Ernest- Auguste, le mari de la duchesse Sophie
Paris, le 31 mars 1718, 8 h. du matin.
... Je suis très contente de l'aînée de mes petitesfilles^; j'ai bon espoir qu'elle deviendra une personne de sens, car elle a bien changé à son avantage : elle a bien de l'esprit et bon cœur. Elle commence à vouloir savoir quelque chose du Dieu Tout-Puissant et à le prier, à haïr le vice, à aimer la vertu, et tout cela sans superstition. C'est pourquoi j'espère que Dieu aura pitié d'elle et qu'il lui donnera de se convertir entièrement. Je n'ai pas aussi bonne opinion de sa troisième sœur-... elle est fausse en tout point, ne dit souvent pas la vérité et est affreusement coquette. Cette fille, cela est certain, nous causera bien du chagrin encore...
Je crains qu'il n'en soit de même de la seconde des sœurs qui veut à toute force prendre le voile; la bonne fille se fait illusion sur son propre compte, elle n'a pas l'étoffe d'une nonne, et dès que le pas sera franchi elle en sera au désespoir, elle est capable de se tuer, car elle a du cœur et ne craint nullement la mort... Le duc de Chartres est un gentil garçon, il est intelligent, mais un peu trop sérieux pour son âge ; il est affreusement délicat... il est porté à toutes les vertus et n'a aucun vice...
Les livres d'histoires sont mensongers aussi. On a écrit dans l'histoire de mon grand-père le roi de Bohême'' que c'est ma grand'mère la reine de Bohème