Madame du Forcalquier et madame de Bourbon-Busset
îl est fort question de M. l'évêque de Saint-Omer pour celui de la princesse, mais je ne crois pas qu'il l'accepte.
Je vous écrirai par la première occasion. Aujourd'hui c'est par la poste, je vous donne le bonjour, je vais tâcher de me rendormir.
Comme on allait fermer ma lettre, on me donne celle de la grand'maman du 18. Je suis ravie qu'elle n'ait plus de fièvre et tousse moins, mais il faut que vous me confirmiez ces bonnes nouvelles; je prévois que vous serez bientôt guéri, et c'est une grande bêtise à votre docteur d'avoir tant différé à vous donner le quinquina; dites mille choses à la petite sainte.
LETTRE CCCGLXXXVII1
A Chanteloup, ce 22 mai 1773.
Le second accès a manqué cette nuit à l'abbé, ma chère petite-fille, la fièvre a cédé à la première prise de quinquina, et j'ai voulu attendre qu'elle eût manqué deux fois pour être en état de vous annoncer avec certitude qu'enfin elle était finie, mais il en est resté à l'abbé une faiblesse horrible et un vernis citron sur le visage qui dépare un peu la beauté de son teint; il paraît que la fièvre de M. de Beauvau a eu le même sort que celle de l'abbé, qu'elle a pareillement cédé au quinquina, et qu'il en reste aussi pareillement faible. On regarde cette faiblesse chez l'abbé comme chez M. de Beauvau, comme une assurance contre le retour de la fièvre ; il est vrai qu'il a été terriblement secoué par son quinquina; je ne sais si M. de Beauvau Ta été autant; celui de l'abbé était purgatif, et on lui en faisait prendre trois grands verres le matin, il n'en a pris qu'un aujourd'hui.
Quant à moi, ma chère petite-fille, vous auriez tort d'avoir de l'inquiétude, la petite fièvre que j'ai eue n'a servi qu'à accé-