L VI
A ‘Madame, Madame la conestable.
Madame, j’ay receu la lettre qu’il vous a pieu m’escripre par celluy que je vous avois envoyai et loue Dieu du bon portement auquel il m’a asseuré vous avoir laissé. Au demourant, madame, trouvant sy à propos ceste dépêche que l’on vous faisoyt, je n’ay voullu fallir vous faire ce mot quy sera seullcment pour tousjours me ramentevoir en vostre bonne grâce et aussv vous dire comme, Dieu mercy, j’ay trouvé monsieur le
( Chateau-Porcien , chef-lieu dî: canton de l’arrondissement de Rethel [Ardennes]), mort presque subitement le 5 mai 1567 sans laisser d'enfants de sa jeune épouse, Catherine de Clèves. Il fut l’un des plus intrépides champions du calvinisme durant la première guerre civile. M. le comte Jules Delabordc lui a consacré une intéressante notice, malheureusement inachevée, dans le Bulletin de la Société de V histoire du Protestantisme français , dix-huitième année, pages 2-26. 124-137 et 5 i3-529.
conestable en fort bonne santé; je essairay durant ce voyage de Normendie de luy faire la melleure compagnie que je pourray avec le service que je luy ay voué toute ma vie, espérant que, au retour, j’auray ce bien que de vous veoyr, qui est ce que plus je désire pour vous offrir pour le demeurant de ma vie le service que je vous ay dédié de l’aage de dix ans.
Cependant je vous supplieray, madame, que je demeure tousjours en vostre bonne grâce, pryant Dieu, madame, qu’il vous doinct en la sienne l’heureuse et longue vie que vous désire.
A Rouen, ce xv mc aoust [ 1 563] \
Vostre très humble et obéissant nepveu,
Li: CARDINAL DE ClIASTILLON.
| Autographe |, B. N../, français, 3o'i, fo 55.
, 1 Monseigneur , Monsieur le duc de Montmorency ,
Pair et connestable de France.
Monseigneur, dépeschant monsieur l’amiral ce porteur vers vous pour vous faire entendre aucunes choses qui sont entre le conte de Rockandolph * et luy qui luy touchent, je n'ay voulu faillir de vous escrire la présente qui sera seulement pour toujours me ramentevoir en vostre bonne grâce et vous dire que Ton n’a point faict encore de response à la requeste que mondict frère présenta dernièrement, encores que par plusieurs fois
i. Odet de Coligny était arrivé à Rouen le n août i563. ainsi que nous l'apprend une lettre de l’ambassadeur d’Espagne du i3. L’armée royale venait de reprendre le Havre sur lcs*Anglais. Cf. notre opuscule : le Cardinal de Châtillon (Annales de la Société hisl. el arc/t. du Câlinais , I. p. i( 5; p. i3 du tirage part).
.\ I n des principaux chefs des auxiliaires allemands levés par les triumvirs au commencement de l’année i5«>2.
on sc soit assemblé en Hiostel de Guyse \ De ce qu’ilz feront et qui en succédera, nous ne fauldrons de vous tenir incontinent adverty. Cependant, je vous suplieray, monsieur, nous vouloir faire entendre de vos nouvelles par cedict porteur et mesmement quand c'est que vous faictes vostre compte d’estre de retour en ceste compaignie où vous estes grandement désiré et de moy particulièrement, qui sur ce me recommanderay très humblement à vostre bonne grâce, aprèz avoir suplié Nostre Seigneur vous donner, Monsieur, en parfaicte santé très bonne et longue vie.
De Paris, ce dernier de décembre i563.
(rnan. propr.) Vostre très humble et très obéissant nepvcu.
Le cardinal de Chastillon.
[Original], B. N../, français , 20507, f» 83.
A 'Monsieur, Monsieur le prince de 'P or ci an.
Monsieur, puisque les personnes des trois frères 8 qui sont icy sont si eslongnées de la vostre que nous ne sçaurions avoir ce bien de nous visiter les ungs les autres, pour le moins cela ne nous gardera d’avoir la mesme bonne souvenance de vous, quelque loing que nous en soyons, que si nous en estions si près que nous désirerions. Et cependant pour avoir de voz nouvelles et vous fere départir des nostres, avons bien voulu vous dépescher ce porteur exprès, aussi pour me réjouyr avecques
1. C’était le moment où la veuve et les enfants du duc François de Guise, assassiné devant Orléans par le protestant Jean Poltrot de Méré, étaient en instance pour obtenir vengeance de la mort du prince sur l’amiral de Coligny, qu’on disait avoir été l’instigateur du meurtre.
2. Le cardinal lui-même, l’amiral et d’Andclot. ccux-lù même que la gravure de Marc Duval a représentés tous trois en une même estampe, dite pour cela des trois ChAtitlon.
vous de ma part du bon visage et recueil que j'ay sceu que vous aviez receu à la Court, pareillement de la bonne réputation que vous y avez acquise pour le sage langage que vous y avez tenu; n’estant que marry que je ne me puisse trouver à l’endroict pour vous faire paroistre combien de mon costc j’aurois bonne envye de me pouvoir employer pour vous et tout ce qui vous touche en quelque bonne occasion, laquelle attendant, pour le moins la bonne volunté ne me fauldra jamais d’en produire les effeetz, quand elle s’offrira. Monsieur, après m’estre sur ce humblement recommendé à vostre bonne grâce, je supplieray Dieu vous donner en santé heureuse et longue vyc.
De Tanlay 1 2 , ce xxix c jour d’avril 1564.
(man. propr.) Vostre humble et mellieur amy,
[Original], B. N., f. français , 3196, fa 49.