‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. CraufurtChapitre 47 sur 108 · Lors de l'exil de M. de Choiseul · texte numérisé non relu

Lors de l'exil de M. de Choiseul

vous, pour la grand' maman et pour le grand -papa. Pour tout autre elle ne causerait que du chagrin et du repentir l.

Je suis un peu fâchée contre le grand-papa : il dit à la grand' maman que je ne partage point les regrets de notre séparation. Quelle cruelle injustice! Je veux croire que ce n'était qu'une plaisanterie ; mais était-elle bien placée dans un moment si douloureux pour moi? Cependant je lui pardonne; je l'aime si tendrement que je ne puis me fâcher contre lui.

f Faites mes très-humbles compliments à madame de Grammont ; j'aurai le plaisir, ce soir, de beaucoup parler d'elle , de raconter toutes ses bontés pour moi , et d'en laisser prendre à madame de Beauvau toute la part qui lui est due.

Adieu, mon cher abbé; à vos heures de loisir pensez à moi, et me mettez au fait de tout ce qui se passe à Chanteloup, pour que j'en sois le moins séparée qu'il sera possible.

LETTRE CCCLIV

A Chanteloup , ce 23 juin 1772.

Pourquoi voulez-vous, ma chère petite-fille, que j'interroge l'abbé pour apprécier vos sentiments pour moi? j'ai un meilleur juge que lui; c'est mon cœur qui les sent et qui vous les rend. Je crois que vous me regrettez. Mais pourquoi avez-vous préparé vos regrets et excité les miens? Vous allez vous ennuyer à Paris; vous ne vous seriez peut-être pas ennuyée ici; mais vous aviez chaque jour et à toute heure le plaisir de vous voir aimer.

J'ai lu au grand-papa l'article de votre lettre qui était pour lui; il en a été bien touché et bien flatté ; il n'y trouve à redire que le parti que vous avez pris de ne lui point écrire. Il me

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