‹ Correspondance complète de Madame duchesse d'Orleans née Princesse Palatine, mère du regent;Chapitre 27 sur 32 · LD LE · texte numérisé non relu

LD LE

$0$ NÔTÉS ET ÉCLAIRCISSEMENTS.

mettre à Îa première. Infiniment ambitieux ; toujours horé de son chemin, et se donnant des airs avec ceux mêmes auxquels 1 doit te plus de respect; fou de la magnificence ; puit et jout oceupé de son luxe ; l'ombre de sa faveur et de ses richesses lui procurent une foule de courtisans qui te méprisent.

Le Tkuuer, marquis de Courtenvaux. C'est un pygmée en matière de grandeur ; sa famille n'en retire aucun lustre !.

Le ouc ve Lauzon. Aventurier étoutdl, ballotté par la fortune qui lui a joué les mellleurs et les plas mauvais tours, ila pleuré dans une longue prison ses rodomontades envers son toi; le bonheur qu'il a eu de faciliter la fuite d'une grande princesse ({a reine d'Angleterre, femme de Jacques IT) et de eontribuer à la sûreté d'an petit prince équivoque l'a remis en grèce, et si depuis il n'avait point paru sur la scène des armées, peut-être l'eut-on jugé capable d'y faire quelque figure®,

Lx ovc px LA Fenté. C'est le Silène des courtisans et le père du eabaret qui ul tient presque Heu de domicile; raffinant sur fa débauche ; très-jatoux de sa Messaline ? nvec laquelle 11 est

1 « Petit Lomme, méprisé et compté pour rien » (Saint-Simon ). Un eouplet du tomps représente Louvois examinant ce qu'il fera de ses quatre enfants, et songeant qu‘ faut modérer ses désirs; anse s6 borne-t-il à faire régler l'État par un de sen Ûle; an autre remplacera Turenue ; l'abbé sera cardinal:

Pour Courtenvaux, j'en suis en peine ; Îl est sot et de mauvais air; Nous n’en ferons qu'un due et pair.

2 Pour bien connaître ce personnage célèbre, il fant recourir à Salt. Simon et aux Mémoires de M. Walckensër aur Mmt de Sévigné, L. III. La Bruyère en a tracé le portrait de main de malire, sous le nom de Straton. IL existe un livret peu facile à trouver: Les Amours de Mada= moisele (éic) avsc M. de Lausun, Cologne, Michel Baur, 1673;:il est d'ailleurs réimprimé sous le titre de : Le Perroquet ou les Amours de Mademoiselle, dans le recuell intitulé : Amours des Dames illustres ; on le retrouve dans l’Hissoire amoureuse des Gaules, et dans les Méamoires de Mile de Montpensier, &. VI].

8 Elle était sœur de le comiesse d'Olonne, fameuse par son Inconduite et que les Mémoires de Rets, ainsi que l'Histoire amoureuse des Gaules, ont trop bien connaitre. La Bruyère a tracé le portrait des deux sœurs, sous les noms de Claudie et de Messaline, dans un caractère

qu'il 8 paraitre, pour la première fols, dans Ia septième édition (1692) de son immortel ouvrage. « Le débordement de leur vie 81 Brand brait; aucune femme, même des plus décriées, n’osoit les voir ni paroître avec elles » (Saint-Simon ). La duobesse de La Ferté se éonverüit Vers le An da sa vie, et mourut presque octogénaire, en 474, laissant deux fs, doni l'un entra daps l'ordre des Jésuites,

NOTES ET. ÉCLAIRCISSEMENTS. 330 toujours brouillé; piquant et emporté jusqu'à la dernière violance , en opprobre à la cour par son travers d'esprit et de canduite ;.aveo cela hon officier, ce qui lui procure du commandement.

. Le cours »’AumGné. C'est un fat dans toutes les règles ; il se persuade, à cause du règne dé sa sœur ( Mme de Mainenon ), qu'il est la troisième personne du royaume. 11 a passé sa vie dans la débauche, On l'a contraint d'embragser le pari de la dévotion dont il porte le masque d'assez mauvaise grâce 1.

Le puc »x BouuLon. C'est un seigneur de bonne trempe ; peut être aurait-il été moins malheureux si, dans son mariage, il avait. plus cherché l’assortiment que la fortune ; il n'a jemais pu parvenir à la faveur, quoique, dans le fond, le rai ne le mésestime pas; il est d’une tournure à s'attirer de grands chagrins domestiques, asses éclairé pour voir ce qui se passe et trop bon. pour y remédier ?.

Le puo »'Aumonr. 11 doit tout à sa bogne fortune ; H n'est en place que pour montrer sa petilesse ; emporté, fler, infiniment éloigné du mérite qu'il eroit avoir et ne promettant rien ?,

Le puc pe Gesvres. C’est une vieille bête, de service incommode à la our ; sa bétise lui fait du bien ; un plus habile homme que lui ne se serait pas soutenu si longtemps ?.

: Le manécuat, pe Bourpuens. 1 a surpris le monde et s'est tit une fausse réputation de bravoure; il doit le commencement de

4 31 faut Jire dans Saint-Simon le portrait de os disaipateur fou à en= férmer, et qui ne se géait pas, même daus la galerie de Versailles, pôor dire le beau-frère, en parlant du roi. Sa sœur rédoutait extrême: mént cette intempérie de langue. Elle le f jusqu’à l'époque de sa mort,

le Saint-Sulpice, nommé Mado, et ceux de Saint-Simon font voir été mêlé à heaucoup d'in= mourut en 4721, à que gt-deux ans. La duchesse de , fameuse pour svoir été amie de La Fontaine, « éloit dans , malgré aa conduite peu régulière, une espèce de reine.avec la= « quellé il falloit compter » (Saint-Simon ).

a 11 était cité comme gastronome. Saint-Simon dépélnt ls duchesse comme une grande et grosse femme, impérieuse, méchante, grande Joucuse, grande dérote à directeur, °

4 Cet original se ruinait en équipages et en dépenses folles pour ne pas laisser, disait-il, son bien à 888 enfants ; à quatre-vingts ans, il épousa, en secondes noces, une demoiselle de La Ctenelaye, belle et riche, que l'ambition d’un tabouret à la cour ft conwentir. Voir une note de M. Walckonsér dans son édjtion de La Bruyères 4845, pa TT.

sa fortune à la haine de M. de Louvois, qu'on parti jaloux voulait mortifier; il a eu l'esprit de 56 ruiner deux ou trois fois pour s'enrichir des bienfaits de son prince ; il affecte le mystère pour 8e faire croire pénétrant, mals les gens d'esprit ne sont point ses dupes ; fils du bailli de Beauvoisis, il se figure que Hugues Capet l'a créé duc et pair ; esclave de la faveur jusqu'à la respecter dans le dernier laquais d'un ministref,

Nous arrétons ici nos extraits de ces Caraotères; nous en avons parlé avec quelque détail, parce que, selon l'observation de M. Walckenaër, ils paraissent un écho fidèle de l'opinion publique sue les personnages du temps. Nous regrettons de n6 pas y trouver un portrait de Madame; mais la vie retirée de cette princesse et son éloignement des intrigues de la cour font qu'il est rarement question d'elle dans les écrits de l'époque. Le cé- Ièbre philosophe Locke, qui assista, ls 26 septembre 1671, à un: opéra à Fontainebleau, consigne dans une note du journal de son voyage en France, que Madame, coiffée d'ane perruque d'homme et habillée comme un homme jusqu’à la ceinture, lui parut fort singulière, Voir Life of J. Locke, with extracts.. by lord King. Londres, 1829, 4°, p. 211.

La Confession réciproque, ou. Dialogues du temps , entre Louis XIV et le Père La Chaise, Cologne, 1694.

Il existe une autre édition de cet écrit, 169 (le dernier-chiffre manque). Un avis du libraire signale comme auteur Pierre Lenoble, et lui attribue quelques ouvrages du même genre, tels que les Amours d'Anne d'Autriche et l'Ombre de Louvois. Cet avis indique aussi comme étant imprimés plusieurs autres Hres :

Le Bouleversement de la France, prédit par Nostradamus ; — le Traité d'alliance effensive et défensive du Turc d'Orient et du Türe d'Occident ; — l'Établissement du sérail de Louis le Grand avec le portrait des dames ; — l'Horoscope des Jésuites; — la Cour de sainte Maintenon ; — Le Pèlerinage de Louis XIV à Saint-Cyr, etc. Ces ouvrages sont supposés %, L'Avis annonce

4 L'ouvrage imprimé on Hollande, sous le rubrique de Paris, His toire des Amours du maréchal de Boufflers, 169, n’est qu'un roman fort peu digne de fol.

3 Un pamphlet de Lenoble, la Pierre de touche politique, 1690, ren ferme une liste de livres supposés, relatifs aux affaires d’Angioierre. À l'égard des ouvrages imaginaires, souvent inventés par l'esprit de la satire, il faut consalter deux articles fort curieux dus à MM. Haensel

de plus que Pierre Lenoble, vendant ses manuserits fort eher, la Confession sera le dernier ouvrage qu'on donnera de lui. 11 est vraisemblable que tont ceci n’est qu'une plaisanterie de l'éditeur, dans le but de donner le change au public ; on ne connait pas d'écrivain du nom de Pierre Lenoble, et il ne faut pas le confondre avec Eustache Le Noble de Saint-Georges. Celui-ci était un pamphlétaire qui ne manquait ni d'esprit, ni de verve, mais c'était contre les adversaires de Louis XIV, et surtout contre Guillaume 1}, qu'il faisait courir sa plume. Sa conduite fort déréglés lui valut des désagréments, même à Paris ; arrêté en 1690 et en 1691, et ses papiers saisis, il fut, en 1698, condamné au bannissement ; mais il ne sortit pas de France, et, quand vint la guerre de la succession, il reprit, avec privilége royal, son rôle de libelliste. 11 donne à entendre qu’il recevait des ministres des communications officieuses. Les bibliographes ont fort peu parlé de ses nombreux écrits qu'ils ont à pelne connus et dont la collection complète n'existe sans doute nulle part. On trouve à ce sujet de curieux détails dans le catalogue des Livres de M. M. (Moreau), 1846, n° 319.

La Confession réciproque se termine par les mots : Fin de la première partie (la suite n'a point paru); elle se compose de ‘trois dialogues, dont volci ls résumé succinct :

Louis convient qu'il ne s'est jamais exposé à aucun péril ; il donnerait toutes ses conquêtes pour qu'on pôt dire qu'il a été blessé ; lorsqu'il parle du prince d'Orange, la fièvre le saisit sl bien qu'il doit en hâte recourir au quinquina. De son côté, le confesseur lui déclare qu'il peut, en sûreté de conscience, violer tous les traités, brûler des villes, faire périr ses ennemis, car les” casuistes sont tous d’aecord sur ce point qu'on peut tuer son adversaire, — « Je vons absous, dit-il, de tout péché passé, présent

(P. Jannet) et Ed. Fournier, dans le Journal de l'Amateur de livres, 4848, no 47, t. 1, p, 257-274, ett. 111, p. 6-49.

Le catalogue de la Bibliothèque (imaginaire ) du comte de Fortsas Cfacétie très-piquante qui ft, en 4840, du brait dans le monde des bi- Bliopbiles ) mentionne deux ouvrages relauifs à Louis X1V, mais que nul bibliophile ne possède, et pour cause.

Le Sardanapale de ce temps, 1699.

Les Suites du plaisir, ou Desconfitures du grand roi dans les Pays- Bas. Au Ponent (Hollande ), 1686. — Libelle d’un cynisme dégoûtant, à Poccasion de le ftule de Louis XIV. Une des figures représente lo derrière royal sous la forme d’un soleil entouré de rayons, erec la fa, meuso devise, Nec pluribus impar.

« et futur, et vous donne pour pénitence de dire votre Credo « tous Les jours, de vous sevrer de vos plaisirs ordinaires deux. « fois la semaine, et de faire un fonds de 300,000 livres, pour « assessiner trois ou quatre grands que je vous nommerai. »

Histoire des Amours du maréchal de Luvembourg, Cologne, 1694, in-12, -

Ce roman mal écrit représente le maréchal sous un aspect odieux et ridicule, On donne pour motif de son exil de la cour + la mort du due, de Soissons, dont on l'aceusait, et que l'on « croyait avoir fini ses jours par le poison, et l'art magique dent « il 86 servait pour enchanter les personnes à qui il voulait « plaire, particulièrement aux dames les plus aimebles et qu'il « trouvait à san goût. »

L'auteur raconte les passions sucoessives du maréchal pour Miles de Chevreuse et de Tilladet; il le montre consultant un sorcier qui lui apprend que ches les femmes un nes long est l'indice de la constance, et un nes arrondi le signe d'une humeur volage et changeante. On voit l'illustre guerrier se déguiser en femme, courtiser une bergère qu'il rencontre à la cam pagne, et se trouver en danger d’être fort maltraité par des paysäns armés de faux. À tout ceci, l'écrivain méle le récit d’autres intrigues ; le Dauphin est « fortement charmé des puis-. « sauts attraits de la duchesse de Verneuil », et le roi est épris, av siége de Namur, de Mme de Castello, femme d'un colonel ‘ennemi.

Nous avons déjà mentionné un pamphlet satirique contre le maréchal ; en voici un autre: Lucembourg apparu à Louis XIV, la veille des Rois ; Cologne, 1695. On trouve des détails curieux dans les Mémoires. pour servir à l'histoire du. maréchal de Luxembourg, La Haye, 1758, in-4°, -

Histoire secrète des moyens injustes et perfides dont Louis XIV s'est servi pour arriver à la monarchie universelle, Cologne, 1691, 160 pages.

Volume que nous ne rencontrons pas sur les catalogues des collections les plus riches en livres de cette espèce, celle de M. Leber entre autres. :

Après avoir annoncé que le roi déclare la guerre à tout l'univers et que, de toute évidence, son projet est de s'emparer de M'Allemagne entière pour la joindre à la France, l'auteur entre dans de longues considérations sur la conduite ambitieuse des

.NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS. ‘403 rois de France depuis des épaques fort éloignées, et-sur lbs prétentions de Louis XIV au sujet des provinces qu’il à déjà réuaies à la France ou qu'il revendique à divers titres. 11 y a beaucoup d'acrimonie dans cet écrit, mals il est d'un bout à l’actre du ton le plus sérieux.

Comme modèle de contraste, on peut placer à côté de quelques-uns des libelles composés en HoHande, certains ouvrages français où Louis est exalté de la façon La plus ridienie. Nous citerons comme des chefs-d'œuvre en ce genre deux volumes fort peu connus :

Les heureux augures du triomphe de Louis XIV sur tous Les rois du monde, par 3.-B. de Cassillac, capuéin. Paris, 1665, n-49. En décomposant vingt-quatre fois le nom du roi, l'auteur y trouve autant d'augures de sa grandeur future.

* L'Apollon français, ou le Parallèle des vertus héroïques dy très-auguste, très-puissant et très-invincible roi de France et de Navarre, Louis le Grand, avec les propriétés et les qualités du soleil, par Brice Bauderon, seigneur de Senecgy, lieutenant général aù bailliage de Mäconnais, Mâcon, 1681 ,1n-12. '

Louis XHJ avait été l'objet d'adulations non melns bizarres ; dans un épuscule imprimé vers 1618, l'Horoscope du Roy, la ville de Lyon est introduite pour revendiquer ridiculement Ébonneur d'être le lieu où le monarque a été conçu ! © Sommaire des chapitres contenus en la chronique du chovaller Sotermelec.

Cette chronique, imitation du style de Rabelais , est dirigée contre le Régent ; elle se trouve à la suite des Aventures de Pompilius, chevalier romain, 1124 (autres éditions, 1128 et 1128), romansatirique et parfois licencieux , dont une partie (hapitres xxv et suiv.) porte sur le duc d'Orléans; ce prince est très-facile à reconnaitre sous l'anagramme de Relosan, et ses actions n'y sont presque pas déguisées, Les chapitres les plus intéressants de cette prétendue chronique devaient étre ceux-ci :

Comment Solermelec (sauveur du, rol; le Régent) fut mis entre les mains des précepteurs à cette fin d’être élevé en tout. honneur et vertu. De ses ébats et passe-temps, et comment il donnoit bon témoignage de sa suffisance.

: Comment Sotermelec, devenu grand, commençoit à se confesser à Dieu, à la Sainte Vierge et à tous les saints, et leur

détailloit par le menu ses péchés, puis ne s'en challoit et retournoi pécher.

Comment Sotermelee trop dévotement ne comptolt ses patenôtres et commençait à pécher aux hultres.

Comment une nuit il vit en songe une couronne et cuidoit que régner pourroit, puis s'évelllant ne trouva que bran.

+ Comment après le décès du roi don Sadik (Louis XIV), son oncle, il amadoua les bonnets-ronds (le Parletent) et les supplia dolentement de vouloir dérompre les tables testamentaires dudit roi.

* Comment de priine abord furent chassés certains gouverneurs et anciens Solipses (jésuites), lesquels, par conseils précipités, aurotent mis l'État en péril.

Comment Sotermelec requit les bonnets-ronds de lui octroyer la gouverne des Gaules, sous tel pacte qu'il feroit tout bien, qa’oncques en nul rien mal ne feroit, ce qu’en son cœur ne pensoit, sl qu'au partir de là n’en tint cure.

Comment it fit démolir la citadelle de Damur (Dunkerque pour complaire au rol d'Albion.

Comment il humoit le plot et donnoit gourmades à ses compagnons de plaisir, puis se repatrioit avec eux,

Comment il alloit en pèlerinage à l'abbaye de Tetemu (le Chdteau de la Muetle à la duchesse de Berry, ou l'abbaye de Chelles), et 1à faisoit longues retraites, puis y consoloit abbesse et nonnains.

Comme étoient réglées les nonnains de Tetemu.

Comment la règle étoit que ferolent tout le rebours de ce que autres religieux et nonnains doivent faire.

Comment Sotermelec inventa un grand creuset (la Banque) pour y fondre or et argent.

Comment il fit nombre de detteurs et d'emprunteurs.

Comment Sotermelec et les detteurs payoient leurs dettes avec son et donnoient fumée pour or.

Comment, malgré misère, il menoit bombance et joyeuseté, marchandoit filles, achetoit femmes, consoloit veuves et se s0lacioit,

Comment 11 étoit entouré de vaticins, aruspices et autres telles gens qui effaçoient le passé, et lul falsoient voir un bel avenir par le pertuis d'une bouteille.

Comment il créa la charge de grand calculateur ès marchés

NOTES ET ÉCLAIRCISSENENTS. 405 des Gaules et en accoutra un certain charlatan, transfage calédonien (d'Écossais Law).

Comment princes et autres grands seigneurs se firent marchands de papiers et baillèrent forche-c.… pour monnaies ; aucuns vepdirent épices, autres vendirent joyaux, etc.

% Comment un beau jour le pontifs de Cambray (Dubois) voulut 88 faire cardinal, et supplia Sotermelec de l'assister auprès du pape de Rome.

+ Comment fut conclu par le pontife de Cambray qu'il falloit honorer la dive pancarte du pape romain (la bulle Unigenitus).

Des choses étranges qu'aucuns théologiens gallicans décou vrirent en ladite pancarte.

Comment ceux qui ne voulurent honorer la dive pancarte furent relégués en l'ile des Papefñgues (La Hollande).

Comment le pape romain fit le pontife de Cambray cardinal, et lui octroya dix-huit quarantaines de pardons pour les péchés À venir, avec rémissiou des passés.

Comment le pontife de Cambray ne disoit messe et juroit comme un payen.

Comment Sotermeles trépassa et ne fat dans son mal secouru à temps, et comment d’aucuns fut interprété cettui défaut de remède et médecins.

L'Histoire du prince Papyrius, surnommé Pille-argent, gouverneur des Francs-Sots. Le nom de Papyrius s'explique de lui-même par les billets de banque qui, émis outre mesure, avaient fait disparaître le numéraire. Cette facétie, qui est citée dans la Bibliothèque historique de La France, n° 24,565, n'avait pas, à ce que nous croyons, été imprimée avant M. Pelgnot : qui l'a insérée dans son Précis historique de la maison d'Or léans; elle ne renferme que les titres détaillés de dix-sept cha-? pitres; nous nous bornerons à quelques extraits :

Comme quoi le prince Papyrius fit patte de velours aux Druides (aux membres du Parlement) pour étre gouverneur des iles des Francs-Sots, et leur ft entendre par biaux semblants qu'il vouloit qu'on lui rognât les griffes pour l'empécher de prendre ni faire mal, et que même son vouloir étoit que les Druides pussent ouvrir Ja Bouche quand il leur plairoit pour erer au chat, et comme quoi, après maintes harangues et maints biaux sermonages mis en paroles et écritures, le prince Papyrius entra dans l'isle pour icelle gouverner.

- Comme quoi Papyrius, à son entrée, ft moult bonne mine aux Francs-Sots et prenoit consultation des Druides qui Jui frent remonstrations que plusieurs barpies du temps avoient mangé eequ'il y avoit de bon dans les isles; sur quoi tant fut procédé que lesdites harpies furent pourchassées. Mais leurs plumes fu rent mises dans les poches de plusieurs p….…. et mag... dont 88 servait souvent ledit Papyrius pour s'ébaudir, si bien que toute la chevance s'en alla à rien du tout, comme si de rien n'evoit été, mais au contraire arriva pis que devant. .

Comme quoi Papyrius, prenant ses ébats avec gentes donselles, . passoit les nuits à moult manger et grandement boire et d'autant dormir la grasse matinée.

: Comme quoi le prince Papyrius fut grandement eourroucé contre le soudan d’Ibérie qui lui mandoit par ses écrits que son. cheval n'étoit qu'une bête et qu'il auroit affaire à lui s’il touchoit tant seulement du bout du doigt au petit Ascagne (le jeune Louis XV). Sur quoi.Papyrius prit une hallebarde et. envoya une grosse troupe de Françs-Sots pour guerroyer le soudan d'Ibérie. «

Comme quoi Papyrius retint bien joyeusement en ses, isles le fameux drogulste et grand charlatan Pille-Ayoine, pour lui aider à duper et piper les Francs-Sots, et faisoit ledit Pille-A voine de Jolis tours de souplesse et des hoîtes de papier dans lesquelles il disoit y avoir de bonnes drogues et recettes admirables pour bien manger, boire et dormir, puis quand en les quvroit, n’y trouvoit-. on souventes fois rien du tout.

Les Amours de Louis le Grand el de Ms du Tron, Rotierdam, sans date (vers 1698).

- Ce volume, recherché des bibliophiles, quoiqu'il soit mal écrit et asses plat, reproduit, avec. quelques différences, un pamphlet imprimé en 1696 : Nouvelles Amours de Lauis XIV. Cette satire est fondée ser un fait que relate Saint-Simon ; Mlle qu Trou est la nièce de Bontemps, valet de chambre du roi. Mme de Maintenon figure dans l'ouvrage et elle adresse au monarque des remontrances qui lui déplaisent fort : « O sens rebelles el désobéissants, quand triompherons-nous de vous? Je veux, sire, qu'un ange m'emporte si vous ne perdez pas le peu de santé qui vous reste. » Les finances royales se trouvent dans un élat déssstreux; Pontchartrain propose de mettre un impôt sur le vent; les bateliers, mariniérs, meunièrs, etc., ne pourront s'en

NOTES ET ÉCLAIRCISSRMENTS. 407 servir qu'en payant des droits qui rapporteront beaucoup d'argent. Louis pense qu'il y aurait plus de profit à taxer les heures et surtout l’heure da berger. Un autre émet l'avis d’une contribution qui rendrait bien plus que toutes celles dont on pourrait s'aviser, ce serait unë taxe perçue sur les femmes galantes.

Abaissement de La France présagé par le songe de son roi, par le sieur G. R, P. A. de Prague; Jaèques le Roy (Hollande), 1690, in-4°, 12 pages.

‘ Cherchant tous les moyens possibles d'exprimer la haine qui les animait, les ennemis de Louis XIV s’avisèrent de demander compte à ce prinee des idées qui pouvaient traverser son cerveau durant son sommeil. Ils supposèrent qu'il faisait des rêves où 1 voyaît la France humillée , ruinée, presque conquise, et its Joignirent aa réelt de ces visions prétendues des commentaires où l'injure était versée à flots. Cette idés parat si ingénieuse que ce fut à qui l’exploiterait. On vit paraître les Remargues curieuses sur plusienrs songes de quelques personnes de qualité et spé- Clalement sur ceux de Louis XIV et de Mms de La Vallière, Amsterdam, 1690; les Brièves remarques sur Le songe de la reine d'Angleterre et sur celui de Mmè de La Vallière, 1690; le Songe de Louis XIV Le jour de la prise de Mein, Cologne, sans date (vers 1106); les Explications de quelques songes prophéliques qu'il a plu à Dieu d'envoyer à des dames réfugiées, par 3. Massard, D.-M, Ce Massard, médecin réfugié, avait quitté la Francè avant la révocation de l'édit de Nantes ; 11 était préoceupé de la divination de l'avenir, au moyen des prophéties et des songes; on le erut fou, on n'avait pas absolument tort, Il annonçait le massacre général, en 1691, de tous les protestants résidant en France, la disparition du eatholitisme et l'as vénement du Millenium pour 1169. Au milieu de toutes ces exe travagances, Il eut pourtant une de ces rencontres que le hasard # plaît à accorder de loin en loin, Il trouva, en 1686, dans les prophéties de Nostradamus, que le prines d'Orange triompherait, en 1689, de la ligue papiste. Quant au seuge qu'expliquaient les Remarques curieuses et le soi-disant astrologue de Prague, il fut également le but des travaux de Van-Bennigen (£æpétca- Bon du s0ng8 de Roy, 1696). Mme du Noyer raconte, dans ses Lettres galantes et historiques, t. IV, p. 1651, que le Songe fat réimprimé à Londres, en 1710, avec les explications de l'on des martyrs de la Réforme, nommé Brousson, st qu’il se rendit

fort bien. Elle ajoute qu'on lui fit voir une anclenne gazette dans laquelle il était raconté tout au long. Cette gazette est l’Histoire journalière du 11 novembre 1689, qui, la première, en a donné le récit, ou la Gasetie de Harlem du 12 janvier 1690, qui y a ajouté le songe de la reine, femme de Jacques LI. (Nous devons ces renseignements à M. Moreau, le savant auteur de la Bibliographie des Mazarinades, et qui a fait une étude spéciale des livrets relatifs à l’histoire de Louis XIV.)

Ajoutons que Louis XIV n'est pas le seul monarque auquelon ait prêté des songes dans une intention satirique. L'avocat Barbier raconte (Journal historique et anecdolique, 1849, t. 11, P. 289) que le roi Louis XV, alors fort jeune, eut un rêve dans Tequel il vit quatre cbats, l'un aveugle, l'autre borgne, un gras et un maigre. 11 demanda à son valet de chambre ce que cela signifiait. Le valet convint de bonne fol qu'il n'en savait rien, mais il indiqua un soldat des gardes françaises fort habile en ce genre. On le fit venir, et, après bien des Instances et la parole du roi donnée pour sa sûreté, il expliqua que le chat aveugle c'était le roi lui-même, qui ne voyait rien de ce qui se passait ; 1e chat borgne, le cardinal de Fleury, qui ne voyait les choses qu’à demi ; le chat maigre, le peuple, et le chat gras, les gens d'affaires,

Dans l'Orient, l'usage s'est conservé de prendre fort au sérieux les songes des souverains. Tippoo-Saëb laissa un manuscrit qu'il cachait à tous les yeux, et dans lequel il inscrivait tous ses rêves avec autant d’exactitude que de mystère, Ce manuscrit fut traduit en anglais, et M. Barchou de Penhoën (Æisfoire de l'empire anglais dans l'Inde, t. 1V, p. 810) rapporte cinq de ces songes. Du reste, la grande et curieuse théorie des phéno= imènes du sommeil mérite d’être envisagée sous un aspect qui échappait nécessairement aux libellistes de 1690, tout comme au despote du Mysore. Selon un penseur profond, « il n'y a rien « de plas instructif pour l'homme éveillé que l'histoire des son- « ges, comme rien de plus utile pour l’homme raisonnable « que l'histoire de la folie » (Maine de Biran, Œuvres, t. Il,

F Les Deuves françoises, ou les Vépres de Sicile et les Mattmées de la Soint-Barthélemy. Amsterdam, 1690, in-12.

Ce livret, dont on ne connait que quelques exemplaires, s'est payé cent cinquante à cent soixante-dix francs dans certaines

ventes ; il a dû sa célébrité à son titre qui le faisait regarder

comme une menace adressée à Louis XIV, à l'occasion de ses

envahissements et des rigueurs exercées contre les protestants.

L'auteur dit dans sa préface que la France, en 1678, trouva bon

‘abandonner honteusement la Sicile ; {1 soubaite qu'elle ait la consolation de chanter indéfiniment le cantique des trois nourrissons de Daniel au milieu de l'incendie universel qu’elle a al- Jumé. On peut tout au plus déduire de ces expressions vagues, que les descendants des victimes de la Saint-Barthélemy, en butte à des persécutions nouvelles, menacent la France d’une revanche terrible, Quant au corps de l'ouvrage, il ne serait pas déplacé dans l’histoire positive du treizième où du seisième siècle; c’est un récit des événements accomplis en Sicile depuis le couronnement de l'empereur Henri V jusqu'à la mort de Pierre d'Aragon, et une relation du massacre do la Saint-Barthélemy. — li a été fait, en 1852, à la Ubrairie Panckoucke, une é'égante rélmpression de ces Heures à cent dix exemplaires seulement.

Bibliothèque satirique; elle se trouve dans le Journal de Paris, par Mathieu Marais, publié par extraits dans la Revue rétrospective, Les lecteurs au fait de la chronique scandaieuse de la Régence comprendront sans peine ce qu’il y a de malice dans les titres de quelques-uns de ces livres supposés :

L’Art de diviser les hommes à l'infini et de profiter de leur division, par le due d'Orléans;

L'Art de mener les maris par Le nez, dédié à la reine d'Espagne;

Nouveau traité des infiniment petits, dédié aux grands de la

* cour de France, par un auteur anonyme ;

Traité des Jubilés et des indulgences plénières, par la prési-

dente Fillon, dédié au cardinal Dubois.

LE Le FN

INDEX,

Aeusns qui lsiese échapper un mot AE HA aufrs. 1, 50.

ALgénonr. Ses perfidies. 1, 50, 454 et mole. 11, 868. — Comment il ge H faveur du duo de Fes

terceptée.

de Conplote la mort de l’empereur. 11, 175.—Est arcélé per ordre da pape. 1, 210.

dssens Ts d'). Sen marisge ares op Aa tel ET AMBASSADEUR persan. Ses Lirarreries. 4, 160. — Be Portugal, meuificence de son entrée. 1, 181. — ial à Ventrég des anbage

rs, L, 278.

ANGRE (marquis d’}. Calembour fait sur son nom aù sajet de la

grosse de la reing. 1, 418.

ANGLETEAE (la rain épouse da réjouir

ques 11. — Refuse d ét mort du roi Guilla: eh LA =

65, — Doutes sur la réal

. . — Ps Lmrties

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