‹ Correspondance d'Hermite et de Stieltjes. Publiée par les soins de B. Baillaud [et] H. Bouget, avec une préf. de Émile PicardChapitre 5 sur 276 · XVI NOTICE SUR STIELTJES · texte numérisé non relu

XVI NOTICE SUR STIELTJES

aux travaux de Stieltjes le cachet qui leur est propre. On a, en les lisant, Timpression qu'on arrive, sans grand appareil de formules et comme par le seul effort de la pensée, par la voie la plus simple, à des propositions cachées.

Marié depuis le mois de mai i(S83 à une femme digne de lui, stimulé par l'appui et les conseils d'Hermite, tout à ses éludes favorites, son activité durant les années f883, i884, i885 fut considérable. Les conceptions ingénieuses et les idées neuves, germes des travaux qu'il aurait achevés sans sa mort prématurée, se multiplient. Ses belles recherches sur les résidus cubiques et biquadratiques, sur la décomposition d'un nombre en cinq carrés, sur la densité intérieure de la Terre et le commencement de ses études sur les quadratures mécaniques et les fractions continues algébriques datent de cette époque. Ces travaux lui font conférer le grade de docteur, hojioiis causa, de l'Université de Leyde. L'Académie d'Amsterdam lui ouvre ses portes.

Présenté en première ligne pour la chaire de calcul intinitésimal de Groningue, il n'est cependant pas nommé. Avec sa modestie extrême, il écrit à Hermite qu'il n'avait peutêtre pas les grades, nécessaires. 11 sentit pourtant très vivement cet échec. La décision de son caractère lui lit prendre, non sans quelque peine sans doute, le parti de quitter la Hollande où tant de liens, cependant, le retenaient. Il vint s'installer à Paris au mois d'avril r885.

Devons-nous déplorer cet échec, malgré ce que nous en pouvons penser? Il nous a donné Stieltjes et contribué ainsi à l'honneur de la science française de notre époque.

A Paris, il commence, en vue d'une thèse, l'étude de la fonction C(-sj de Kiemanu, puis, sans en donner les motifs,

Page 1