‹ Correspondance complète de Madame duchesse d'Orleans née Princesse Palatine, mère du regent;Chapitre 8 sur 32 · A LA PRINCESSE DE GALLES · texte numérisé non relu

A LA PRINCESSE DE GALLES

2 février 1720.

Quoique le prince de Conti puisse être poli quand ile veut, personne n’est plus brutal que lui, et il devient plus fou chaque jour. À l’un des derniers bals de l’Opéra, il prit de force une pauvre petite fille récemment arrivée de la province et toute jeune; il l’arracha d'à côté de sa mère, la plaça entre ses jambes, et tandis qu'il la tenait d’un bras, il lui applique cent soufflets et des chiquenaudes, qui lui firent sortir le sang du nez et de la bouche. La créature, qui ne lui avait jamais fait de mal, et qui ne le connaissait même pas, pleura à chaudes larmes ; mais il se mit à rire et dit : e Ne sais-je pas bien donner des chiquenaudes? » Tous ceux qui ont vu cela en ont pitié, cependant on

« monde qu'à s'en servir pour se faire aimer des femmes, quoi- « qu'il fût continuellement avec elles. »

* L'électeur palatin, Jean-Guillaume.

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