La maréchale de Luxembourg
qui est entre madame de Grammont et moi; je suis persuadée comme vous qu'elle durera autant que notre situation ne changera pas; mais je ne répondrais pas de ce qui arriverait si elle changeait. Cela soit dit entre nous. Je suis bien aise de me rencontrer aussi souvent de votre avis; je le suis grandement sur ce que vous pensez du monde en général , et en particulier des personnages dont vous me parlez. Vous savez combien les dominations pèsent à ma faiblesse; celle-ci pourtant parait la ménager. Je lui en suis obligée et je dois être contente d'elle.
J'ai vu aussi avec plaisir que vous n'étiez pas plus contente que moi du conte de Voltaire ; notre Dégoûtée n'est assurément pas de bon ton. Comme il le dit lui-même, ses lendemains ne valent pas ceux qu'il chantait autrefois; et cette faible imitation est cependant ce que j'aime encore le mieux de sa pièce; telle qu'elle est, je vous suis pourtant fort obligée de me l'avoir envoyée. Je la connaissais, mais je ne l'avais point en ma possession.
Si le chancelier, comme on le dit , est renvoyé , ne croyezvous pas que Voltaire sera bien piqué d'avoir fait les Lois de Minos en son honneur? Il devrait se désabuser de chanter les ministres, ils ne durent pas assez pour qu'il puisse être payé de ses chansons. A propos de lui, vous ai-je mandé que la maréchale m'a apporté son portrait en girouette de par fil âge, et à madame de Grammont celui de l'abbé de Voisenon pareillement? Chaque girouette avait son couplet; mais on ne me les a chantés qu'une fois , parce que l'on ne voulait pas que je les retinsse; et en effet, je ne les ai pas retenus. Vous n'aviez pas besoin , ma chère petite-fille , de me recommander de ne pas montrer votre dernière lettre au grand-papa; il y avait mille choses qui n'étaient pas bonnes pour lui, et j'étais biçn incapable d'une pareille imprudence; mais je lui ai fait vos compliments, qui, je vous assure, ont été bien reçus et parfaitement rendus. Je les ai faits ensuite à la société, danslapro-
portion convenable à chaque personnage; et je vous assure que le marquis en méritait sa bonne part.
Adieu , chère petite-fille , parce que le jour et mon papier finissent; mais mes sentiments pour vous ne finiront jamais.
LETTRE CCCXLVIII
DE MADAME DU DEPPAND A LA DUCHESSE DE CHOISEUL
Ce dimanche , 10 mai 1778.
L'abbé part demain, chère grand'maman; je ne me permets pas d'en être fâchée , je sens trop combien il vous est nécessaire. Si j'avais le pouvoir de le retenir, je ne le retiendrais pas ; recevez donc le sacrifice que je vous en fais, comme s'il était absolument volontaire , et soyez , dans cette occasion, semblable à Dieu, qui nous sait gré de notre soumission à ce que nous ne pouvons pas empêcher.
Il vous rendra compte de mes pensées, sentiments et actions ; il a lu dans mon âme à livre ouvert. Vous saurez par lui si je suis affligée d'abandonner le projet de vous aller trouver, et si rien me dédommage de vous, et si j'apprécie comme je dois tout ce qui m'environne. Je le verrai cette aprèsdlnée. Je lui donnerai une lettre de Voltaire pour vous et une très-grande lettre pour moi , que je reçus hier en rentrant chez moi : à peine l'ai-je lue. Vous me la renverrez par la première occasion. Si vous ne lui faites pas réponse, prenez la peine de me dicter ce que vous voulez que j'écrive de votre part. Je trouve que vous êtes un peu trop rigoureuse , et ses torts ne me paraissent pas aussi graves que vous vous le persuadez.
J'appris hier, en quittant l'abbé, ce qui s'était passé à l'Académie1. J'avoue que j'en fus bien aise; c'est une petite
1. Le roi refusa d'approuver les deux élections : l'abbé Dclille à la place de M. Bignon, et Suard à la place de Duclos. M. de Beauvau, protecteur de Suard, avait fait au roi des représentations inutiles. L'exclusion fut maintenue, pour le
mortification pour la dominante : ce sont tous ses sujets que ces gens-là.
Les Alléluia sont un canevas aisé à remplir; ce doit être, comme le parfilage , l'ouvrage de tout le monde.
Je vais rester bien seule , chère grand'maman ; toutes mes connaissances se dispersent. Je crains les vapeurs que l'ennui produit infailliblement , mais je me fais une loi de n'en point parler. Songez, chère grand'maman, au plaisir que j'aurais de vous aller trouver dans ce moment-ci ; il ne manquerait aucune circonstance à mon bonheur. Mais le bonheur n'est pas fait pour moi, il ne faut pas y prétendre, il ne faut pas y penser.
Adieu, chère grand'maman.
J'ai prié l'abbé de m'envoyer un fromage par l'occasion la plus diligente , c'est-à-dire par la personne qui voyagera le plus vite. Ce temps-ci est favorable.
A 3 heures après midi.
Vous jugerez bien qu'hier au soir je n'avais fait que parcourir les lettres de Voltaire. C'est celle de sa propre écriture qu'il voulait que je vous envoyasse , et j'ai cru qu'il y en avait w qui était directement à vous, et c'est ce qui m'a fait vous dire : 5/ vous ne lui faites pas réponse. Je m'aperçois de ma méprise * ; je vous envoie toutes les deux , qui sont toutes deux pour moi.
moment du moins , car l'abbé Delille et Suard furent renommés et reçus un peu Plus tard.
I. M. Beuchot a commis la même méprise que madame du Defland. En rapportant la lettre de Voltaire, du A mai , il met en note que le billet qui y était ]nclus pour la duebesse de Choiscul , manque. Ce billet n'est autre que la lettre <k Voltaire à madame du DefTand , que M. Beuchot a placée à la date du 12 mai Su^ant, et qui accompagnait celle du 4 et était de la môme date.
LETTRE CCCXLIX .
A Chanteloap , ce SO juin 1T7S.
Ah ! ma chère petite-fille, que j'avais le cœur serré hier en vous quittant! M. de Ghoiseul voulait me persuader, sans doute pour adoucir mes regrets, que vous ne les partagiez pas; mais je ne l'ai pas cru. Il ne le disait pas lui-même d'un ton qui pût vous déplaire, qui marquât le moindre doute de vos sentiments. Que ma toilette a été solitaire ! Je n'ai plus retrouvé votre tonneau , et le salon m'a paru démeublé. Au souper, je n'avais plus personne à soigner; après le souper il n'y avait plus de point de ralliement. J'ai joué sans intérêt. Je me suis couchée tristement; je me suis levée plus tristement encore. Hier au soir j'avais fait avec l'abbé la partie de vous aller voir à Blois avant que vous ne vous remissiez en route; mais on m'a dit qu'il faudrait être parti à neuf heures du matin , et que je ne vous trouverais peut-être plus quand j'y arriverais. J'ai renoncé à mon projet avec un regret extrême. J'espère au moins que monseigneur l'évêque d'Arras nous donnera de vos nouvelles d'Orléans, comme il nous l'a promis. Si vous aviez voulu attendre que madame de Brionne fût partie, je vous aurais accompagnée jusque-là; c'aurait été charmant. Dites mille choses pour moi à l'évêque. Je n'oublierai jamais l'obligation que je lui ai de vous avoir amenée. Vous savez combien je l'aimais avant : jugez de ce que ce bienfait a dû ajouter à mes sentiments pour lui.
Tout ce qui est ici vous regrette et veut que je vous le dise, et être nommé chacun particulièrement. Je ne vous parlerai
1. Madame du Deffand était partie le 15 mai pour Chanteloup , où elle resta jusqu'au vendredi 10 juin. Elle arriva à Paris le 22.
DE MADAME DU DEFFAND. m
que du grand-papa et de l'abbé; je me flatte que ce sont eux qui vous intéressent le plus, comme ceux qui vous aiment le mieux. Le marquis mérite cependant bien que je vous le nomme , et ce serait manquer à madame de Grammont que ne la nommer pas. Mais puis-je parler des autres quand j'aurais tant à dire pour moi !
LETTRE CCCL
DE L'ABBÉ BARTHELEMY A MADAME DU DEFFAND
21 juin 1TR.
Nous ne pouvons nous accoutumer à votre départ. Vous nous aviez habitués à un genre de vie très-agréable. Je n'ai pas osé, dans les derniers jours, insister sur les suites de cette séparation. Votre parti était pris, et mes représentations n'auraient servi qu'à augmenter vos regrets et les nôtres. Vous vous êtes attendrie en montant dans la voiture. La grand'maman est rentrée l'âme remplie d'une douleur que j'ai partagée. Le grand-papa a éprouvé un véritable chagrin , et tout le monde, sans exception, regrette les agréments que vous mettiez dans la société. La grand'maman vous écrivit hier. Elle a donné sa lettre à M. le duc de Noailles, qui vous trouvera peut-être à Étampes. Celle-ci vous parviendra sans doute le lendemain de votre arrivée. Nous attendons de vos nouvelles avec une impatience extrême. Monseigneur l'évêque d'Arras a promis de nous écrire d'Orléans. Vous nous écrirez sans doute dès que vous serez à Paris. Songez quelle doit être notre inquiétude sur un si long voyage ! Nous nous rassurons sur l'état de votre santé ; mais enfin on ne sera tranquille que lorsqu'on vous saura établie dans votre tonneau. Je ne vous parlerai pas de la reconnaissance que vous avez inspirée, on ne tarit point sur cet article. Recevez des compliments de tout le monde. Recevez en particulier ceux de M. de Castellane. Recevez les miens, et
soyez persuadée qu'ils sont dictés par rattachement le plus tendre et le plus inviolable. Je devrais ajouter le plus respectueux ; mais dans ce moment-ci je suis plus occupé de ce que je sens que de ce que je vous dois.
LETTRE CCCLI
DU MADAME DU DEFFAND A LA DUCHESSE DE CHOISEUL
Ce mardi , 83 juin 1778.
Non , non, chère grand'maman , je ne vous parlerai pas de mes regrets ni de ma reconnaissance. Je ne trouverais pas d'expression qui pût me satisfaire. Demandez à l'abbé s'il est content de mes sentiments pour vous ; il est juge. Je voudrais qu'il voulût bien se charger de toutes mes commissions. Primo : De dire au grand-papa que je l'aimais depuis que je le connaissais, mais que depuis Chanteloup, je le révère, je l'adore. Il est, sans le savoir, le plus grand philosophe qui ait jamais été. Il est aussi sage qu'il est aimable, aussi indulgent que bon connaisseur, aussi simple qu'il est grand. Enfin, il est parfait sans prétendre à l'être1!...
Secundo : A madame la duchesse de Grammont, que je suis infiniment touchée de toutes les marques de bonté qu'elle m'a
1. Ces éloges étaient sincères. On le voit par la lettre du 16 juin de madame du Deffand à Walpole : « En vérité, il faut les voir ici ( le duc et la duchesse de Choiseul) pour connaître parfaitement tout ce qu'ils valent; je dis l'un et l'autre, car le mari est aussi excellent dans son genre qu'elle l'est dans le sien... Elle n'a que des vertus , pas une faiblesse, pas un défaut;... lui s'amuse de tout; on ne peut être plus aimable, plus doux, plus facile... Il a trouvé en lui tous les goûts qui pouvaient remplacer les occupations ; il semble qu'il n'ait jamais fait d'autre étude que de faire valoir sa terre. Il bâtit des fermes , il défriche des terrains; il achète des troupeaux dans cette saison, pour les revendre au commencement de l'hiver, quand ils auront engraissé les terres et qu'il aura vendu leur laine. Je suis intimement convaincue qu'il ne regrette rien et qu'il est parfaitement heureux. Je suis ravie d'en avoir jugé par moi-même; je n'aurais pas cru tout ce qu'on m'en aurait dit... » 11 est difficile de comprendre pourquoi M. Walpole témoigna tant d'humeur de ce voyage de madame du Deffand à Chanteloup, et le lui reprocha avec tant d'amertume.
données. Mon plus grand désir est d'en obtenir la continuation. Pourquoi ne présenterait-il pas mes hommages à madame la comtesse de Brionne? Pourquoi ne dirait-il pas à madame la comtesse de Tessé que je l'ai trouvée charmante, et que je me reproche de ne lui pas avoir laissé voir combien je désirais lui plaire? Et à M. le marquis de Castellane? II faut lui dire tout ce qui peut augmenter la disposition que je me suis flattée qu'il avait à m* aimer un peu, et entretenir M. Dubucq1 dans sa bonne intention sur les manuscrits.
Venons à mon voyage. Il s'est passé à merveille. Je suis arrivée hier à cinq heures du soir, nullement fatiguée ; mais je n'ai pas fermé l'œil de la nuit. J'aurai bientôt perdu toute la beauté que j'avais à Ghanteloup; le contentement, le plaisir sont un excellent fard pour toutes sortes d'âges.
Je n'ai vu personne hier qui m'ait pu dire des nouvelles. J'exécuterai aujourd'hui vos commissions; mais dans ce moment-ci il faut que je tâche de dormir. J'écrirai à l'abbé dans quelques jours, et jamais au grand-papa, par une respectueuse discrétion.
LETTRE CCCLII
DE MADAME DU DEFFAND A LABBK BARTIIKI.KMY
Paris, ce 23 juin 17T2.
Mon Dieu, l'abbé, quelle étourderie! j'ai écrit ce matin à la grand* maman par le domestique, qui ne m'avait point suivie. Il a été tout de suite faire des commissions et aura sans doute porté ma lettre à la poste. Je l'ai fait chercher, on ne le trouve point. J'ai oublié de rendre compte de la commission des robes à Arpajon; la reconnaissance du père était tendre et sé-
1. II avait été premier commis de la marine pendant le ministère du duc de Choiseal , et passait pour un homme de beaucoup d'esprit.
rieuse; celle de la mère exprimée plus vivement, celle des filles par des transports de joie. Le pauvre père disait d'une voix basse: « Je les aimerai toute ma vie; » et la mère et lui répétaient : « Toute ma vie;» et chacune des filles disait en chorus : « Oui , oui , toute ma vie. » Et moi dans ce moment je dis : « Veillerai-je toute ma vie? » Et pour voir ce qui en sera, je vous quitte pour essayer de dormir.
LETTRE CCCLIII
DE MADAME DU DEFFAND A l'aBBÉ BARTHELEMY
Paris, ce 24 juin 1TT2.
Ah! mon cher abbé, quelle différence du tonneau de Chanteloup à celui de Saint-Joseph ! d'avoir à côté de moi la grand' maman ou une madame de Saint-Sauveur, qui me quitte dans l'instant et qui m'a si fort engourdie que je n'ai plus la moindre petite pensée ! Mais on m'annonce madame de Luxembourg.
Ce jeudi 25.
Je n'ai pu reprendre ma lettre plus tôt. La maréchale venait d'arriver de Villers-Coterets. Elle y retournera dans peu de jours, parce qu'elle n'a pas encore la maladie de la vieillesse qui fait sentir que, quelque agrément qu'on puisse trouver chez les autres, le propre domicile devient nécessaire. C'est cette fâcheuse maladie qui m'a arrachée de Chanteloup, c'est-à-dire au plaisir, au bonheur, pour venir m'ennuyer , , m'attrister, perdre ma beauté et peut-être ma santé. Jamais je n'ai tant aimé la grand' maman; jamais je n'ai été aussi heureuse qu'à Chanteloup! « Kh bien! pourquoi l'avoir quitté? Ne vous a-t-on pas assez pressée de rester? Trouvez-vous que l'on ne vous ait pas assez fêtée? Que pouvait-on faire de plus? Vous a-t-on fait sentir que vous étiez vieille, ennuyeuse? N'avez- vous pas
reçu de tout le monde des soins et des attentions infinis ? Trouvez-vous dans vos meilleurs amis de Paris la centième partie des agréments que vous aviez ici?... » Non, monsieur l'abbé! j'ai quitté l'âge d'or pour l'âge de fer. Il faudrait que je n'eusse pas de cœur et point d'amour-propre pour m'y méprendre. Mais ces soins, ces attentions, ces bontés dont on m'a comblée, loin de me tourner la tète et de me rendre contente de moi-même , m'ont fait sentir combien il fallait me rassurer pour m'empécber de me trouver déplacée au milieu de tant de personnes aimables, à qui j'étais si éloignée de ressembler. J'ai eu en moi ce sentiment confus dont le contentement que j'avais me distrayait, et que l'ennui présent me fait démêler. Voilà le compte exact de ce qui se passe en moi. Revenons à la maréchale.
Elle aurait assez la propension à retourner à Chanteloup. On y mène une vie si douce, on y est si bien accueillie, si bien traitée! Mais il faut craindre de se rendre importune!... « Oh ! madame, vous ne sauriez l'être, vous ne sauriez douter qu'on ne vous trouve telle que vous êtes, agréable, charmante!... — Oh ! point du tout; et puis on va avoir beaucoup de monde... — Cela est vrai, madame, on en attend beaucoup, et le temps que vous avez choisi pour y retourner, qui est le mois d'octobre , est celui où il y en aura le moins. » Et puis il à été question des couplets sur le pigeon. Elle les avait tous vus, et celui qu'elle préfère est celui du marquis de Boufilers. Elle pourra bien souper ce soir chez moi avec madame de Beauvau et l'archevêque de Toulouse. J'ai demandé à celui-ci ses harangues pour vous les enyoyer. Je compte qu'il me les apportera ce soir.
Il y a des nouveautés de Voltaire que je n'ai point encore vues. Quand je les aurai, voulez-vous que je vous les envoie ? 11 me semble que l'on ne s'en soucie guère. Je soupai hier chez madame de La Vallière , entre madame de Berthelot et elle , elle ne se porte pas très-bien et j'ai trouvé sa surdité considé-
rablement augmentée. C'est un grand malheur et qui me la rend très- intéressante. Silva1 disait qu'il n'y avait que les pauvres qui faisaient l'aumône. Il n'aurait pas dit cela s'il m'avait vue à Cbanteloup ! Mais , en général , cela est vrai : il n'y a que ceux qui éprouvent le malheur qui sentent celui des autres, qui les plaignent et les soulagent.
Je n'ai pas appris la plus petite nouvelle, mais j'ai vu madame Poirier. Je lui ai rendu le plus pathétiquement que j'ai pu tous les sentiments fiu grand-papa, de la grand* maman et de madame de Grammont. J'ai cru qu'elle me dévorerait les bras et les mains. Elle aurait fait un mauvais repas ! Elle les a baisés cent fois en fondant en larmes , et m'en a presque fait verser en me racontant la visite qu'elle a eue de M. de Lauzun le jour de Noël*, qui venait chercher un coffre pour madame de Grammont. Réellement cette femme a le cœur excellent. Elle fera raccommoder la théière de la grand'maman : on l'attendra pour emballer tout le reste avec.
La table à thé n'est point faite et ne se fera point , selon l'ordre que j'en ai donné. Voilà, ce me semble, tout ce que j'ai à vous dire.
Votre lettre et celle de la grand'maman, que je reçus mardi matin , me firent le plus grand plaisir. Mon cher abbé, accordez-moi la grâce de parler quelquefois de moi à la grand'maman, et de lui dire ce que vous me dites quelquefois, que je sais bien aimer. Ah ! cela est vrai ! mais pour que cette faculté soit heureuse , il faut l'employer pour