H ERMITE A STIELTJES
Paris, i4 novembre 1888.
Mon cher ami,
La circonstance que vous avez été prévenu par M. Lcrch, et que vos résultats se trouvent dans son Mémoire sur la fonction K((Vj X, s), ne peut en quoi que ce soit changer mon sentiment suite mérite de vos dernières recherches. Je viens vous demander instamment de publier dans le Journal de M. Jordan Tarticle que vous m'avez adressé, étant assuré qu'il sera lu sous la forme que vous lui avez donnée avec le plus grand intérêt. En citant M. Lerch, comme vous vous le proposez, vous lui rendrez service et vous lui ferez plaisir; je suis en correspondance avec le jeune géomètre et je sais combien il sera sensible à voir son Mémoire mentionné dans un recueil français. Ce Mémoire, je dois l'avouer, m'a passé sous les yeux, mais sans fixer suffisamment mon attention, faute d'un certain relief dans la rédaction, et puis parce que j'avais, en le paixourant, des préoccupations qui ne m'ont pas permis d'j donner une suffisante attention. Mais il j a autre chose, je dois vous apprendre que M. Lerch lui-même a été devancé, il y a quarante années, par M. Lipschitz, et que j'ai été chargé par l'éminent analyste de lui faire savoir qu'il a traité le même sujet et trouvé les mêmes résultats. M. Lipschitz ^icnt de m'envojer son Mémoire qui a paru dans le tome 54, 18;")^ de Crelle sous le titre : Untersachung einer ans vier Elcmenten Reilie et, connaissant maintenant ce que vous avez fait, je puis à peu près le comprendre malgré l'allemand. Vous aurez donc aussi à lire ces recherches, afin de les mentionner. M. Lipsciiitz, d'ailleurs, a agi avec grande bienveillance envers M. Lerch, il uTa ('cril cpiil se bornerait à rappeler son ancien Mémoire et, sans faire aucune observation, dans un article sur le même sujet destiné au Journal de M . hronecker.
On m'assure que le Journal de M. Schlômilch est à la bibliothèque de l'École Normale, j'aurai donc le moyen de rechercher l'article de Hankcl que vous voulez citer; permettez-moi, pour diriger mes recherches, de vous demander si vous connaissez le
litre de son Ménioii^c, ou à pou |)rès l'époque à laquelle vous présumez qu'il a été puMié.
En saisissant celte occasion pour vous donner la certitude que de Paris on veille sur vos intérêts et, dans l'espérance que \ ous n'êtes point par trop chagrin d'avoir été devancé par M. Lipscbilz, qui n'a pas d'ailleurs dégagé une corrélation concernant la fonction r(^), je vous renouvelle, mon cher ami, l'assurance de mon aflfection bien sincère et bien dévouée.
Dois-je vous envoyer le texte de votre article?