Voyez plus haut, p. io, n
3. Imprimée in extenso par M. Delaborde (op. cil. t II, p. 572).
4. La lettre dans laquelle Catherine de Médieis réclama la médiation d’Odet de Coligny a été imprimée au tome III des Mémoires de Condè (1743), p. 216-219, et de nouveau par M. le comte de la Ferrière dans son beau recueil des Lettres de Catherine de Médieis (collection des document inédits), t. I, p. 290-293.
5. François de Noailles, né le 2 juillet 1519, s’acquitta habilement de plusieurs ambassades en Angleterre, à Venise, à Constantinople, à Rome, devint évéque de Dax en i 557, appuya la proposition du duc de Guise.
trouver, lequel m’a dict que, ainsi qu’il estoit prest de partir de la court estant naguères audict Melun, quand vous entendîtes qu’il venoit vers moy, vous luy commandaste de me dire de vostre part que je m’employasse de tout mon pouvoir de conseiller à monsieur le prince de Condé 4 de poser les armes luy et tous ceulx qui sont en sa compagnie, qui a esté cause qu’aussy tost que j’ay receu ceste créance, j’ay dépesché cedict porteur vers mondict sieur le prince pour le prier de permettre à l’ung de mes frères de venir en lieu où je pensse parler à luy, afin de le tenir adverty de quelques propos que j’avois à lui dire; ce qu’ayant entendu il a cejourd’hui envoyé mon frère, monsieur d’Andelot, jusques à Gergueau où je me suis trouvé au disner, et n’ay failly de luy user de toutes les remonstrances dont je me suis peu adviser pour satisfaire à vostre vouloir et intention, afin de les faire entendre à mondict sieur le Prince. Sur quoy il m’a dict que monsieur de Valence 8 estoit hyer venu pour ce mesme effect vers mondict sieur le prince; ce qui me faict d’autant plus espérer l’exécution de vostre volunté que je la voy autant désirée de leur costé (ainsi que m’a dict mon frère) qu’il est possible ; de sorte qu’il ne me reste à vous dire, madame, sinon que s’il se trouvoit encores
qui, adoptée, aboutit à la reprise de Calais (i558), et mourut à Bayonne le 16 septembre i585. (P. Anselme, IV, p. 788.) Il était soupçonné d’être en secret partisan des doctrines calvinistes, sans doute par suite de sa tolérance. (P. Anselme, IV, p. 788; Gallia Christiana , I, col. 1057.)
1. Louis de Bourbon, premier prince de Condé, né à Vendôme en i53o, prit une part active aux guerres du règne d’Henri II, fut sous François II le chef secret de la conjuration d’Amboise ; sous Charles IX, il commanda les protestants, soulevés par l’intolérance catholique, fut défait à Jarnac (1669), pris et assassiné de sang-froid après le combat. M. le duc d’Aumale a consacré à ce vaillant homme le premier livre de sa remarquable Histoire des princes de Condé.
2. Jean de Monluc, frère du maréchal Biaise de Monluc, reçut l’évêché de Valence en i553 et fut toujours considéré comme favorisant les doctrines calvinistes, ce qui faillit plus d’une fois lui devenir fatal. Il mourut le i3 avril 1579. Il s’était marié secrètement avec sa maîtresse, Anne Martin, dont il eut un fils, du ‘même prénom que lui, qui épousa Renée de Clermont-d’Amboise, digne sœur de celui que l’histoire et le roman ont célébré sous le nom de le brave Bussy . (Moréri, art. Montluc.)
cy-aprèz quelque difficulté en ce faict et que vous pensez que j’y puisse faire service au Roy et à vous, comme je n’ay et n’auray jamais autre volunté, je me réputeray très heureux, si vous me le commandez, de m’employer davantage en ung si bon œuvre, tant pour obéyr à vos commandemens que pour l’ affection que j’ay et doy avoir au bien de vostre repos et de ce royaume et de la tranquillité publique, ensemble d’obvier en tout ce qui me sera possible à la calamité et désolation qui peut provenir par telles voyes et déportemens, si la bonté de Dieu n’y pourveoit, lequel je supplieray, après avoir présenté mes plus que très humbles recommendations à Vostre Majesté, vous conserver, madame, en très parfaicte santé et prospérité.
De Sainct-Benoist-sur-Loyre, ce vn e avril i5Ô2.
( man . propr.) Votre très humble et très obéissant
subject et serviteur,
Le cardinal de Chastillon.
[Original], B. N.,/, français , 6611, fo 59.
xLvur
A la T{pyne.
Madame, ayant receu la lettre qu’il a pieu à Vostre Majesté m’escrire, je l’ay incontinent envoyée à monsieur l’amyral mon frère, à ce qu’il peust mieux par icelle entendre vostre intention, qui l’ha communiquée à monsieur le prince de Condé, lequel l’ha à ce matin envoyé me trouver en ce lieu (où je suis venu exprez) pour y faire responce, qui est telle, que ledict sieur prince n’ha autre désir ny affection que de vous obéyr et exécuter vos commandements et est prest de poser les armes aux conditions qu’il manda hyer par monsieur de Gonnort, lesquelles luy-mesmes et ceulx qui ont esté jusques icy envoyez de la part du Roy vers ledict sieur prince ont trouvé sy
1. Imprimée in extenso par M. Delaborde ( op . cif., II, p. 573 ).
raisonnables qu’ilz ont dict que ceulx qui les refuseroient se mettroient en leur tort, vous supliant au reste très humblement, madame, vouloir croire que j’ay et auray toute ma vie telle dévotion à vostre service et au bien du repos public que je ne fauldray de faire tous les bons offices et cercher tous les moyens qu’il me sera possible pour essayer d’apaiser ces troubles dont il ne peut provenir que calamité en ce royaume, ainsi que je l’ay donné charge à Sarragosse présent porteur vous dire plus amplement, s’il plaist à Vostre Majesté l’ouyr, qui me gardera de vous ennuyer de plus longue lettre, si ce n’est pour suplier l’infinie Bonté vous conserver, madame, en parfaicte santé et prospérité, présentant mes plus que très humbles recommendations à Vostre bonne grâce et Majesté.
De Jargueau, ce xv c avril i5Ô2.
(man. propr.) Votre très humble et très obéissant subject et serviteur,
Le cardinal de Chastillon.
[Original], B. N.,/, français, 6611, foôi.
XLÏX*
A la T{oyne.
Madame, aussytost que j'ay receu la lettre qu'il a pieu à Vostre Majesté m'escripre par le prothonotaire de Sarragosse, je n’ay failli de l'envoyer à monsieur le prince de Condé, le priant de permettre à l’un de mes frères de venir à Jargueau où j’avais résolu de me trouver pour faire ce qu’il vous plaist me commander. Mais ayant ledict sieur prince veu par ladicte lettre que vous désirez entendre quelle seureté il demandoit pour laisser les armes, il a voulu prendre ceste peyne de venir faire luy-mesme sa response en ce lieu, où je n’ay rien oblié
i. Imprimée in extenso par M. Delaborde (op. cit., II, p. 573-574).
de ce que j’ay peu et sceu juger propre et nécessaire pour l’effect de vostre intention, laquelle (comme chacun peult veoir) ne tend qu’à la tranquillité de tout ce royaume ; à quoy il m’a respondu pour résolution qu’il ne désire plus grande seureté pour luy et pour toute sa compaignie que de veoir le Roy et vous en plaine et entière liberté et qu’après cela, au moindre commandement de Voz Majestez, il fera clairement et promptement veoir à ung chacun qu’autre occasion ne luy a mis les armes à la main que le très exprès et urgent service du Roy et vostre. Voylà, Madame, tout ce que j’ay peu tirer de luy, quelque vive remonstrance que je luy aye seu faire de l’extrême ennuy que vous portez de veoir ces troubles et du désir que voz subjetz doyvent avoir d’y procurer bientost quelque bonne fin. Et pource qu’en cela je ne vouldrois laisser surmonter au plus affectionné et obligé de voz serviteurs, je vous diray pour la fin, Madame, que je m’estimeray bien heureux si là ou ailleurs mon labeur, mon bien et ma vie vous peuvent apporter le contentement que vous désirez ; et cependant, après avoir présenté mes plus que très humbles recommendations à la bonne grâce de Vostredicte Majesté, je supplieray le Créateur vous donner, Madame, en très parfaicte santé plus que très heureuse et très longue vye.
De l’Isle 4 , ce xxi® jour d’avril i5Ô2.
(man. propr.) Vostre très humble et très obéissant subject et serviteur,
Le cardinal de Chastillon.
[Original], B. N.,/, français , 6611, fo 64.
1. Château de Tlsle appartenant alors à Jérôme Groslot, bailli d’Orléans, et dont les ruines subsistent encore près Combleux (Loiret).
[Au prieur de V abbaye de Saint-Benoît].
Prieur, voyant qu’en plusieurs endroits de ces quartiers on faict des insolences grandes et des ravages par les Eglises et monasters, par la crainte que j’ay qu’il n’en advienne de mesme en mon abbaye de Sainct -Benoist, j’ay advisé d’envoyer jusques la le protonotaire de Vrigny avec deux ou trois gentilshommes des miens; lequel vous dira de par moy comment il me semble que vous avés a vous gouverner en la maison pour éviter les inconveniens, et surtout que vous ayes a tenir le pont levé, afin qu’il n’y entre personne sinon ceux qu’il appartiendra, et que le peuple pour aller prier Dieu se retire a la paroisse jusques à tant que ce tumulte soit passé. Quant aux reliquiares et aultres choses que vous aurés à serrer, pour ce qu’il vous en scaura bien entendre mon intention, je m’en remettray sur la créance que je luy ay baillé, à laquelle vous adjouterés foy comme vous fériés à moy mesme, priant le créateur qu’il vous doint, Prieur, sa saincte et digne grâce.
De l’Isle, près Orléans, le premier de May i5Ô2.
Votre bon abbé,
Le cardinal de Chastillon.
Au dos : Du cardinal de Chastillon envoyé au Prieur de Sainct-Benoist [lorsqu'il enleva l'or de la chasse des reliques de Saint-Benoit y i5Ô2].
(Paraphe)
[Copie moderne], bibliothèque d’Orléans, manuscrits , vol. 394 bis.
1. Cette lettre a déjà été imprimée maintes fois : en 1824, par Alexandre Jacob dans un mémoire réuni depuis à ses autres travaux par les soins de son fils sous le titre Opuscules (T Alexandre Jacob (Orléans, 1860, in -8°) ; en 1846 par Lottin , au tome II de ses Recherches sur l'Orléanais ; en i 865 , par l’abbé Rocher dans son Histoire de V abbaye Saint- Benoit-
Lr
A la ‘Bpyne.
Madame, ayant veu l’instance et commandement qu’il a pieu à Vostre Majesté me faire par la lettre que m’a apporté de vostre part à l’Isle où j’estoys logé monsieur le conte de Villars pour m’employer pardeçà à la pacification des troubles qui sont en ce Royaume et la prière que à ceste fin ledict sieur conte et avecques luy monsieur de Vielleville * me feyrent au dict lieu de l’Isle de venir en ceste ville, je n’ay voullu faillir de ce faire, y estant pour cest effect arrive ce matin, où il ne me desplaist sinon que les choses ne se soient bien accommodés selon que je puys congnoistre que Vostre Majesté le désire pour la dévotion et grand désir que j’ay de vous y pouvoir servir de mesme intention que vous en avez, à laquelle Vostre Majesté se peult asseurer que je respondray tousjours en tout ce qu’il me sera possible de toute l’obéissance et service que vous pouvez vous promettre en moy tant en cela qu’en tout autre endroict. Mais, comme vous pourrez entendre par eulx, leur response estoit dèz hier faicte et tellement conclue ainsy qu’il la vous apportent que, à mon grand regret, je ne l’ay peu fere aucunement changer; vous suppliant, Madame, de vouloir croire que je m’estimeray tousjours très heureux qu’il vous plaise me donner autant de moyen de vous tesmoigner par les
sur- Loire y qui, tout en ne mentionnant pas ses prédécesseurs, a religieusement conservé toutes leurs fautes de lecture et en outre absolument modernisé l'orthographe du seizième siècle. Le texte que nous donnons est dû à une aimable communication de M. Auvray. (Voy. Introduction.)
1. Imprimée in extenso par M. Delaborde (op. cit II, p. 574).
2. François de Scepeaux, seigneur de Vieille ville, se trouva successivement à la prise de Pavie et de Melphe (i5a8), aux sièges de Perpignan, de Landrecies, de Saint-Dizier, d'Hesdin, de Thérouanne, combattit à Cérisoles (1544), assista au siège de Bologne (1549), s’empara de Thion ville (i558), fut créé maréchal de France en i 562, contribua à la reprise du Havre sur les Anglais (i563) et mourut, peut-être empoisonné, le 3o novembre 1571. (P. Anselme, VII, p. 223.)
effectz la servitude que je vous veulx rendre, comme j’en ay de volunté. Donc, m’attendant que par lesdicts sieur conte de Villars et sieur de Vieilleville vous serez suffisamment informée, je m’en remettray sur eulx, et pour fin de la présente, après avoir présenté mes recommendations plus que très humbles à la bonne grâce de Vostredicte Majesté, je supplieray le Créateur que à icelle veuille donner, Madame, en très parfaicte santé plus que très heureuse et très longue vye.
D’Orléans, ce xxn e jour de may i5Ô2.
(man. propr.) Vostre très humble et très obéissant subject et serviteur,
Le cardinal de Chastillon.
[Original], B. N.,/, français , 6611, fo 67.