I. M. 1.' duc dOrU'ans
i. Madame de Moiitesso» : Caraccioli disait avec sa bonhomie, qui n'était pas exempte de malice, tpie M. le duc d Orléans, ne pouvant faire madame de Montesson duchesse d'Orléans, s'était fait M. de Montesson.
DE MADAiME DU DEFFAND. 353
marché n'est pas encore fini , parce que je ne trouve pas d'argent, et que je ne veux pas revendre sans avoir préalablement acheté. Vous en savez à présent autant que moi, ma chère petite-fille , sur toute cette affaire ; mais ce que vous ne saurez jamais, c'est à quel point je vous aime.
LETTRE DCCLXI
DE MADAME DU DEFFAND A LA DUCHESSE DE CHOISEUL
Paris , ce 30 juin 1779.
Que vous dirai -je , chère grand' maman , qui puisse justifier ma conduite? j'ai différé jusqu'à aujourd'hui de répondre à votre lettre du 2v0, que je reçus le 22 ; et quelle lettre! Jamais, non jamais , il n'y en eut de si charmante, j'en fus dans l'enthousiasme : je ne pouvais le renfermer; il fallait que je la fisse voir; cependant la prudence me le défendait. Heureusement l'abbé arriva. — L'abbé, l'abbé, voyez la lettre que j'ai reçue de la grand'maman. — 11 fut enchanté, nous la relûmes plusieurs fois, et nous convînmes qu'il n'y avait personne qui pût vous être comparé. Mais il faut me taire, car vous avez encore le mérite de craindre les louanges ; mais plus on renferme en soi ce que l'on pense de vous , plus le sentiment qu'on a pour vous s'augmente.
Je m'aperçois que je ne vous dis aucune raison qui excuse mon silence; je n'en ai point d'autre qu'un engourdissement, une tristesse, un hébétement, enfin des vapeurs effroyables. Si j'avais voulu répondre à tous les articles de votre lettre, j'aurais représenté la fable de l'Ane et le jjetit Chien. Plus je sentais le tour et la finesse de vos portraits, de vos expressions, plus je sentais l'impossibilité d'y répondre. Ah! qu'il y a loin de vous, chère grand'maman, à tous ceux à qui on accorde quelque esprit et quelque bon sens! que d'agréments perdus ! car qu'est-ce qui peut sentir tout ce que vous valez?