‹ Correspondance d'Orient, 1830-1831 (volume 3)Chapitre 14 sur 33 · VI. II · texte numérisé non relu

VI. II

i62 Mi^r :d^ vieiltesi trnnbes. françaises;! en; Teirrouvarit

eooord oett!e^flburi^?Dâmas^<iau< milieu jdë^ râinei^V* j^ âOD^i en < mêoiè tiemps kià' ^Ibire >de id rf^^

du^]b^sé;etiaiiK)mal(ieurS!del^àg6 pré^ht; ''^^

>Dei|ueUe;iiiai!iîèrb ^i ;pap j quel • événement cette' fl^ur fte lis; «sfe^Ue jnenue se f)ldoe9>suri les tntitiiilles d«iElaiiiààâ>c?est oé ^cpe^j'ifncaféç -eèu^ >^ille) ii^lf jsfmaîs'été'faumisè arii' j)aistbir de6'i8foisés^;^M-]^ar conséquenrt i^'a. jamais étéifrânçaiseJ Â^cè^d^té hàSr-r^iàxâiest ixne a»ll« pierre d'une ptus^ granulé dimensioùv^ra^étUè d'une inscri^iob îarabe ; é^tté insccipiîoniiïpd >dbnive pèut^éti«eil%istoire <le^^lit fleurldé Ii5^ estplacee tTcyp>b»atJiteifô le ibjui^ p<^ qu'il âoît passible dé Id'lire; un tHaisièïfie ba^flj^ liitf dansi )e: inéin^ bit|P rej^smt&^m htmth&'Ji^ palmier jointe à uiiebrâfidie'deléhèih^'; u:fiiei^qiia<=' trième pierre. Tëpnèsente un: lion semblable 'â^ lions qu^ j'ai vusrsur la porte de Sai0t-^Étieifii6«à JéitisalcfnvîL'oiigine''de ces quatre bas^relie&>fa0iifi^ rait pas faeîfë a* expliquer ; disoni^ cispendant^â^ nous atons <vU des> médailtes arabes atec d^dls fl^iiM dé lisr {mf^ée» à^pamas dauk le treiiiâmd àièdé^ »h ileur de Ks dont il vient ^ètik iêiffdt^iaùi^épùiéftte l'ouvrage du prince niuS0tmdfir'4|ttlx£ff fhtpper' t^ médailles. = i' '/r:^ «, , ,, >;

Damas a dix-huit pories^^ et dtoquepefrte a ^àrni gardien.. Les hommes pi^osés à 'la' garde die^^te portes reçoii^ient une consigne sévère. L'entrée, de la ville esi> interdite aux Dfuses ;'un Druse recoxmu

pour tel ^ aurait la tête coupée s'il était surpris dans la cité f mais beaucoup d'hommes • apparia nant.à cette peuplade ^ viennent à Damas en.:^ &isant passer pour musulmans ; nul x^hrétien ^ qu^

qu'il soit^ ne peut franchir les poirtes. à. çheya|,im eii uirban blanc f de plus^ lioius les chrétiçtis^ -fi quelque nation qu'ils appartieiiiient>^sant ^^nUfl^ $lft payer eh entrant un tribut de cinq oti six. patias( (u^^ spii de* notre monnde). , ' . : r xç

Les maisons et les palais de Damas > :Xx>ntruH^ moitié en pierres, moitié en briques y: n'offrent .à l'extérieur qu'une apparence mesquine et grossièrev} toutes ces habitations sont revêtues de tèn^e ou.dQ boue blandiàtre , et vous diriez qu'elles ne. jenfer-i ment que dès pauvres ; quand on pénètre dans .l^ui) intérieur, on est tout surpris de trouver, des coura pavées en marbre blanc, des appartemens décorés^ avec luxe , de riches divans cramoisis, dos lambria dorés et peints à la manière orientale ; chaque mai-> son a une cour, chaque cour a une fontaine et desr arbres tels que des orangers , des grenadiers , d^^ citronniers ou des cèdres. J'ai visité avec M. BeauK ditv, notre agent consulaire, les vingt ptemièi*» maisons chrétiennes de Damas ; comme dans cett^. ville presque toutes les habitations se» ressemblent, quant à leur forme intérieure et à Ja distribution des pièces, quand vous en connaîtrez une > vqma les connaîtrez toutes. La porte d'entrée est étroit^ et basse; on trouve^ d'abord un corridor obscur €.t

tout jnste assez large pour qu^un ou deux hommes

péMÈsent y marcher de front ; ce passage tënëbreiix

Mmble devoir tous^ mener à une grotte ou à une

éttfble ; maifr voiflà que si^offre à nous soudain une

èbui*' onvei^e au djei , ornée d'ai'bnes itt d'une Cbnr

lakie^ puis vous arrivez dans des saUes semblables

ir de biiRatis sanetoairesir Les poutres qnlsouiui^

tfetat l^ toit des maisons soût toutes en bois de

peupliers. Des ciselures , des frisée sarrasiaes^ des

ptr^ges avec deé^ kiosques ou dés mosquées , tfNltes

êovte^ de vases de porcelaine encadrés dans éts

beit^eries^ di£Sérens ustensiles en argent^ en cuîvm

ou. en étain , tels sont les ornemens qui déçoivent

let^ tttirs intérieurs dé l'appartement. Les divans

é^^lates règi>ent autour d'une estrade de h&isy.re^

c(Miverte d'une natte ou d'un tapis , élevée à deux

ou trais pieds au-dessus du sol ;. le sol est pavé et^

marbre blanc ou en mosaïque* Au fond de la prin*'

cipale salle , dans presque toutes les maisons cbsén

tiennes^ est une espèce d'autel qu'on ouvre et qu'on

ferme comme une armoire ; il y a aussi des armoires

dans le^qoelies on enferme chaque matin les ma**

teias qui oiit servi de lits dans la mut ; les matelais

sont roulés et recouverts d'une toile blanche.

(Test dans ces demeures cachées que le chrétidti / troublé et jyersécuté au dehors ^ recueille son èl^$^ teiice et jouit de la vie ; là plus de terreur^ plus de tremblemem } aucun regard ne l'épie , aucun bras Ae le menacé ; ce dorétien qui tout-à*rheure tra-

versait la rue huinklen»ent et sans lerea: }9 lêjto, c^ palissait deivQnt les oieoaees d'uin petU XMf^faiU mar suinian y une fois jentré cbfft lui, change. d'atljtud^ et de costume ; <e n'est plus le tBya», fm^ifle e( tjir ixiâde y vêtu de noir comme un mdlheuitm;]^ esclai^ç ; il prend le manteau rouge et les babouches juanfis, il se pare de toutes les couleurs qui IvA pbisenit i de nombreux serviteurs sont là pour obéilr pu jMf^ raier mouvement de ses yeux.

Les rues de Damas sont étroites comme .'Celles ile tautes les villes d'Orient ; des rues larges ne cpn^ viendraient point à des cités exposées aux détroh rantes ardeurs du soleil. J'ai vu pourtant^ dans le quartier du sérail y des rues tout-à-£ait européenUfes par leur largeur.. Les piétons ont des trottoirs; 9U milieu passent les cavaliers^ les chameaux et le bér tail. Les rues de Damas sont beaucoup moins sales que dans les autres cités d'Orient.

Le commerce a trente et un khans à Damas ; le plus retïiarquable de ces khans est un édifice à voûte immense^ à grandes galeries, avec des salies et des dNÉmbres pour les négocians ; ce monument ne dépar-eprait point les capitales de notre Europe. Les khans des cités asiatiques sont y comme vous sa^ vez, des entrepôts de marchandises, et c'est là qu'on traire les affaires. Les soieries et les selles pour les chevaux forment les deux principale!» branches du commerce de Damas. Les Arabes des déserls viennent chercher ici les selles^ les ouvragées

de cuir dont il» ont besoin , et ce commerce est d*ùhe irapoplânteiet d'one activité que rien n'affaiblit et n'artêee. 'On compte soixante- douze bouti- Tjiies de selliers; 'Les étoffes de soie et les toiks de cotori, lé$ sucreries- et les fruits secs vont en Perse, •en Turquie, en Egypte et en Afrique; il part chaque jour des caravanes marchandes pour tous les -pays de POrient , et chaque jour des caravanes arrivent ; Stamboul y le Caire et Bagdad échangent leurs productions contre celles de I>amas. La cara^^ane de la Mecque apporte tous les ans à Damas tous les trésors de l'Inde et de l'Arabie ; les hadgi musul-mans n'oublient point les choses de la terre , toiit •en pensant au ciel ; les pieux visiteurs de la JBLaaba reviennent chargés de cachemires , de mousselines > de graines de café , d'aloës et de'perles.

Les bazars de Damas, aussi riches que ceux de Stamboul, m'ont paru beaucoup plus élégans et plus en harmonie avec les trésors qu'ils renferment; ils sont couverts d'une charpente percée de lucarnes par où le jour descend. Chaque espèce de marchandise, chaque industrie à son bazar. Dans ces brillans passages où le commerce asiatique dér ploie toutes ses richesses^ circulent en silence des flots de peuple continuels. Dans une lettre, jç disais que j'avais trouvé à Gaza une plus grande variété, de costumes qu'en d'autres villes d'Oriçnt ; cette prodigieuse variété de vêlemens arabes > je l'ai retrouvée à Damas dans les bazars; là le caftan

jougQ^daiiiitôttknan dttadin se Jdroiseàh^cc iéàbbâ 4p kîae du bédoiiîii': à celui-làv ki ^Miiiùre^^é 1^^ cbekuke^ le turban de vnôiisseUillé^bhlheli^y^lëè gr^mdes babouches* .jaunes ; à *celài^l^ liÉ'^èei^AJHrè de ciàin yte petit :ficba gvis^ on' }siMifè^éitë6^ dëMb Xète^ l^ grossières sandateë 4u/'déà<$tt>^^)é'diï^til3f|[l ^qmble' :<CH)lcHjr :S6 dédomdi£lgert de J^htihlilité^'^è son niadteab) Aoirylen laissant rèwmbët^auàk hêÈ qu'il pjÇui sur ses épaulés' le long tarbouch daim^ q^ia> k trav^fi ,4etie bigarrure ^^ri^nfale^ où ^ mêleni^^afi^i&eicanfondré lés couieiirs^ dé' ta domination et.de la servitude, passent et repassent d'iipiforines troupes de blancs fqintomes);^ des banP* des. de fenpiin^s musulmanes enTeioppées clans dé longs voiles de mousseline. Rien ne charmé plus l'européen yoy^igf^r qu'une promeimde dans les

baz£^*s ; ce sont, là les seuls spectacles des^ cités 4'Orient ^ et ces spectacles, mettent en relief tous les caractères^ toutes les mœurs^ toutes les images du pays. , , — ^ ' '

En parcouran % ces galeries populeiises y j 'ai • i^oiivçat entendu des musulmans me maudire ou lâè^a* drçs^r dés injures 9 lorsqu'à mon langage* ils reconnaissaient que j'étais Franc; mais notre agent conanlaihe m'avait fait accompagner d'un éniir ou cousin de Mahomet^ et par resjiect pouf le turbak vert on me; laissait passer. Toutefois si j'avais été surpris portant des armes, j'aurais couru risque d'être lapidé, car il est défendu à tout giaour de par^

courir la ville sainte avec des armes. Aucun Eu^ xf^pn^ aucun ifay^ oe trouverait à acheter iei ni poudre. >nî bdite^, ni rien de ce cpi resiembie-^ raità une qfimiition. de guerre. On m'a raconté que^ Tan ^rpier, un voyageur anglais visitant les. bazars, d^niaiida à acheter un sabre et un cou*^ ^^u ;. coipili!^ il portait le costume arabe et que s<ç^9 drc^m^ ^ml avait parlé y h mttrdiand musid^ ipai^ tendit âan^ difficulté le couteau et le sabre au prix convenu; piuis toui-à«-coiq[> le Toyj^;eur s'étant jpi4 à f^auser en langue italienne avé^l^n ^roginmi y le marchand reconnut sa méprise^ 'jeta à la tête de l'Anglais Fai^ent qui avait été lé jj^Hx des ^rlpes , et força l'acheteur infidèle de kii rénd^re 1^ sabre et le couteau.

. J'ai eu le bonheur de »e pmcuref lin documetit qui| mieux que tout ce que je pourrais tous dife^ vous donnera une parfaite fdée de Timportance de Damas et de son mouvement commerdal ; c^ést mt état des manufactures et des boutiques de Damas y d'apjrès un dernier recensement; cette précieuse jipte étant tr^ longue pour que je ki trMscrive en entier , je me bornerai à vous esti ofiEiir un ex<trait. , . .

Op coiiipte aujourd'hui à Damas. 1 219 boutîquei^ 4e i^nneuM^y 4? établissemens on Ton peint le& étoffa ^ âà établisseo!iens ou les étoffes s'impri- ^lept^ 75 teinturiers pour diverses étoffes, 120 teînluriers en soie tous juife, 34 maisons de lieurs de

&oie^ 748 marchands iïéioKds appelées étoffes de Damas ^ 211 épiciers, 19 magasins de coton filé^ 68 maisons où Ton taille le tabac ^ .72 sëlUers comme il a été dit plus faiiut , 1 1 marchands de tentes ^ 4? marchands de cuivre , 5o marchands d( fer^ 54 marédbaux^ 70 mardbands de fourrvurei;^ 98 passementiers^ i4o boulangers , 58 meun^f^rs ou marchands de farine, 24 «lairchandsde graîf^is.^ 122 cafés ^ 32 boutiques de sucreries, 129 bo^ cbcr^^ 124 barbiers^ i9annupers; Damas fip^dfpi depuis long«-temps ses manufactures de |Sabj;cg^ célèbres, mais les lames qu'on y fabrique ençqjfç spfit estimées. En poursuivant cette nomenclature, je trouve 71 tailleurs, Sg bains publics, 6lljorl.07 gers , G relieurs de livres , 6 marchands de papiefï, 43 boutiques de tuyaux de pipe , 200. magasins d^ mouchoirs et de petits objets, de parure, ï5o marchands de tabac et de café, 4 nianufaçtures de verre, 4 ^^^^Q^^*^^^ > ^43 tisserands ; les cuisinier^ publics et les rôtisseurs s'élèvent à plus de 5oo, Si Damas était une cité connue, je vous aidais fait grâce 4'une semblable énumération ; mai3 cette viUe est une de œlles sur lesquelles il n'existe que d^ dét^il^ générau:x et souvent très vagues, etlas^y listîquç que je viens de vous donner, ^présente I^ tableau le plus positif qu'il soit possible d'avoir. Il est aussi un Élit qui lui seul suffirait pour nous aider à juger du commerce de Damas; on m'a conduit dans un vaste quartier de la ville occupe tout

fîntierpor une dasse de inenuisiiers^ dont l'unique travail est dépi*éparer les caisses destihéfes- à recevoir les m^rebdiidises.

> Dans ûne-sainte ville musulmane comme Damas ; )eB monuméns religieux doivent naturellement se trottver en grand nombre; je pourrais voué citer les^ noms de' soixante mosquées qui s'ouvrent chaque jour à la piété dés Dàmasquins. La grande mosquée,' celle qu-on a coutume de fermer en signe d'alarme, fut autrefois une église consacrée à saint Jean-Baptiste , selon les uns , à saint Jean-Damasciène, selon lés autres; quelques auteurs prétendent aussi que cette église était dédiée au prophète Zacbarie et qu'elle date de l'empire d'HëracIius ; celte dernière opinion est fondée sûr ce que dans le premier siècle de l'ère chrétienne, les fidèles et surtout les Grecs aimaient à placer leurs temples sous l'invocation des anciens patriarches et des pro^ phèles. Les auteurs arabes nous apprennent que le calife Valid , an 86 de Fhégire, répara et embellit le monument ; ce qui a fait croire que la gratide mosquée de Damas était l'ouvrage de ce cafife. Je n'ai pas le temps de fouiller dans les vieilles origines , pour déterminer aveic une incontestable vérité, quel fut le premier fondateur dé ce temple , sous • quel saint patronage ce sanctuaire fut d'abord place; il tne paraît plus simple de vous annoncer que la grande mosquée est le plus beau monument de Damas; l'édifice est d'àrchilccture corinthienne; la

Page 1