‹ Correspondance d'Hermite et de Stieltjes. Publiée par les soins de B. Baillaud [et] H. Bouget, avec une préf. de Émile PicardChapitre 8 sur 276 · XX NOTICE SUR STIELTJES · texte numérisé non relu

XX NOTICE SUR STIELTJES

elle lui décerna le prix Petit d'Ormoy. Le rapport élogieux de M. Poincaré sur son dernier niéuioire présenté pour le prix Lecomte montre bien l'admiration que le monde savant avait pour ses travaux. L'Académie de Saint-Pétersbourg l'avait nommé son correspondant.

Ses élèves et ses amis connaissaient son empressement à rendre service et sa libéralité à les faire profiter de sa science si vaste et de son érudition si sûre. Très exigeant pour luimême, il jugeait librement les travaux des autres, aussi joyeux de leurs découvertes que modeste vis-à-vis des siennes. Ses jugements, sévères quelquefois, n'ont jamais blessé, sa bonté s'efforçant toujours de trouver quelque excuse aux faiblesses et aux erreurs. 11 exécutait avec une volonté inflexible les décisions que lui dictait sa droiture. A la fois très ferme et très doux, personne ne sut, au même degré que lui, conformer sa conduite à ses principes.

Ceux qui l'obt connu et aimé, devinant sous sa réserve naturelle cette réunion, chose rare! des qualités du cœur, du caractère et de l'esprit, ne roul)lieront jamais!

C'est sur le désir même d'Hermite que nous publions cette correspondance. Elle montre l'affectueuse bonté d'Hermite et son amour profond de la science, en même temps que toute la dignité de la vie et le rare talent de Stieltjes. Puissent ses amis y retrouver un peu la douceur et le charme de cette nature d'élite que la mort a si prématurément anéantie !

Henry BOURGET.

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