‹ Correspondance d'Odet de Coligny, cardinal de ChatillonChapitre 27 sur 36 · LIX · texte numérisé non relu

LIX

[A l'évêque de T>ax].

. Je vous ay bien voulu advertir que M. le

Prince envove à la court pour les affaires de madame la mareschalle de Saint-André. Comme ledit seigneur a pris ladite dame

1. Tanlay y canton de Cruzy, arrondissement de Tonnerre (Yonne). D’Andclot y possédait un château qui existe encore aujourd’hui.

2. L’extrait que nous publions ci-dessus a été imprimé par M. le duc d’Aumale au tome I, p. 549, de son Histoire des princes de Condé. Pour avoir la missive en question in extenso , vainement nous sommes-nous reportés à la cote indiquée par l’éminent écrivain (Gaignières, 9/9, aujourd'hui 22266 du fonds français; il ne contient que des généalogies); vainement aussi avons-nous exploré les volumes de l’ancien fonds Gaigniéres renfermant des lettres du seizième siècle, c’est-à-dire 3i6-365 et 388-44.1 (aujourd’hui 20440-20483 et 2o5oo-2o555 fonds français), nous n’avons rien, rien trouvé ! Néanmoins, cette lettre nous a paru trop intéressante pour n'étre pas insérée dans le présent recueil sur la foi du prince-académicien.

en sa protection, laquelle dame pour user de même honnesteté et recongnoissance, aujourdhuy luy a donné la terre de Vallery et les autres de deçà qui lui sont échus par la mort de sa fille, ensemble a fait héritiers universels luy et ses enfants de tous les autres biens que les loix etcoustumes des pays luy donnent es autres provinces où ladite fille avoit du bien, à quelques charges et conditions fort advantageuses pour luy, qui est un party qui ne se trouve pas tous les jours.

Je vous diray aussi, quant à la disposition de Madame la Princesse, qu'elle va diminuant de forces à veue d'œil, qui me garde de partir encore d'icy, ne faisant qu’attendre l'heure bien souvent, que Dieu la veuille appeler à soy pour les grandes et estranges douleurs qu’elle souffre qui la rend et ceux qui l’aiment si affligés que vous pouvez penser.

[Condé 1 , 4 juillet 1.5641.

A '“Monsieur, Monsieur le marcschal de Montmorancy \

Gouverneur et lieutenant-général pour le Roy en risle-de-Francc.

Monsieur, s’en allant monsieur de Cipières 3 , fils de monsieur le conte de Tende 4 , vostre nepveu, à Paris, qui ne sera,

1. Condé-en-Brie, chef- lieu de canton de l’arrondissement de Château- Thierry (Aisne).

2. François de Montmorency, fils aîné du connétable, fit ses premières armes en Piémont (i55i), fut nommé gouverneur de Paris en i553, maréchal de France en 1559. échappa par miracle à la Saint-Barthélemy, fut mis à la Bastille de 1 574 à i5-6 pour participation au complot des politiques et mourut en 1579. Voy. baron A. de Ru b le, François de Montmorency (Mémoires de la Société de l’histoire de Paris, VI, p. 200-290).

3. René de Savoie, seigneur de Cipierre, second fils de Claude de Savoie (voy. n. 4) et de Françoise de Foix, sa seconde femme, qui éleva Cipierre dans la religion protestante qu’elle professait. Il soutint les intérêts de r.on frère ainé, le comte de Sommerive, et fut assassiné en i5ôîî par quelques factieux du parti catholique. (P. Anselme, VU, p. 238.)

\. Claude de Savoie, comte de Tende, fils ainé de René légitimé de Savoie, comte de Villars, de Tende et de Sommerive, naquit le 27 mars 1007,

comme il m'a asseuré, sans vous veoir, j’ay bien voulu vous respondre à la lettre de créance que vous m’avez escripte par monsieur le viconte de Cadenet 1 , vostre lieutenant, touchant le mariage dudict sieur de Cipières avec la fille de monsieur de Normanville*; sur quoy, monsieur, je vous diray donq que tant s’en fault que monsieur l'amyral mon frère ne mov y prétendions quelque chose pour quelque autre, que nous serons très aises de nous y employer pour ledict sieur de Cipières de tout ce qu'il nous sera possible.

Cependant, nous remettans sur luy à vous compter de noz nouvelles, je feray fin par mes bien humbles recommendations à vostre bonne grâce, suppliant le Créateur vous donner, monsieur, en parfaicte santé heureuse et longue vie.

De Chastillon, ce xxiv* jour de juillet KS64.

(man. propr.) Vostre humble et melleur cousin,

Le cardinal de Chastillon.

[Original], B. N.,/, français , 3071. f»> 4 5.

Page 1