Madame du Barry
vendredi avec lui et le petit dévot à Châtillon, chez les Trudaine. J'espérais hier voir le petit oncle, il ne vint point. J'espère qu'il n'en sera pas de même aujourd'hui. On tendra demain ce lit qui vous a tant fait rire, on ôtera mon tapis et les doubles châssis, et j'irai dîner chez le président, avec mon baron danois, votre peintre suédois, Tourville, etc.
Vous voyez, chère grand' maman, quelle est ma disette; mais comme rien ne peut vous remplacer, tout m'est égal en votre absence.
DE MADAME DU DEFFAND A LA DUCHESSE DR CH01SEUL
Ce vendredi, 3 mai 1769.
Que vous êtes bonne, chère grand' maman! vous aimez une petite-fille qui n'est guère aimable. S'il vous était possible de me voir en votre absence, vous me trouveriez la plus sotte et la plus ennuyeuse créature. Je ne sais point être orpheline, tout le monde me déplaît, jusqu'au baron; nous nous grondons, nous nous ergotons, il me débite ses sophismes, je les combats par des lieux communs. J'ai des vapeurs, des noirceurs, de l'humeur. Oh ! je ne suis rien sans vous.
Je. vis avant-hier le petit oncle : il vous ira trouver la semaine prochaine.
Je fus hier à Ruel1. Le maréchal de Richelieu y parut un moment en passant pour aller à Marly.
* Je vais ce soir à Châtillon chez les Trudaine. On a beau changer de place, de compagnie, quand on n'a pas ce qu'on aime, tout fatigue, tout ennuie. Que l'abbé est heureux !
Ne m'oubliez pas. Deux mois et demi d'absence me paraissent un siècle; je ne sens que le besoin de vous voir, ce senti-