I. Cette réponse ne s'est pas retrouvée
A Fontainebleau , ce 21 1763.
Voilà assurément, ma chère enfant, la chose du monde la plus extraordinaire. Je ne vous ai pas écrit parce que je voulais avoir quelque chose à vous apprendre, et j'étais bien éloignée de soupçonner que ce serait vous qui me donneriez des nouvelles. Enfin, quoique vous n'ayez pas entendu parler de moi, il est bien certain que je n'en étais pas moins occupée de vous. M. de Choiseul, avec qui j'en parlais incessamment , m'avait dit, il y a quelques jours, que votre affaire était en bon train, et qu'il comptait qu'elle allait bientôt finir. Je l'avais bien prié de m' avertir du moment; mais, impatientée de ne rien apprendre, j'avais imaginé de faire parler à la reine par M. de La Lannes1. Voilà ma première intrigue de cour, et vous allez voir comment elle m'a réussi. La reine a eu de l'indigestion et de la colique pendant trois jours , La Lannes n'a pas trouvé le moment de placer mon mot. Je ne sais comment elle était hier, je l'ai vue à la comédie. Je ne suis plus malade, et La Lannes n'est pas venu ce matin chez moi; mais j'ai reçu votre lettre et je suis tombée des nues. Je l'ai montrée à M. de Choiseul, qui est fait pour tomber de plus haut que moi ; il a écrit tout de suite à madame de Luxembourg, pour savoir ce qui en était, et elle nous a donné la confirmation de votre bonne nouvelle : c'est deux mille écus, et la chose n'a été faite que ce matin; on vous en avait donné r avant-goût. Il n'est pas besoin de vous dire la joie où nous sommes. M. de Choiseul doit vous écrire pour vous faire son compliment, et moi j'ai la tête tournée. Vous voyez, ma chère petite-fille, que je suis une grand' -