Voici ces vers
Bh quoi I vous êtes étonnée Qu'au bout de quatre-Tingts hivers, Ma Muse triste et surannée, Puisse encore fredonner des vers?
Quelquefois un peu de verdure Vit fOttS les glaçons de nos champs,
f,« CORRESPONDANCE
Vos réflexions sur les deux soldats sont' excellentes; mais quiconque est dans le cas de se vouloir tuer n'est pas en état de réfléchir. La philosophie, jointe à leur malheur, leur a tourné la tête. Ce sont des héros pour les philosophes, mais pour ceux qui sont réduits à Tinstinct et au bon sens que la nature nous donne, ce sont des fous. Je n'aime pas plus la vie qu'un autre , je suis fâchée de l'avoir reçue; mais je n'en ai pas moins de répugnance pour la mort. Si nous pouvions nous en aller en fumée, ce genre de destruction ne me déplairait pas; mais je n'aime pas l'enterrement. Ah I fi , fi ! parlons d'autres choses.
Le récit que vous me faites du petit Louis est charmant. J'ai un désir extrême de le voir, c'est-à-dire de causer de vous avec lui. C'est véritablement de l'amour qu'il a pour vous, chère grand'maman, et je crois que si vous étiez dans le cas de pouvoir prendre une passion, il en serait l'objet. Savezvous que j'ai une petite passionnette ? C'est pour un nommé Tonton, qui est le plus fou, le plus caressant de tous les petits chiens du monde. Mon effilage et mon chien, voilà mes plus
Bile console la nature,
Mais elle sèche en peu de temps.
Un oiseau peut se faire entendre Après la saison des beaux jours; Mais sa voix n'a plus rien de tendre , Bile ne chante plus les amours!
Ainsi je touche encor ma lyre Qui n'obéit plus à mes doigts ; Ainsi j'essaye encor ma roix Au moment môme qu'elle expire!
Je veux dans mes derniers adieux , Disait Tibulle à son amante , Attacher mes yeux sur tes yeux , Les presser de ma main mourante...
Nous naissons, nous vivons, bergère; Nous mourons sans savoir comment ; Chacun est parti du néant; Où va-t-il? Dieu le sait, ma chère I
solides occupations et mes plus agréables amusements; le reste va comme il peut. Je ne me soucie de rien, je ne prends part à rien. Tous mes amis sont dispersés, il ne me reste presque plus d*espérance de les revoir. Je ne sais point aimer ce que j'ai quand je n'ai pas ce que j'aime. Vous seriez bien de même, chère grand'maman, Dieu ne vous a pas favorisée, non plus que moi, de trouver tout égal.
Je n'écrirai point aujourd'hui à l'abbé , mais je ne tarderai pas.
Voulez-vous bien remercier M. de l'Isle de ses jolis vers? il a bien du talent; mais il en a fait beaucoup d'autres qu'il ne m'envoie pas. Il a tort. Suppléez-y, chère grand'maman, faitesles-moi envoyer.
Je ne vous dis rien sur la mort de M. d'Armentières, et qu'en pourrais-je dire?
Votre petite sainte se porte bien ainsi que sa belle-fiUe. Je soupai l'autre jour chez elle. Il n'y avait que ses enfans, Pontde-Veyle et moi. Je m'y plus extrêmement. Je hais le monde, ses pompes et encore bien plus ses œuvres.
LETTRE DLXX
DE LA DUCHESSE DE CHOISEUL A MADAME DU DEFFAND
Chanteloup, ce 82 janvier 1774.
Comment, ma chère petite-fille, avez-vous eu l'audace d'écrire à M. de Beauvau que vous aviez écrit quatre lettres à Chanteloup, et que vous n'en aviez pas reçu une de Chanteloup, que vous nous aimiez et que nous étions des ingrats, que vous vous occupiez de nous, et que nous vous abandonnions? L'abbé vous a écrit, M. de l'Isle vous a écrit, et moi-même, tout accablée des lettres du jour de Tan, n'ayant point d'occasions pour Paris, je n'ai cependant pu attendre, et je vous ai écrit par la poste. Je vous aurais encore écrit aujourd'hui quand
je n'aurais pas reçu une lettre de vous hier. Le grand-papa n'écrit jamais par la poste, il n'a donc pas pu vous répondre plus tôt. 11 vous écrit aujourd'hui par le marquis de Laval. Pouvait-il mieux faire? Mourez donc de honte ; mais vivez plutôt pour nous aimer et pour recevoir notre absolution. Je vous l'ai déjà dit, je ne bais pas trop l'injustice. J'ai ouï dire dans mon enfance que les passions étaient injustes, d'où je conclus dans ma vieillesse que l'injustice est passionnée.
Je vous renvoie la lettre de Voltaire. Elle est bien, parce que Voltaire ne peut pas écrire mal; mais vous avez raison, elle ne valait pas la peine d'être envoyée. Je vous envoie une lettre que j'écris à M. d'Arras, parce que je ne sais où la lui adresser. Je vous prie d'en faire achever l'adresse, et de la lui envoyer s'il est à Paris, ou de la faire mettre à la poste s'il n'y est pas.
Mes rigueurs ont donné trois jours de fièvre à Louis et lui ont ôté l'appétit et le sommeil. Il disait à l'abbé : Mon cœur tombe. Il s'écriait à chaque instant : Ah I je suis donc perdu. Il se mettait en contemplation devant moi, ses yeux se remplissaient de larmes, et il allait les répandre dans une autre chambre. Il revenait, il se mettait à genoux auprès de moi, il caressait ma robe, je le regardais et il disait : Quoi! même pas cela! Le salon a pris parti pour lui ; j'ai été condamnée à recevoir ses caresses et à le baiser. La sentence m'a été portée par M. de Ghoiseul et exécutée en sa présence. Louis m'a dit que je lui remettais le cœur; de ce moment il a repris sa gaieté, sa santé, et M. de Ghoiseul est après moi ce qu'il aime le niieux, parce qu'il l'a remis en jouissance de tous ses droits. Ne voilàt-il pas de quoi faire un joli roman? Vous dites que cet enfant a une véritable passion pour moi, et que j'en ai un peu pour lui ; la marquise de Fleury va plus au fait. Elle dit qu'elle répond de moi jusqu'à Louis. Je vous fais mon compliment sur la passionnette que vous avez prise pour votre chien. Quoi qu'on aime, c'est toujours bien fait d'aimer. Cette passion de
chien me fait souvenir de vers que j'ai anciennement faits pour mon chien dans un accès de mélancolie.
Les voici :
J'aime mon chien, car il faut bien aimer, De sentiments on ne peut se passer;
Mais le fiel de T expérience Nous dit, hélas! que par prudence,
]I faut aimer son chien
De peur de n'aimer rien.
Si j'avais alors pensé à vous, ma chère enfant, je ne me serais pas crue réduite à aimer mon chien. Vous procurez tous les avantages du sentiment sans en laisser craindre les dangers.
LETTRE DLXXI
DU DUC DE GHOISEUL A MADAME DU DEPFAND
Chanteloup, ce S2 janvier 1774.
Vous croyez, ma chère petite-fille, que même par la poste je vous répondrai : Dieu vous bénisse ! Je sais l'usage que l'on fait de nos lettres par l'expérience la plus suivie, et je n'aime pas que l'on lise l'expression de mes sentiments quand on ne les partage point.
Je suis inquiet de l'état de madame de Beauvau. Je l'ai trouvé changée à l'excès, maigre, triste et souffrante habituellement. Je crains que le voyage n'ait produit ou plutôt avancé les accidents qu'elle éprouve, et j'ai peur, par tout ce qu'elle me dit, que son mal ne soit plus dangereux que l'on ne le pense. Je vous prie de ne faire part à personne, à personne, des inquiétudes que je vous montre à cet égard. Le prince voit toujours en beau et avec patience; il serait cruel de l'éclairer.
Madame de Choiseul, qui me donne aussi les inquiétudes les
plus sensibles, est mieux quant au moment; mais, ma chère petite-fiUe , votre grand' mère a plus de quatre-vingt-dix ans, et ce calcul est bien affligeant quand on Taime. Nous sommes assez tristes ici. Si nous pouvions vous voir, vous nous communiqueriez une partie de votre âme ; nous vous en serions si obligés que nous serions heureux.
LETTRE DLXXll
DE MADAME DU DBPFAND A LA DUCHESSE DE CHOISEUL
Ce lundi, 24 janvier 1774.
J'ai reçu hier votre lettre, chère grand'maman et celle du grand-papa sur les huit ou neuf heures du soir. J'envoyai à l'hôtel de La Rochefoucauld m'informer à quelle heure devait partir aujourd'hui M. de Liancourt. On me dit sur les quatre ou cinq heures; ainsi j'ai eu le temps d'écrire à la petite sainte pour lui demander si elle consentirait à prêter sa dormeuse à madame de Beauvau. Elle m'avait précédemment chargée de l'offrir à madame de Poix. Sa réponse est telle que je l'avais espéré ; elle sera fort aise que madame de Beauvau l'accepte. Je pourrais le mander directement à M. de Beauvau; mais comme il ne me marque point d'inquiétude sur l'état de madame sa femme, je craindrais de lui en faire naitre. C'est à vous, chère grand'maman , et au grand-papa à lui faire cette proposition .
Je suis charmée de la lettre du grand-papa, mais elle me fait sentir le malheur d'être décrépite. Je ne veux point appuyer sur cela; mais je le prie de croire, ainsi que vous, chère grand'maman, qu'il faut qu'il y ait des obstacles aussi insurmontables que ceux de mon âge, pour vivre séparée de vous et de lui.
Je suis pour madame de Fleury, je ne réponds plus de vous. Le petit Louis sera votre écueil, l'aimable enfant!
DE MADAME DU DEFFÂND. 7:i
LETTRE DLXXIII
DB MADAME DU DBFPAND A l'ABBÉ BARTHELEMY
Ce mercredi , 26 janvier l'7'74.
J'ai tort de vous faire des reproches, je ne vous en ferai plus. En conscience je ne dois pas vous en faire; je suis pour le moins aussi paresseuse que vous, mais voici mon excuse : ce que vous pouvez m' apprendre m'intéresse infiniment, et ce que je pourrais vous mander ne vous ferait rien du tout. Quand je âuis quelque temps sans avoir des nouvelles de la grand'maman, mon inquiétude est extrême. Il est certain que j'ai été quinze jours sans recevoir un mot de personne; toutes les lettres du 13 me sont arrivées le lendemain que je m'étais plsdnte à M. de Beauvau. L'état de madame sa femme me parait bien alarmant, elle devrait accepter l'oiTre que la petite sainte lai a faite de sa dormeuse. Cette petite sainte ne se porte pas mal. Il y a plusieurs jours que je ne l'ai vue. J'y passerai la soirée samedi prochain, j'espère, avec notre évêque d'Ârras, et je voudrais bien avec vous, mon abbé. Vous avez l'air de ne plus penser à nous revenir voir; savez-vous que les désirs abrègent beaucoup la vie? on use l'avenir d'avance sans que le présent en soit plus agréable. Cette pensée ne vous semblet-elle pas vraie ? N'est-elle point un extrait de M. du Bucq? Ah! je fis l'autre jour un souper avec lui chez les Necker, où je vous aurais fait honte et pitié. J'y fus absolument stupide. Il n'y eut point du tout de la faute de M. Necker; il n'est point bel esprit ni métaphysicien; il y fut presque aussi bête que moi. Il y a un petit bel esprit qui me fait l'honneur de me rechercher beaucoup; j'ai envoyé les vers qu'il a faits pour moi à M. de risie pour qu'il les montre à M. de Castellane; c'est le petit d'Albon. J'ai trouvé ces vers assez jolis. Je lui ai mandé que la seule critique qu'il y avait à y faire était de m'avoir
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choisie pour objet, mais que son excuse était qu'apparemment il ne connaissait pas d'autre aveugle que moi.
Nous n'avons ici de nouveau que l'histoire de M. de la Chalotais. Il y en a qui croient qu'il ne sera point transféré à Loches et que l'on se contentera de l'exiler dans des terres qu'il a en basse Bretagne.
L'on m'a dit des choses ineffables, mais elles ne sont pas de bons lieux : que M. d'Aiguillon avait fait dire à Mesdames que madame du B... ne serait pas à Versailles dans six mois, que le confesseur prendrait tout crédit, et l'on prétend qu'en conséquence on veut renvoyer celui-ci pour en placer un que l'on ne nomme pas, mais qui sera à la disposition du ministre ; je crois ces conjectures apocryphes.
L'ambassadeur de Naples ne sait plus que devenir en l'absence de la princesse, il s'est donné à madame Trudaine. Je le vois rarement. Je crois qu'il crèvera bientôt. Il est plein comme un œuf et tousse comme un renard, si tant est qu'un renard tousse. Wiart le dit, et moi je n'en sais rien.
Adieu, l'abbé, dites au grand-papa, à la grand'maman, que je les aime mille fois plus que moi-même. Ce n'est pas assez dire, car moi-même est moins que rien, je dis donc plus que toutes choses au monde.
LETTRE DLXXIV
Co dimanche, 30 janvier 1774.
Est-ce tout de bon que vous prétendez que vous n'avez pas reçu de réponse à la lettre que vous m'écrivîtes d'Ecosse, et où M. Hume avait écrit une page; j'ai répondu sur-le-champ à l'une et à l'autre; j'adressai ma lettre pour vous à Londres, et vous avez dû la recevoir à votre retour; et j'adressai celle à M. Hume à Edimbourg; pour celle-là je ne saurai jamais si
elle a été reçue; mais pour la vôtre, je vous croirais de la plus mauvaise foi si vous niiez que vous l'ayez trouvée chez vous à votre retour; je vous y marquais le plus vif intérêt sur vos discussions avec M. votre père; je vous remerciais de m'en avoir informée; et je vous priais de m'en mander le résultat; je vous faisais instances pour nous venir trouver immédiatement après la conclusion de vos afiaires; je me laissais aller à tous les épanchements de ma tendresse, et je vous laissais voir tout le contentement que j'avais du retour de la vôtre. Au bout d'un mois, ne recevant point de vos nouvelles, je m'informai si vous étiez revenu à Londres, et ayant appris que vous étiez toujours en Ecosse, je pris patience ; mais il y a plus de deux mois que vous en êtes revenu ; je le sais par M. Walpole qui m'a dit que vous vous plaigniez de moi. Quittez ce manège, mon petit Craufurt, je suis prête à vous pardonner tous vos torts; le goût que j'ai pour vous vous répond de mon indulgence. Venez me trouver, et que je puisse encore une fois en ma vie voir quelqu'un que j'aime. Nous aurons bien des matières de conversation ; et je me flatte que le temps que vous me donnerez ne vous paraîtra point ennuyeux. Il faut venir ce printemps, si vous voulez trouver M. Francis , car Tété il ira en Bourgogne.
Mandez-moi avec vérité quelles sont vos résolutions, et ne me donnez point de fausses espérances. Je ne me flatte plus de revoir jamais M. Walpole.
Je ne vois pas madame de RoncberoUes aussi souvent que je le voudrais; elle a bien des occupations; elle soupera mercredi chez moi, avec son petit docteur, M. Francis; nous parlerons certainement beaucoup de vous.
Je ne vous parle point de nos nouvelles; qu'est-ce que cela vous fait que M. de Monteynard soit renvoyé? vous ne devez pas vous en soucier plus que moi, à qui cela ne fait rien du tout.
Mon Dieu! que je serais aise de vous revoir! Venez, venez,
mon petit Graufurt, donnez-moi cette preuve de bon cœur; songez que ce sera peut être pour la dernière fois.
LETTRE DLXXV
DE MADAME DU DEPFAND A l'ABBÉ BARTHELEMY
Ce mercredi , 2 féyrier 1774.
Il semble que tout commerce soit interrompu. Je ne suis plus avertie d'aucun départ. La dernière lettre que je vous ai écrite et qui naturellement aurait dû croiser votre dernière, fut portée chez votre suisse comme celle-ci le sera, pour partir à la première occasion. J'ignore si vous avez reçu cette lettre. Je serais fâchée qu elle ne vous eût point été rendue. J'y parlais très-librement. Je ne me souviens pas positivement de sa date; mais c'est sûrement depuis celle que j'ai écrite à M. de Tlsle et à laquelle il m'a fait une charmante réponse; mettons-nous en règle, je vous en supplie, et accusons la réception de nos lettres. Je réponds aujourd'hui à celle où vous racontez votre grand rêve, qui a beaucoup de rapport avec la parabole des vierges sages et des vierges folles; ce ne sera point ma faute si l'huile manque à votre lampe. Mon amitié pour vous (dont l'huile est le symbole) ne tarira jamais.
Dites à M. de l'Isle, je vous prie, que je trouve ses vers charmants, mais que je me garderai bien de les montrer à M. d'Albon. Ils lui tourneraient la tête. Il n'a que trop de penchant à devenir poëte et auteur; et quoique je ne sois pas chargée de son éducation, je ne veux pas contribuer à augmenter le goût qu'il a pour écrire, tant en vers qu'en prose ; sa grand'mère m'a priée de l'en détourner; et il serait en effet fort ridicule qu'à son âge il se fit imprimer. Sa tête n'est pas encore bien mûre ; il n'a pas vingt ans. D'ailleurs, je n'ai pas de goût pour le bel esprit.
Je trouve les couplets des Rois extrêmement jolis, comme
tout ce que fait M. de Tlsle. Je voudrais faire un marclié avec lai : qu'il m'écrivit deux fois contre moi une. Gela est juste, il est riche, il est abondant, et moi je n'ai que le denier de la veuve. Parlons de la grand'maman. Elle est encore moins riche en fait de santé ; cependant, tous les arrivants de Chanteloup prétendent qu'elle se porte mieux ; et comme vous me le dites aussi, je me laisse aller à le croire. Je suis ravie qu'elle aime madame de Goigny et qu'elle en soit passionnément aimée. L'amitié seule peut faire supporter la vie. Je sais par expérience ce que c'est que d'être environnée de gens indifférents.
Je n'ai vu la princesse qu'une fois, ce fut le lendemain de son arrivée. Elle devait souper chez moi hier. Elle s'envoya excuser parce qu'elle souffrait davantage et qu'elle s'allait mettre dans le bain. Madame d'Enville, qui devait aussi passer la soirée chez moi, m'envoya pareillement faire ses excuses par H. et madame de Chabots Elle avait une fluxion sur les yeux. Os s'en retournèrent lui tenir compagnie parce qu'elle était seule, et ils emmenèrent avec eux l'ambassadeur de Naples. Ah I mon abbé, ne soyez point affolé de cet ambassadeur. Laissez aux gens de village les trompettes de bois. Dites et redites avec la grand'maman, qu'il y a bien peu de gens aimables et que même les supportables sont encore rares.
Il est plaisant de tant bavarder sans vous parler des grands événements; mais que vous en dirais-je? tout ce que vous en pensez. Je suis ravie que ce méchant imbécile soit chassé * ; que les intrigues du prince l'aient couvert d'ignominie et soient déconcertées; mais par quel agent tout cela est-il arrivé? toutes ces choses sont si loin de moi que je ne peux y prendre part que par rapport à ceux que j'aime, et il me semble qu'ils ne sont plus que spectateurs et qu'ils doivent avoir du plaisir à siffler la pièce.