B I^LISE
Voilà bonne compagnie que jt; vous amène, madame : Hortense arrive de la campagne , et elle se fait un grand plaisir de vous voir.
CIDALISE
Je vais lui en causer un bien plus sensible, madame, et j'espère que vous et ces messieurs voudront bien y prendre part : j'épouse demain Octave, je ne puis , ni ne veux, vous dissimuler l'excès de ma joie. Hortense, Tauriez-vous imaginé ?
Que je vous embrasse, Cidalise, et vous aussi, Octave! rien n'égale ma joie.
OCTAVE
Pour rendre la mienne complète, obtenez, Cidalise, que Bélise et Hortense honorent demain votre noce; ces messieurs voudront bien s'y trouver, il faudra arriver de très-bonne heure dans ma petite maison de Boulogne.
DORANTE
Oui, Octave, nous nous y rendrons; il y a longtemps (pie j'attendais cet événement, c'est le seul qui puisse vous rendre heureux.
OCTAVE
Cher Dorante, l'excès de mon bonheur ne peut se comprendre ; je n'ai point cessé d'aimer Cidalise, depuis le premier instant que je l'ai connue ; je résistais à mon penchant dans les temps (|ue j'ai vécu sans clic; nul ol)jct n'a pu la balancer un moment dans mon cœur et
je me reproche de n'avoir pas mérité piUS tôt la grâce que j'obtiens aujourd'hui. Oui, belle Cidalise,je vous adore! souffrez que je me jette à vos pieds, que j'embrasse vos genoux et que je vous jure une ardeur éternelle.