‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. CraufurtChapitre 73 sur 108 · Etle aurait perdu son pari · texte numérisé non relu

Etle aurait perdu son pari

2. Elle écrivait cinq jours avant à M. Walpole : « Excepté son mari , soyez sûr qu'elle n'aime rien... »

LETTRE CCCCXLIV

DE MADAME DU DEFFAND A LA DUCHESSE DE CHOISEUL

Ce mercredi , 3 janvier 1773.

Je fis hier mes adieux au prince et à la princesse. Après jue vous les aurez embrassés, que vous leur aurez marqué jotre joie excessive de les voir, quand cette joie sera calmée, rous lirez paisiblement la lettre de votre petite-fille. Je ne la •emplirai pas de nouvelles, chère grand'maman ; qu'est-ce que je pourrais vous apprendre de plus que ce que vous apprenirez par ceux qui sont dans la bouteille ? Ils vous conteront mille faits et gestes de madame de Mazarin, mille tracas que j'ignore ou que j'oublie l'instant d'après qu'on les a contés, et qui ne m'intéressent pas plus que ce qui se passe à la Chine. C'est ce qui se passe et ce qui se passera à Chanteloup qui excite ma curiosité, qui n'a d'autre source que l'intérêt que donne la plus tendre amitié.

Les petits Choiseul me rendirent visite hier. Je ne sais pas comment vous les trouvez, pour moi ils me plaisent, je leur trouve de l'esprit et l'esprit de leur âge.

Le prince vous porte une lettre ou un discours de Voltaire (ju on lut hier chez moi, que l'ambassadeur de Naples avait apporté et qu'il annonça comme le plus agréable écrit sorti de la plume de Voltaire ; il me parut à moi le plus long, le plus Froid et le plus ennuyeux. Mais cet homme est fou de la philosophie et surtout des philosophes, l'admirateur enthousiaste des d'Alembert, des Saint-Lambert, des Marmontel, etc., etc., mais plus que tout cela le plus fervent adorateur de la Palatine '. C'est un bonhomme qui réunit en sa personne toute la comédie italienne.

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