui aimait extrêmement M. le Dauphin, lui envoya les liarengères. l'allés l'embrassèrent en lui disant .qu'elles allaient faire chanter le Te Deum. « 11 n'est pas encore temps, répondit Monseigneur, attandes que je sois tout a fait guéris. »

Ce môme jour, j'allai ii Meudon pour partager la joie du roi de ce que M. le Dauphin allât si bien. J'arrivai à cinq heures, et, sachant que le roi était encore au conseil, je me promenai au jardin jusqu'à ce qu'il eût fini; alors je me rendis auprès de lui. 11 me reçut le plus gracieusement du monde. Il me reprochait de m'être plainte tellement, quand j'avais la petite vérole, tandis que M. le Dauphin ne souffrait pas du tout. « Cela viendra, répondis-je, forcément il y aura des pustules, et elles lui feront mal. » A six heures, au moment môme où je parlais, on vint me dire qu'il avait des inquiétudes, et que la tête enflait très fort. Tout le monde s'imagina que c'était la suppuration, et l'on se dit : « C'est bon signe «.

Quand je fus à Versailles, toute la cour d'Angleterre vint me voir. A huit heures, ils repartirent pour Saint-Germain; à neuf arriva la nouvelle que tout allait bien, mais à dix on m'écrivit que M. le Dauphin commençait à être inquiet, que la figure était enflée au point de le rendre méconnaissable, et que la petite vérole se jetait particulièrement sur les yeux. Ceci encore n'alarma personne. Je soupai comme d'ordinaire à dix heures, à onze je me déshabillai et me mis à causer encore avec la maréchale de Clérembault, .Puis je voulus dire mes prières et me coucher, quand à minuit je fus profondément étonnée de voir revenir

DE MADAME, DUCEIESSR D'OULEANS. 77

la maréchale toute bouleversée. «M. le Dauphin est à la mort, me dit-elle: en ce moment, le roi traverse Versailles pour se rendre à Marly; la duchesse de Bourgogne a fait chercher sa voiture pour suivre le roi. » Un instant après, on vint dire que tout était fini et que M. le Dauphin était mort.

Vous imaginez bien l'horrible frayeur que causa cette nouvelle. Je fis également chercher ma voiture et me rhabillai en toute hâte, puis je courus chez la duchesse de Bourgogne, où j'assistai à un spectacle navrant. Le duc et la duchesse de Bourgogne étaient bouleversés, pâles comme la mort, et ne disant pas un mot; le duc et la duchesse de Berry étaient étendus par terre, les coudes sur un lit de repos, et criaient tellement qu'on les entendait à trois pièces de là; mon fils et M""" d'Orléans pleuraient en silence et faisaient leur possible pour calmer le duc et la duchesse de Berry. Toutes les dames étaient par terre, à pleurer autour de la duchesse de Bourgogne. J'accompagnai le duc et la duchesse de Berry à leur appartement; ils se couchèrent, mais n'en continuèrent pas moins à crier. En sortant, la duchesse de Bourgogne me dit que le roi avait défendu qu'on vînt à Marly cette nuit-là; nous ne devions y aller que le lendemain matin.

Il était deux heures et demie quand je revins chez moi et que je me couchai. Mais je ne dormis que de cinq à six; à sept, je me levai, m'habillai, et à huit je vins ici. Le temps n'était pas comme nous autres, car il faisait très beau. Quand j'arrivai, tout était encore fermé chez le roi ; je m'en fus chez M""* de Maintenon.

Elle me raconta comment tout s'était passé. « A dix heures, me dit-elle, on avait encore de l'espoir, mais ù dix et demie déjà, tout faisait prévoir une issue funeste, de sorte qu'immédiatement on a fait chercher l'extrême-onction. Le roi était au dessert quand ou le lui vint diTe. Vous vous figurez aisément sa frayeur. Il voulut aussitôt se rendre dans la chambre de M, le Dauphin, mais on le retint, lui disant qu'il arriverait tout juste pour le voir mourir. Là-dessus, il fit immédiatement chercher sa voiture. Avant qu'il n'y fût monté, avec M""^ de Maintenon, M'"'' la Duchesse et la princesse de Conti, le pauvre Dauphin avait cessé de vivre. Immédiatement après sa mort, il est devenu noir comme de la poix; d'où Ton a conclu que la fièvre pétéchiale était venue s'ajouter à la petite vérole. Tout s'était concentré sur la tête; il n'avait presque pas de boutons sur le corps, mais le nez en était couvert. A proprement parler, il est mort étouffé. Le corps a de suite dégagé une odeur tellement nauséabonde qu'on a été obligé de le transporter à Saint- Denis sans cérémonie aucune.

J'ai vu le roi à onze heures. Il est triste à faire pitié, mais malgré cela il n'est pas chagrin, il parle à tout le monde avec bonté, donne tous ces ordres si tristes avec une grande fermeté d'âme, mais à tout moment ses yeux s'emplissent de larmes, et il soupire intérieurement; j'ai une peur extrême qu'il ne tombe malade lui aussi, car il a fort mauvaise mine. Je le plains de toute mon âme.

Ceux qui ont cru me causer un grand dommage en m'aliénant M. le Dauphin m'ont peut-être sauvé la vie,

car si lui et moi nous avions encore été sur le même pied qu'avant la mort de Monsieur, j'aurais peut-être pu tomber malade de frayeur et d'affliction, ou bien même en devenir inconsolable, tandis que présentement je supporte ce malheur patiemment et n'ai de souci qu'au sujet du roi. Je plains M. le Dauphin, h la vérité, mais je ne peux m'affliger autant de la perte d'un homme qui ne m'aimait pas et qui m'avait entièrement abandonnée, que s'il était toujours resté mon ami.

A l'instant môme, on me rapporte ce qui a été décidé au sujet du nouveau Dauphin (l'ancien duc de Bourgogne). Il ne portera pas, comme son père, le titre de Monseigneur tout court; on l'appellera simplement «Monsieur» en lui parlant; en parlant de lui on dira « Monsieur le Dauphin », mais si on lui écrit il faudra mettre « Monseigneur » dans la lettre...

Marly, le IC avril 1711.

... On remarque chez le roi une soumission ù la volonté de Dieu telle qu'on ne s'en peut faire une idée. Sa seule consolation est que le confesseur de Monseigneur assure que sa conscience était en parfait état, et qu'il peut espérer qu'à Pâques il a bien communié, que par conséquent il a fait une fin chrétienne. Le roi lui-même tient des discours si pieux que cela vous va au cœur; il m'a fait pleurer toute la journée d'hier... Aujourd'hui j'ai écrit une longue lettre à ma tante, je

suis montée chez la princesse de Conti (son escalier a cinquante-six marches très élevées), je me suis rendue chez M"'' la Duchesse, à pied, par le jardin, puis j'ai reçu la reine d'Angleterre ; me voici fatiguée comme un chien, aussi m'est-il impossible de vous en dire davantage,..

A LA DUCHESSE DE HANOVRE

Marly, le 18 avril 1711.

... Tout Paris et les provinces sont au désespoir de cette mort. C'est bien sûr un affreux poison qui a tué le pauvre homme, car, à ce qu'on m'a raconté hier, quand il a rendu l'âme, on a vu sortir de sa bouche une fumée noire dont toute sa figure est devenue couleur de poix et est restée ainsi.

Combien d'intrigues et de projets n'a-t-on pas faits en vue du jour où M. le Dauphin serait roi ! M""^ la Duchesse doit avoir menacé la duchesse de Bourgogne de lui faire payer chèrement le mariage de ma petitefille la duchesse de Berry, et maintenant son règne a pris fin; à part l'avantage d'être admise le soir dans le cabinet du roi, elle n'en a pas d'autres que moi qui jamais ne me suis mise d'aucune cabale...

Marly, le 19 avril Hll.

... Je ne suis pas digne d'entendre de beaux sermons : je ne peux m'enipccher de dormir; le ton

dont ils sont débités exerce immédiatement cet effet sur moi. A Heidelberg, ce m'était une corvée d'aller à l'église française ; ce me semblait êti'e tout autre chose que le culte allemand. Le style de Marot' me paraissait plutôt bouffon que dévot...

La maladie du Dauphin était horrible. 'La duchesse de Villeroy n'a fait que parler à son mari, à Versailles; l'habit qu'il portait et avec lequel il s'était trouvé dans la chambre du malade a suffi pour infecter sa femme; il s'en trouvera bien d'autres encore dans le même cas...

Marlj-, le ~ mai 1711-

... Notre roi, en effet, est très pieux, mais il est fort ignorant des choses qui ont trait à la religion : jamais de sa vie il n'a lu la Bible ; il croit tout ce que lui disent les prêtres et les faux dévols. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que les choses aient pris une si mauvaise tournure. On lui dit : « Il faut que ce soit ainsi. » Il n'a jamais entendu autre chose et croirait se damner en écoutant ce que d'autres personnes pourraient lui dire...

A LA DUCHESSE DE HANOVRE

Marly, lo 9 mai Hll.

... Certes vous avez raison en disant que le roi est bien fondé à regretter M. le Dauphin. Celui-ci était parfait pour lui; jamais fils n'avait eu pour son père un tel respect, une telle obéissance, autant d'amoui

Page 1