JULIE, BÉLISE, HORTENSE, CIDALISE, OCTAVE, LÉANDRE, DORANTE, DAMON
JULIE
Je crois que j'arrive fort mal à propos ?
OCTAVE, l'air embarrassé.
C'est un inconvénient quevous ne pouvez jamais craindre, madame.
JULIE
Octave, je vous trouve l'air bien embarrassé. Il me semble «lue vous étiez aux genoux de madame! était-ce un pardon que vous demandiez et que vous ne pouviez obtenir ?
OCTAVE, avec un sourire afToctC'.
Voulez-vous savoir ce que c'était, madame ? Je chantais la déclaration qui est dans le nouvel opéra, et qui plus est, je la jouais, voilà l'explication de la situation où vous m'avez trouvé.
JULIE
Cette scène-là est bien belle, ces dames en sont-elles contentes? Octave et moi nous en sommes charmés. (Bas à octave.) Elle me rappelle des souvenirs bien doux (a cidaUse.) Madame l'a-t-elle vue?
CIDALISE
Oui, madame, et j'ai le malheur de n'être point de votre avis: il ne me paraît que du verbiage galant dans tout ce qu'ils se disent ; d'ailleurs le chant me paraît très-monotone.
JULIE
// est tendre et rêveur ; mais. Octave, tout le monde n'est pas touché de certaines finesses. Je voudrais bien qu'Octave voulût recommencer t\ chanter et à jouer cette déclaration ; et puis je l'emmènerai souper chez moi, où je crois que la compagnie m'attend déjà.
CIDALISE
11 ne faut pas, madame, vous laisser plus longtemps dans l'erreur: Octave ne soupera point chez vous ce soir, il a une affaire (jui le retient ici, et c'est un contrat de mariage qu'il doit signer.
JULIE
De qui, madame? serait-ce le vôtre? Ne me le laissez pas ignorer et (|ue je sache quel est l'heureux mortel
Oui, madame, c'est le mien ; et cet heureux mortel, c'est Octave.
J u L I K . Octave! (Elle s'évanouit.)
OCTAVE
Léandre, secourez Julie. 0 dieux ! elle se meurt.
JULIE
Octave, est-il possible
OCTAVE
Retournez chez vous, madame; je vais vous y accompagner, et je vous expliquerai....
CI D A L I s E .
Vous partez. Octave?
OCTAVE, en s'en allant arec Julie.
Madame, vous ne pouvez pas exiger que je sois son bourreau!