Qui fut la mère du comte do Mansficid
que moi qui sois dans l'impossibilité de vous y aller trouver. Mais à quoi bon se plaindre des malheurs où il n'y a point de remède? il faut travailler de bonne foi à ne se rendre rien nécessaire, c'est la vraie philosophie; surtout il ne faut pas se permettre de confier ses peines ; rien n'est si faux que cette maxime :
A confier ses maux souvent on les soulage/.
Cela n'est pas vrai, chère grand'maraan, j'ai passé ma vie à en faire l'épreuve. Quelle folie de chercher de la sensibilité dans les autres! Pourquoi la désirer? Quel bien nous pourraitelle faire? Oh ! non ; ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de parvenir, si l'on peut, à n'en avoir pas pour soi-même, à ne pas s'écouter, à se moquer de soi quand on se surprend à faire dépendre son bonheur de la conduite et des sentiments des autres; il ne faut pas non plus se livrer trop à la joie, quand on a sujet d'être content. Enfin, moi qui n'aime pas saint Paul, je trouve pourtant qu'il a raison quand il dit : « Vivez dans le monde comme n'y étant point. »
Si l'on avait la certitude de ne vivre qu'un mois, un an, dix ans même, s'intéresserait-on à beaucoup de choses? Je suis bien sûre que non. Quelle réflexion pour moi! Mais, ma grand*maman, je ne sais pourquoi je me suis permis ce verbiage, et comment je me suis laissée aller à l'enfiler. C'est M. du Bucq qui en est peut-être cause ; une lettre qui passe par ses mains doit se ressentir — je ne sais pas de quoi; — trouvez, chère grand'maman, le terme qui convient.
Ah! mon Dieu, que je suis honteuse de tout ce que je viens d'écrire ! il vaudrait bien mieux vous parler de nouvelles, de remue-ménage qu'on nous annonce ; mais M. du Bucq vous dira