‹ Correspondance complète de mme Du Deffand avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélemy et m. CraufurtChapitre 95 sur 108 · La maréchale de Mircpoix · texte numérisé non relu

La maréchale de Mircpoix

de grandes précautions pour cela, et je n'en omettrai aucune, s'il est nécessaire.

Avez-vous encore M. de Stainville?

Nous avons ici une milady Spencer qui fait les délices de tous ceux qui la connaissent; tout le monde se la dispute. Elle est réellement fort aimable, et sa fille, qui a quinze ans, a la plus belle figure du monde1.

Madame Greville, qui loge chez moi, attend ces jours-ci sa fille, qui passe pour être la plus grande beauté d'Angleterre. Nous verrons à laquelle des deux on donnera la préférence. Laissez partir madame la maréchale, qu'elle vienne être juge. J'ai beaucoup d'impatience de la revoir, pardonnez-moi mon peu de délicatesse, chère grand'maman, je ne devrais pas désirer ce qui vous causera de la peine.

LETTRE CCCCLXXXV1

f>E LA DUCHESSE DE CH01SEUL A MADAME DU DEFFAND

A Chanteloup, ce 18 mai 1773.

L'abbé a eu aujourd'hui, ma chère petite-fille, son quinzième accès ; il a avancé de quatre heures comme les premiers, tandis que les derniers n'avaient avancé que de trois; la fièvre a même été un peu plus forte aujourd'hui, c'est-à-dire que la transpiration a été plus considérable, car d'ailleurs il n'en a pas plus souffert que les autres jours; le frisson n'a pas été plus fort ni l'accès plus long: on se détermine enfin à lui faire prendre du quinquina purgatif, et j'en suis fort aise; il paraît que l'on a pris aussi le même parti pour M. de Beauvau, ce que je crois très-bien fait.

L'abbé vous a mandé hier que j'étais aussi un peu malade, et comme vous auriez la bonté de vous en inquiéter, je vous

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