M. de Monteynard sortit du ministère
Adieu! l'abbé, je vais envoyer cette lettre à M. Ribot ou à notre ami Fribourg*. Vous m'en accuserez, je vous supplie, la réception.
Dites, je vous prie, mille tendresses pour moi à la grand'maman, au grand-papa. Ah ! pourquoi ne suis-je pas avec eux et avec vous! Excitez M. de Castellane à me vouloir du bien.
LETTRE DLXXVl
DE MADAME DU DEFFAND A L^ABBÉ BARTHELEMY
Ce dimancho, 6 féTiier I7i4.
L'abbé, sommes-nous en règle, avez-vous reçu ma dernière lettre qui, je crois, était du 317 La vôtre du même jour m'a été rendue exactement le 2.
Je vis hier pour la première fois votre dame de Province *, je ne crus pas lui pouvoir faire une meilleure réception que de lui donner à lire votre lettre. Oh! elle vous loua, vous loua, vous loua sur tous les points , sur tous les tons ; il me fut impossible de renchérir. Est-ce qu'elle vous estimerait plus que je ne fais? Est-ce qu'elle vous aimerait plus que je ne vous aime? S'il y avait eu là quelque étranger, il l'aurait pensé; mais nous étions tête à tête et je conclus que l'éloquence était supérieure à la vérité. Cela ne veut pas dire contraire. Je suis persuadée que cette dame sent tout ce qu'elle dit, et que moi qui en pense et sens pour le moins autant, je lui suis fort inférieure par l'expression. Je soupe ce soir avec elle, chez la maréchale de Luxembourg; nous sommes l'une et l'autre au même degré de faveur ; mais comme la maréchale est un plus grand personnage que moi, la princesse' l'avait admise au souper du jour de l'arrivée. Cette princesse ne sort point, la