LETTRE CXLV
ÂHEUTES BT TROUBUBS A DAMAS, m ABfiC»DOTES. m SITOATlOp
Damas \ 2S maiISSf.
CÉd jour^ derniers, en traversant le Liban/ je fiûie disais que ces ihontagnes attendent encore Uti {)eintre habile et un naturaliste savant, et je pénsaS^ à vous. Que de belles pages et de précieuses coWcc-^ tions vous duriez rapportées ! Pourquoi feut-il que vous n'ayez point fait avec nous le pèlerinage î D m'en souvient j vous regrettiez de ne pouvoir partir avec nous, vous et M. de Lamartine, qui satt5 doute n'aura point renoncé à son projet de visiter
' Les lettres écrite» de Damas soal l Padresse de M. Charles Nodier.
PXDrieiU^. Qudle diviufe Odys^e nous ait value le eomimm: voifage <lu :<;lpAaCre des Médiiatwns y de l%istonbtt dei tZnotefilA^^idéi^^Atepr^ JC^ et dis tanti de ^ettttri^A^m^wageil i^osr ttoi , jeune !ù>Eiimé fàe^ ai^ | «edfais k > Ja ^aàte fiân^ur ^^mv compagner d'illustres maîtres y j'aurais étéeoiaiihk ces pauvres )>élerins> jdu ^ moyen ^ Age ^ epà . cheminaîenit humUement à la suitedes^ rçis - içroîses. Piiig>^ <^é;T4it]» sourenir^est Tenu ae pimenter ain^^m mèL'pqur m'encoii^gçf à podrsuiirre <i|e pénibles^ cfkxBed^aÔQSfBÊ, ipte je place eeus la sauvegarde dteq nom. bien nààlt aux mttses> ees paies et imH&Ies esquHtsfe^i^tahBdlfaMilèniaa.
r.iji Agit dP^di^onl qoe* je vous explicpie {iourcpoi ^ IpiSoor db «cm iarmée à B«na$ , quelques liabi. tansi^ayant cm reconnaître en imoi un consul tuaro^ péen ^ fMit eu la pensée de m'envoyer au bucfaer. Les Dapiasquins ont ouit dipe quf un. consul doit venir a'jâtablir dans leur ville pour dianger leur culte et leur lëgbiation ^ j'ai é^ pris pour celui qae les âmes pieuses de Damas maudissent x;haque jour dans leur prtèi*e ^ et je puis m'estime^ heureiix que les vrais croyans de la foi musulmane se soient borai6a.à de simples menaces. Car le peuple de cette ville est terrible, siwtout depuis quelques mois; il a bravé récemment les ordres de la Porte sublime; il a levé le^^sâve contre ses deux pachas ; l'émeute s'est montrée' à DaBuas avec le turban blanc ^ ou parée des couleurs du Prophète; et la milice duu
sëm a teint de sop sang le pAvé de la saiatiT/tîHer Au temps <>ù AotiSTÎTons^ Ja réiSQlutîonîCfttviine méchante rdoe qui a inis Ia>JOiamfStûr toûtiiiâ invé^ devaisr-je la xeacdntrer à Daios^ > Jbricité^ privilégiée appelée odetar du ^adis^. pertes idn. cki^ fieur de VOrientî /.. -;;. ,c-.: . ■ -ï' * . f.:i ■
• Au mos de février dernier^ ua ordse viiri: de CoDstantinopIe. pour perceTÔir à Damas un impôt extraordinaire ;: soudain le:mécbntentemfint eftjj|p colèire du peuple éclatèrent; la grande mQscpx^|â<fQt fermée en signe d'alarme ; toutes lesToîs^^tooKiB bras invoquèrent. Tassififtance d' AUah et deison pnâk phète^ et les habitans déclarèrêM.qu'iisJiefQBaLipat rimpôt. Je me rappelle à ce stqet qbe^ peu diMâèiÉps avant notre départ > -de France ^. il était iieaHKatfi:^^ question de 'refuser Fimpôt dans notre pays; je Ke m'attendais pas à trouver à Damas la même poUtir que et le même genre d^opposition. Damas a> cdmme Paris, ses faubourgs révolutionnaires ; c'est .d'on des grands faubourgs de l'ouest y seoiUables àrâes cités, que la. révolte est sortie tout armée. Les deux pachas, le premier ÉmirHadpi pacha à trois queues, le second^ pachd à deux queues, opposant la force à la force, ont misisur pied leur. brave mir lice; mais^epouvai^it un millier de gardes contre une populace I furieuse ? L'autorité turque a eu ses martyrs ; les pachas ne se sont sauvés qu'en se renfermant dans les murs épais du sérail, et. la révolte a gagné la bataille. €e -devait être un curieux spec-
tacle que celle multitudèr rebellé s'avânçant en désordre contre son visîr, la rage dans les? yeux et les saintes paroles du Coran sui^ la bouché; fâtirate^ voulu vçir tous ces barbares dé -fisjânrfsriie ariné» du kandjar ou dùbarout^usiiyi qûfitnd ih 'à&wte^^
dans la noble ville, demandant là tétènlè leurs ftfH
chas , appelant les vengeàncéis^ ■ dff • del - cdntrô?l8 sultan , qui avait cesse d^etre ftoùr eux YbiUbrii 'iïi Dieu. Je n'ai jamafe entendu gfonder le fl6t'p6{)tii^ faire ; je^sù^eourais^ les Wves Solitaires de FHelleà^ pont ; quand \ès ïempètés politMjûès dfe iSSo^i^ portaient ïe vietix (rottè de nosroîsk Ayant manqué le spectacle dû^^iîq^è'dëïaapis e*x5oïèi^,-jë-tt'àurai» pas été fàchéd^ài»istër à la c^lèi^du jpMSupIfeili^^^ Damas ; îî y a toujours quel(^es fedÈuies le^ohisi si retirer dé ces scèiieé' * (yrafgeusesTy ■ tfiPfe * regrette *de n'avoir pas vil tout ceïa, danis rintétèt ^ d^ mot» instruction. ' m-
Depuis cette époque, chaque quartier, dé DKmas est placé sous' la surveillance' et la* réspoidtsabiUlé d'un chef; laviîK s'est chairgée de défeiidFe elte^ même son repos. Mais ^là'populàeeimusutmané dés &uboui^s continue à nourrir ime haine- profonde contre les deux pâchaé qu'elle accuse d'ihfidélité et de trahison , et le kandjar des moslims devancera peut-êtîpe lé ciseau d'Azraël pour trancher les jours des deux. viairs ^]
' Les craintes que j^dxprinuds » au mois de mar 4 83f , n'étaient point râî-
Quatre semaines avant la demande d'impôt , un lait qw je yais vous racqnter avait déjà aigri l'esprit dps Pamasquîiis coptre le graiid -seigneur* Nous $^von^ eui ocçasiofi de parler^ dan$ cette cç^respon^ ^^^^i.(4çi'fKKrs9ç];iissement de^ cattoUques armé^
mewi}ff ^P9(¥^.? musulman, ne saurai t* s'acçominoflçPfdçspnv^éges qu'on açcarde aux chrétiens, I^ s(^\4épf mbre â^m^fF^ le^ 4rQi^^iens catholiques dfiiPamas^ usant de leurs prîi^iléges^ voulurent célé^ hvev Ift mçjSîse d§ miTmit en mép^oiri^ de la nativité
taie^t cppten|é$ 4? ^e^ses up, Jà^^l d^ns upe ^^st^jtç cfa$tmb|ie. 'Jl^.sçi^y up prêtre, ?d^j4^te nation avait i^ppejé les 64^h^ à h ^eimité: n^t;i|rpe , ç». frapT p^t wr uft wi^ruçû^pt de ^jçis, * la w^çv^^jâ^s. chrétiens pr^nt^tui^.Jliï^is^ii^pye;» ce que peut 1^ ja^ IpU^e ^p^fgf^^tçs rii^tes ! J^^ l^ijulem^iQ s f^Iwiçurf Arméniens schismatiques courent dénonc/i^r les Ji^-r jQl^éniens catbpj^q^e^. stupres ^e& cjt^eiks oq prêtres zpusulmaps,, ils les^ accusent 4^ s'être bâti ^pc^èber n)çqt unp églisç et d'avoir up^ clocjie^ crim^ ho^-r Tih\e dans Feippirf^ ot<;pii^m ^ et si^rtwt à D^wi^* Aussitôt les clie^i^ furieux sf? rendfpt au ^é^^il et déposent leurs pl^Qt^s ap^ piç!d^.dtt,gffHèd*-paçha i
nés ; le pacfaa de Damas a péri à la suite d'qn moaTentent populaire dans eelte >îUt>^ en 1 8S2. Le pacba qui a été frappé, est-ce l^§inir tiad}t ou le pacba à deux queues ? c'est ce que les joamaux n'ont point dk. On a de ta peine à croire que ce soit Fémir Iladjt , parce que son titre de conducteur de la caratane de la Sjlecqne, le rend sacré sm yeux des musulmans.
celui^i se hâte de convoquer les prind^aùx de Jâ
natÎQû arodéoleime catholique.^ et leur «xpdîse ie» acicu9aUoo$ qui pèsent sur eus, « Nous a'airotis riett ^) £aiit de contraire aux. lois et aux coutumes étà^ » blies., répon4imt ka accusés; nous n'arcms ibâti » aucune ésgliae, nous n'avons pdint de doche; » noê prêtres ont eélébcé la messe dans une cham^ » bre , suivant la pearniission que nous en avons V reçue du sultan notre maître \ pour annoncer k » nos frères Theure de)! la oélâiralion religieuse, » un prêtre a frapqp^ ^r uo insiaruipent de bois^ D comme, cela sériait partout où sont des rayas- > » humbles et déisûués cisokves du ^sultan sublime, d Lé pacha ^ :satisfait/de. ketl:e^décla^aJibn sincère', congédia les catholiques avec politesse et hQBte , et diassa de son palais^les cheiks accusateurs, en les appelant d'un nom qui équivaut à uQUe mot de canaille.
Mais les prêtres musulmans de Damas ne sont pas gens à s!apaiser tbut-à-copp et à se soumet^ tre , par la seule pensée que Dieu Ta voulu. Les cheiks , renvoyés du sérail , s'assemblèrent et ini*rent en délibération comment ila pourraient se rendre eux-mêmes la justice qu'on. letu* re&isait; après une courte séance , ils déddent de iivrer au feu la maison où les catholiques arméniens ont célébré leur cérémonie , de renverser tous les monastères de la ville et de massacrer tous les chrétiens. Admirez la modération tolérante des gar^
diens de la foi musulmane f Les compagnons de Caled ^.d'Omar auraient-^ils mieux fait ? Déjà un« troupe mènaiçante s'avanice vers Je quartier des chrétiens^ et se dirige d'abord du côté de la>maisoa ianàénienne promise aux flammes. Avçrti de l-apprôche degrés ïurieux / Te prêtre catholique^ eoupable-d'aFoir <iélébré leis> maints mystères là nuit^de fiToêl^ enlère de la malMn tout ce qui peut ressembler à un autd -et prends la fuite. l<es musulmans^ ayant pénétré «dans cet te- demeure > frappèrent violemment ûiiepattVife vieille femnae qui sy trouvait, enfoncèrenteobmèrënt toutes les; armoires v^ et la maison i&it eiilièrement pillée. 'lie lendemain ^^ au lever du soleil ylst droupel>arbare conduite. par des^ dieiks, reparut.aveç des^arineiEi^ ialle avait soif de sang chrétien > et c'est-ce jouWà que devaient s'accomplir ses projets homicides. Les misérables étsàpv^t en marche pour chercher leurs victimes , lorsque soudain on annonce qu'une riche famille musulmane a été. égorgée pendant la nuit. Le grand-padba s'était rendu, lui-même, avec une escorte nombreuse ; .dans* la maison où le crime avait été commis, et oomçie. cette .maison touchait au quartier des chrétiens , lies, conjurés sabhant le visir si près d'eux y crurent prudent de se retirer et de remettre à un autre jour l'œuvre de mort qu'ils avaient projetée. Deux des premiers meneurs de la bande , d'une réputation équivoque, furent arrêtés comme soupçonnés df avoir commis l'assassinat ; le pacha
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qu'on avait secrètement informe du eomplot avorté/ fit subir mix deux meiieurs arrêtés toiis les tour mens de ta torture; on reconnut leur nèn-fculpfabîlité j Fauteur du crîûie était un voleur de prelËi^onv Là se termina cette affaire qui eût pn devêttfi^ fëi^ riblè ywûL ineurtre particulier. empêcha réîîéfentî^» d'un grand massiaere: Quel deuillamenfable ^ quielte pajg;r hideuise dans Fhififtoire Éâoderaè de Damias / sr dei^âots de sang chrétien avaient coulé pour salis^ fàiné le caprice fanatique de quelques dieik^ inu-^ siilmansfr
Pour n'avoir plus à revenir sur le chapitre àes énietités^ et des révdkes à Damasy je dois rapportai* ici une' assez plaisante anecdote qui date du mois de mai i83o ^ laquelle ixifaftqua "cl'avoir - des' suite» funestes. lUn médeciij (Chrétien ^ nomjpaé - UètU y avait coutume de. ^écevoHT'^ chaque' soir ^ dans ssa^ maison'^ des musulknans irréligieuit qui venaient y boire librement du yin ^t de Feau^e^-vie j la réunion était toujours joyeuse et bruyantejion chantait des chansons où la muse arabe : conviait l'homme à tous les plaisirs de' l'amour; le zoukkamk, fait de petiii de bouc et de roseau^ le rebab , espèce de violon Btûb^, et d^autres instrumens de mUsiique accompagnaient les chants bachiques et voluptueux^ les buveurs musulmans trouvaient dans ces enivrantes orgies les délices ineffables que le dieu du Coran a promis à ses élus. Un soir que les buveurs avaient vidé plus de coupes qu'à l'ordi -
baif a , ik i^iir^at l'idée da parodier c^rt^i^es processi^qs ou promenades religieuse de# Urnes ^ appela ea arabe Sakarm de longues pipea au bout de^veUe^ étaient,^çqroqbée$ des babpllcb^sîa^nes y servaient de banm/ère^; un musulqiftnj.niiarcbanf «nr ee^ inain<» et; se^ gênons > >li^^.t ]a ivment ^ un autre ise di^t le obe^ ^ montait ^ur la jnrn^pt complaisante. Cette p^poot^sarân grotesque où^rfi^ii^ raient tous les habitués du médecin I>etféj;%'an vapigait dans ]a cour de la maison^ 9u milieu des^oris d'une folle joie. La plaisanterie ne resta que, jji|Ç^ de jours sous le secret j elle parvint anx oreiJlles des çbeiks. ÎL^^ prêtres mui^ulnuoiB tiennent con^^ ; ils condamnent le médecin . X<etfé àJa^mort, ef; sa maison AUX flamme^. Mai$,^van|;.4'^éQut^r la senteQce> ils jugèrent conv^n^l^ d'ave;*^ le pacb^ et de lui demander à loMneme iusticç» I^paebft ordonna Temprisonnetnent du médédn el de quel^ ques-tins ât% musulmans coupables d'irrévérence envers les saiftisusages de l'islamisme. Cette puni* lion ne satisfit point les cheiks^ qui demandèrent la tête de quarante cbrétieni^^ lleureuseffi^n^ que le jour où les (jieiks voulaient faire ^vok^ les qua>* rante têtes ^ était un jour ^ fête mu^almane; la seconde solennité du Beiiam se ^sélébrait à Damas , et tous les rayas avaient quitté la ville pour passer la journée dans les jardinet Pendant que le:kandjar des cheiks cherchait vainement du sang chrétien à répandre y un pauvre catholique fon(ainie;^> occupé
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èe réphreT' des conduits d'eau deVdnt iiiid maison tui^ae^' fol signalé à la futeur de ces barbares et tomba percé de ;coups. Le pa^a^ informé de ee HieuviKiy emoja 4es soldai» dans le quartier àe& chrétiens/ at ijpctinlitttr^ m<Ahectr nfat^rWà. Le médécm If^é 4jt ies: {MTisomrïérS' turos â^^ent par ohtehif ^ds? sortis de tetiri»4son ^Ib [ïWèreiM: }ong«4emps sallS'a&nldtttTe^p^ttlf 9e|>às trop efi&K roaciher les câmka ^sonaaqttiiis; •: r
Yous pôiirres étvé étminé ^ je «n'étonne iâ6i-» même qàe iàà première' lettre sur Damas^ le pâk«^ dis 4e l'Orient^ la tille dei^^ contes mérveiUeuk> des jai^dins enchantés^ ne renferme c}Ue l€âiicMo§6^ du monde les moins poétiques « des Séditions pù^ pulaires^ des émeutes de carrefour > des peintures qui iQt'honorent point Thumanité; mais ce sont là les premières piroles que j'ai entendues^ les pre^ miera fiadts que j'ai appris en entrant dans là cité, et coBome j'écris à mesure que je vois ou que j'entends , je né pouvais vous épargner l'ennui de ces récits sans poésie. Du reste, ce que je viens de dire sur l'iriritàtion actuelle des Damasquins doit servir à faire connaître l'état politique de ce pays», A Damas ^ les vrais croyans n'aiment pas le sultan Mahmoud, parce qu'ils l'accusent de sortir des voies de l'islamisme pour complaire aux chrétiens ^ ils n'aiment point leur pacha parce qu'ils l'accusent de seconder, autant qu'il est en son pouvoir, les vues impies du sultan Mahmoud, ha cité de Damas veut
rester samte , et s'efforce d'empêcher que Fesprit profane de TEurope iie Tienne soufQer sur elle. D'après celai^ puisque les Damasquins araient cru voir ^n moi un consul fraoc , pouvaient-ib m'aceueillir autirem€»t qu'ils, ne l'ont fait ? Pour ce qui est de l'opimon de. iDama^ sur la prochaine invasion égyptienne^ ^ei ob qu'il en est. Meldémet- Aly ou Ibrahim f^adbar,;seront les bienvenus dans la sainte ville ^ pourvu <pi!^ se présientent: au nom du Coian et des intérêts de l'islamisme ; les Damasquins chercheront à briser le joug de Méhémet-Alj, du jour où .ils verront en lui l'hoxnme des idées nouvelles^ le riyal du sultan Mahmoud dans la carrière de la réforme.
Au milieu des bruits de jour en jour moins vagues qui annoncent l'expédition des Égyptiens en Syrie^ il est une idée qui circule aussi parmi la population musulmane de Damas , c'est la crainte indéfinissable d'une expédition firemçaise ; ici bien plus qu'en d'autres cités d'Orient^ la nouvelle delà conquête d'Alger a retenti comme un violent tonnerre; on m'a montré, à l'ouest dé Damas, une porte que les musulmans ont murée jadis, parce qu'une tradition annonce que les giaours entreront par là ; je suis sûr que, dans ce temps-ci , bien des fidèles de rislamisme passent et repassent devant la porte murée pour voir si le bras invisible du destin ne l'a point encore rouverte pour les Francs. Ce matin j'ai rencontré dans une maison
<îhrétienne un vieux Turc îndévot qui buvait tranquillement du vin et de Feau-de-vie. « Je sais, » m'a-t-il dît , que vous venez ici pour lever des » plan^ , pour examiner Fétat de notre ville et pré- » parer les voies aux Français qui ont pris Alger , ¥1 maisjô-ne veux point vous trahir, car je ne hais » paé trop les chrétiens ; seulement , a-t-il ajouté , » promettez-moi que vou^ me sauverez du glaive i) quand vous viendrez avec le sultan de France. » Comme je souriais de ses paroles^ 1q vieux musulman m'a fait jurer sérieusement par le Christ que je le protégerais au jour de l'invasion ; je lui ai fait le serment de chrétien qu'il demandait, k Nous » voilà tous deux amis, lui ai-je dit en le quit- » tant; au revoir jusqu'à la conquête. »
Il " H j ii>^ at»paniiq:^sag«^ps*iy