‹ Correspondance d'Hermite et de Stieltjes. Publiée par les soins de B. Baillaud [et] H. Bouget, avec une préf. de Émile PicardChapitre 3 sur 276 · NOTICE SUR STIELTJKS. XIII · texte numérisé non relu

NOTICE SUR STIELTJKS. XIII

établissement comme « aide aux calculs astronomiques » le I*"' décembre de la même année. Au mois de février 1878, après le départ de M. J.-G. Kapteyn pour Groningue, il fut convenu qu'il prendrait part aux observations. Stieltjes eiiti-a donc au service méridien et collabora avec MM. E. F. van de Sande Bakhuyzen et Wilterdink aux travaux entrepris par rObscrvatoire à cette époque, à savoir : un catalogue d'étoiles voisines du pôle, l'observation d'étoiles fondamentales des zones sud et l'étude des erreurs systématiques du cercle méridien. Il aidait, en même temps, à la réduction des déclinaisons des étoiles fondamentales, observées de 1864 à 1874, et prenait part, en un mot, au travail général de l'Observatoire,

Tout d'abord il se sentit dans un milieu qui convenait à son esprit, naturellement porté aux études particulières et minutieuses qu'exige l'Astronomie. L'étonnante intensité de travail dont il était capable le rendit bien vite maître des procédés de calcul et des méthodes d'observations. L'étude de la. Mécanique céleste et des Mathématiques pures occupait ses moments de liberté. Mais, à mesure que ses recherches personnelles se développaient, Stieltjes prenait de plus en plus conscience de sa vocation exclusive pour les travaux théoriques. L'Astronomie, qu'il avait jusqu'alors regardée comme l'objet de sa vie scientifique, lui apparut insensiblement comme un obstacle au complet développement de ses études préférées.

La nécessité pour son esprit de prendre une décision et l'impossibilité où il était, sans doute, delà prendre conforme à ses goûts, lui fit traverser une sorte de crise de réserve extrême et d'inquiétude, hésitant sur ce qu'il devait faire,

XIV NOTICE SLK STIKLTJKS.

parlant même à ses collègues d'aller vivre pauvrement en Amérique, pour étudier aux côtés de Sylvester.

L'heureux événement de ses fiançailles avec M"^ Elisabeth Intveld fît cesser ses hésitations, en ouvrant pour lui une période de bonheur. Ses idées originales se développent et les travaux se succèdent rapidement. J^' Académie d'Amsterdam imprime, dans ses Mémoires, son étude sur la formule d'interpolation de Lagrange; nos Comptes rendus insèrent sa démonstration, si intéressante pour nous, des propriétés des polynômes Hansen-Tisserand : Les propositions découvertes par Tisserand étaient cachées; il en a été donné depuis des démonstrations simples; aucune n'est plus ingénieuse que celle de Stieltjes montrant le lien qui rattache cette question à la théorie du potentiel dans un espace à quatre dimensions. Cette démonstration le mit en rapport avec Hermite, et la correspondance que nous publions, M. Baillaud et moi, montre mieux que je ne saurais le dire quelle affinité mathématique ces deux esprits avaient l'un pour l'autre. Ces relations furent l'origine d'une commune amitié, très chère des deux côtés.

Le i'^'' janvier i883, son directeur, qui connaissait toute sa valeur, le dispensa, sur sa demande, des observations. Il s'occupa, chez lui, de la réduction des observations de la difTérence de longitude Leyde-Greenwich, et commença même la réduction de ses propres observations. De septembre à décembre i883, il suppléa van den Berg à l'Ecole Polytechnique de Delft. Enlin, le i"" décembre i883, il donna sa démission d'astronome à l'Observatoire.

11 était désormais tout aux Mathématiques.

Les études qu'il fit pendant ce séjour de six années à

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