VI. I
croisades y ou plus anciennement dans les époques les plus glorieuses de l'islamisme.
Je ne connais pas assez les grande monumens religieux du Caire pour en parler avec précision et détails ; les plus considérables peuvent être comparés pour la magnificence à ce que possède de plus beau, en ce genre, la capitale de Tempire ottoman ; il me semble toutefois que leur aspect a quelque chose de moin^ittoresque et de moins imposant; les mosquées de Stamboul sont presque toutes bâties sur un terrain élevé, souvent au haut d'une colline, quelquefois entourées de cyprès verdoyans; on ne trouve rien de semblable au Caire^ où nul «difice , nul monument ne paraît se détacher du tableau et de la perspective uniforme de la cité. Pour voir les minarets et les coupoles des mosquées , il faut monter sur les terrasses des maisons ou les regarder du haut de la citadelle; il n'est presque* aucun de ces monumens religieux qui soit construit sur une place découverte ;» aucune colonnade , aucun portique extérieur ne frappe les regards, n'attire l'attention, et souvent le voyageur a pu passer devant les mosquées d'El-Hakem , de Hassan, de Touloun et même d'El-Azhar, sans les apercevoir.
Il est aussi un point de vue moral que je ne dois pas négliger en parlant des mosquéies du Caire, parce qu'il peut vous faire connaître l'état de la religion musulmane, l'esprit du gouvernement et
du peuple^ en un mot^ la véritable physionomie du pays dans les circonstances présentes. Pendant mon séjour à Constantinople, je n'avais rien trouvé de plus admirable que ces mosquées impériales auxquelles se réunissent une bibliothèque^ un médressé ou collège^ un hospice pour les infirmes et les malades^ un imaret où les pauvres sont nourris. Nous lisons dans Fhistoire que la capitale de l'Egj'pte possédait autrefois de semblables établissemens ; le Caire n'avait point de grande mosquée qui n'eût de même son école ^ son hospice ^ son dépôt de livres^ tous les moyens de combattre l'ignorance et de soulager Thumanité; les vieux chroniqueurs arabes nous racontent à ce sujet des merveilles qu'on aurait peine à croire au temps où nous sommes ; non-seulement dans l'enceinte de chaque mosquée^ on cultivait les sciences^ on recueillait les misères humaines; mais la dévotion musulmane qui veillait a tout/ plaçait autour des minarets^ des vases remplis de grains^ et s'associait littéralement à la providence qui nourrit les petits des oiseaux; aujourd'hui^ il ne reste presque plus rien de ces établissemêhs religieux ; l'infidélité ou l'indifférence des administrateurs ^ le gouvernement des mamducs et des pachas^ ont laissé tomber les chaires des docteurs ^ les asiles de l'indigence y ont dévoré les trésors de la charité^ le pain des pauvres^ tout ce qu'on avait donné aux malades^ aux infirmes et aux oiseaux du ciel ; les mosquées
eHes-mêmes ont souffert de cet esprit d'abandon et de cette décadence ; comme la plupart avaient perdu leurs revenus , Fétat se trouvait chargé de leur entretien, et depuis quelques années^ on en a beaucoup supprimé par économie. Méhémet-Alv ne paie plus que les mosquées qui sont le plus.ffér quentées parle peuple ; sur quatre cents mosquées^ à peine cent cinquante restent ouvertes maintenant aux fidèles; les autres sont fermées et tombent en ruines.
De tous les monumens religieux- du Caire, il n'en est qu'un seul qui ait conservé une image des vieilles institutions, et qu'on puisse comparer à la grande Solimanieb de Stamboul ; c'est la mosquée d'£/-^xltar; eette mosquée est aussi ancienne que la cité> et son nom à!El'Àzhar ou de mosquée des fleurs lui a été donné parce qu'elle fut bâti^ dans un lieu couvert de jardins ; je l'ai visitée plusieurs fois ; l'édifice est si vaste y que lorsqu'en 1 800 , le Caire se souleva contre les Français, plus de quinze mille habitans purent se rassembler dans son enceinte. La mosquée d'Elf-jA^har est le Jiçu le plus fréquenté de la capitale 3 un grand nombre de n^Usulmans y passent leurs journées 9 les.usjâ foQt le namax dans un carré qui n'a de voûte que le eieli d'uutres daifis des galeries couvertes ; ici les fidèlei se rassemblent près d'un bassin rempli d'eau et fpnt leurs ablutions^ là sont assis en cercle des groupes oisifs, , fumant; le tabac, de Lattaqi^ié j&t savour
rant le nectar d'Arabie. Au milieu de ia fouïé, des colporteurs vendeàt des schales , des bijoux y des kaftans; le voyageur peut se croire tour -à-tour dans un lieu saint , dans un café ou dans un bazar; cette mosquée d'El-Ashar renferme tant d'édifices , elle a tant de passages , tant d'issues , qu'on pourrait la prendre pour un des plus grands quartiers du Caire. A la mosquée , se trourcoit réunies une bibliothèque et une école. La bibliothèque pasise pour renfermer tout ce qu'on a écrit sur l'Egypte parmi les Arabes ^ et toutes les fois que je fais de$ questions à des ùlémas sur l'histoire dii pays 9 ils me renvoient à la bibliothèque d'Ël-Ashar. L'école de la mosquée des fleurs est encore célèbre dans l'Orient ; on y vient de l'intérieur de l'Afrique , de la Syrie 9 de l'Arabie, et de l'Inde ; les étudianssont divisés en chambrées appelées rouaghs; on leur 'distribue tous les deux jours plusieurs quintaux de pain avec de l'huile pour les lampes ; l'école d'EI^ Ashar a des chaires dans lesquelles on enseigne le Coran y la philosophie , les mathématiques et même la médecine ; c'est là surtout qu'on vient étudier la grammaire et la prosodie arabe y car on y conserve dans toute sa pureté la langue que parlait le Prophète y et dans laquelle les dogmes et les préceptes de l'islamisme ont été transmis aux vrais croyans. Je me suis fait traduire le diplôme de docteur que donne le directeur de l'école à ceux qui ont pris tous leurs grades, et retournent dans leur pays avec la
qualité d'u/emaÀ\ Ce diplôme , écrit en style orientaF, commence par des louanges à Dieu, par qui tout mérite i^'oblient et toute lumière se répand ; puis vient l'éloge de Tétudiant qui a cueilli dans le jardin d'Elu4shardes fleurs qui ferment honte h la rose et mi narcisse, eîiEfUi s'est composé un collier précieux ^ai^ec les perles des bonnes leçons et des bons discours. Le diplôme Ajoute que le nouveau docteur a toujours obtenu r^stime de ses maîtres et de ses ctwidisciples; puisqu'il veut retoui-ner dans sa terre natale , setnblablc au glaive impatient de rentrer dans son
fourreau , tout pouvoir lui est donné pour renseignement de la morale et des. sciences ; le directeur termine iSon attestation par ces mots adressés a l'élève qiui a^etuva: Puisse le Seigneur tefa{H>riser et f^i emsi y et nous diriger vers le bien !
-; En tiraversant.uae des galeries de la mosquée, nous avons- aperçu 6onsuii portique un groupe déjeunes musiilmans qui^ntouraient un homme à barbe grise e|: cQiffiédu»cahouk des docteurs ; c'était un professeur de l'école au milieu de ses disciples; il parlait aivec. beaucoup de gravité et son auditoire l'écoutait dans.un pieux recueillement, car il est encore des musulniahspour qui l'envie de s'instruire est une véritable piété, pour qui les trésors de la science viennent, de Dieu. On nous a fnohtré ensuite plusieurs chambres où sont reçus des aveugles. Cet hospice est exclusivement destiné à ceux qui ont perdît la vue et ne peuvent vivre de leur travail ; ils sont nourris et
entreieaus aux frais de la mosquée; ils ont des esclaves pour les servir et les conduire. Chaque jour ' on leur lit quelques pages du Ckiran ; un niédecin oculiste vient quelquefois les visiter. . JeToi^^.âi-je dity'qu'on faitieila^^uerreaux té* nèbres> Oui y sans doute ^ m'a répondu un Franc qui me servait de guide ; mais les ténèbres restent en possession du clian^ de bataille^ caren ce lieu oft nie guérit pàa plus de l'ignoiance que de la cécité. Là ^dessus, je lui ai adressé plusieurs questions. Je veux vous transmettre une partie de notre dialogue^ qui vous fera oôilnaitre Tétat actuel de l'instruction dans les pays d'Orient^ et surtout en Egypte.
—Cette mosquée des fleurs^ m'a dit mon conducteur^ édaie autrefois comme un flambeau placé au milieu des peuples de l'islamisme ; elle fournissait des ulémas ou des docteurs de la' loi aux villes de Damas, d'Alep, de Médine ; elle e;^ fournissait à la Nubie , aux rives du Oange et du Niger. Dans les jours de sa splendeur , elle comptait plus de dou9:e mille disciples. Les tempssont bien changés ; depuis quelques années ,' cette grande école , rivale de celles de Stamboul et de Bagdad , a perdu presque tout son éclat j plusieurs diaires sont abandonnées y et le nombre des élères ne monte pas à cinq ceats. -^ Vous savez que le padia a fondé d'autres écoles ; on m'a parié d'une école établie à Boulac pour les mathématiques et le dessin;
d'une autre école établie à Kank^ pinir le&jeunes olficiers de rarmée. '— L'une de cesiéoole^ est sûp-r» primée , l'autre est sur Iq point dcr l'être. ^^ L'établissement d'Abouzabel^ m'art-^on dit , donne les^ plus. grandes espérances, -r^ L'éeôle d'A|>q)azabel , en efiBat ^ a commencé sous les fhxs- heureux au&*> pices ; mais toutes ces écoles nou^relfes qu'ofi* ret garde dans le pay^ comme une importation d'Qa^^cident , n'exerceront jamais un gmnd fisoendanit sur) rçs|>rit des peuples^ et leur succès même :€ontribue> à la décadence dies écoles nationales. Pour £aipei adopter les) sciences, et les lumières de l'Euroj^e, • on aurait dû les faire; passer par le»^ mosquées^ et. charger cette grande université d'El-Azhar de Jçs répandre ; . c^ dulwt, dà.:aU moins, ffrotégeri ce célèbre établissteqpreQL.-et i'empèchisri :d6 ttàKfrberi::Il;eOi est dea institujtions d'ua peuple^ qu'on ieotàréfoiH. mcr^ comme di$s àrbresde^no^ jardins i qu'on ^re* nouvelle à propos ^ et: qu'une greffe^ habile ; préparai > à porter des fruité; meîlleum>:et quelquefois même des fruits étrao^gipr^. r>— ; Le paoba ne néglige rien cependant pour que les lumière arrivent en Egypte; • chaque année , an > envoie à Londres, à Paris.,, à Lyon ^ à;, linoiiirue ,. de jeune& Arabes pkwir sqpprendne. les/arts.et les industries des . Francs^ : — C'est forA bien > sans; doute.,: mais: le pays n!en) a pas recueilli de grands avantages. Le. plus spu-f' vcint on 4^retid les jeUnes geas au «hasard ., .sana> exarmoSer li^urs disposition^ iDaiui'dlcs.etisaa^ cofor».
naître letir^aptitude ûtjb travail f il airfdva par ik que pour quelques sii}etSi£stingtiés^^ il s'entrouve^^au^ coup dé médioqresy^et iBéme d^'iucapablcfi;. A]Oii€e:& queles e«^iiis ne se préteist pointa* ibuftç^ ceà tenn tativesr. i Pour j«geii à c^ églaid V<^irSmt âu^ fày& >' ilifitvâraîtiToicki désolatioiit d0$[jèi»i«is 'fMb^qu^Mï &itfiafirtîr yxelleide leiir^iâiitnHe^litiil^tt'iis 't^ittetiv leiirsufo^fiwpouD'pUiir «Jla Téohencke^'de^la dvili^ siatîi^vtM^ Mais >au^lnois(s»^>[lbr8qu?iteî tf^yUkkWtJMy ifHXp lu ihon^doit étrei m)iit€«it? t^4^ La pluj^i^t , i> estJvxû^Jrenepoieixt plli|/J9bisiniitsf; iavnr^-pj^T^n^ lions sont dissipées^ mai^TitoéUé^ lia p[<^ilple^i^ teu^ourâ ^.inéines'; ii j> aiqhdqiles jouis^k^ des étudiana. arabes. sODt. sevenu^ de • ¥Mcm»^ Yund'eihb a> été ) mza aux:: kaghey d^ Alexandrie y 4^ gens^ quitse g^eriéient^ dJôtre'. l^aiûiiares lut^'Ont^- reproché deaiiW^yrrrsen^aiipris { du Fciste^ il a été io^ndamiié sans étiie:eafjendu j ec laîpolîce^ Ta rete«in eii: prïion' cDQime>^]»i]%tient à; Mdofiatib un ballot' ;èftii< n'est pas en ràgfe. •>»-- Get:»[^d'>iÉe ^i^ènée ^t giéti^éî^e^i mem>atti*ibiiéà Ibr^iîï'p^id^', qisi ne" veiilt liV6ir' quq des^sdtdksi;-^ Quoique <fe pâdh^i mteabc^»gé oeux) q«i^>onl ^étiè^i datifs l4ut«'étùdëi j^^tr teè^^it' d<Miné} d«S ^empléis'^ la'^j^uliét^éê^^^ sbrb^iidC^tt4%'éM{irégs& poJIÉi<<â€{ $«ii4f«tisle^ ë^jf^lëi'
musulmane : âk ÉÀitQ'i iM^>()éntil^it^ k peijfi6>/^ ^ b V quede l'fndilCépeiloe» poùrïéti kiotiièbs^ qu'ils rap^ p^rteut dUj^yt^iksrdtMpétieiiè.c^; '^ ^^ i'
Vous pouvez juger y par celte conTersatîon , que le» esprits^ sur les bords du Nil y ne soot pas aussi avancés qu'on le croit diez noss; je îie sais dans quel livre j'ai lu qu'il y a dans les régions reculées du fimulment des étofles que les astrocomes de notre globe n'ont point encore découvertes ; la lo-^ mière de ces étmles est en route depuis le temps^ de la ctéaticm y mais die n'a pu. nous parv^iir. En vérité^ je suis quelquefois tenté de îcroire qu'il en sera de même des lumières de notre Europe^ non-seulement pour l'Egyptei maïs pomr beaucoup d'autres pays de l'Orient.
U faut avouer toutefois que les écoles piâmaiires: se sont mieux défendues^ se soat mieux conservées dans ce pays que lesknosquées et Jes grandes écoles; nous en avons visité plusieurs ; chose assez sin«gulière^ id une école pour les ^i£uis est presque toujours attachée à une citerne publique; la piété des fbpdateurs à voulu que dans le même lieu^ on pût di^pcîbuer d^ l'eau aux pauvreS;, et donner des leçons }fk l'enfance ; la j^vipart de c^ écoles sont très fréq^e^tée^ :fil y en a trois ou quatre datis dmcpie quartier 9 yn pl|is grapd nombre d^ns les quartiers populeu^i;. L'instruction des 0n£ans ne cpmn^ence qu!à l'âge de sept à huit ans : on lei;Mr apprend à lire , à écrire et à prier Dieu j ils écrivent sur unt tableau et prononcent tous ensemble t^.même mot ; tous inclinent la tête et balancent leurs corps de la même manière j ils ont loiis^ soit qu'ils lisent >
qu^iU écrivent^ ou qu'ils prient^ les mêmes gestes, la même attitude, les mêmes accens et les mêmes intonations ; pour entretenir leur émulation^ on ne donne point des prix comme chez nous^ mai^^ ceux qui . ont le mieux réussi sont présentés comme exemple aux autres, et quelquefois même on leur décerne de petites ovations , c'estrrà-dire qu'ils sont promcfnés en triompha dans leur quartier ; on veille à ce que les élèves ne soient pa3 trop dissipés , et qu'il ne leur arrive aucun accident ; des mmtres vont les chercher dans les maisons et les mènent à l'école. Cette éducation dure à peu près deux années; dans cet espace de temps ils apprennent tout ce qu'un musulman doit savoir; presque tous les enfansdu peuple suivent les écoles primaires j il en est très peu qui passent de là aux écoles supérieures; uiie remarque à faire, c'est qu'en Egypte, et j'ose dire dans tout l'Orient, il n'y a guère que les e|i&ns qui étudient, et personni?., ^scepté u^ petit nombre de docteurs, n'exerce sa mémoire et ne continue à s'instruire passé 4îx ans.
J'aurais pu voir ;au Caire quelques collèges oubliés par le temps, quelques hospices que lé génie de la destruction n'a point visités; mais les établisr semens de ce genre , qui subsistât eni^pre , n'ont que très peu d'importance, et sont à peine connus dans les quartiers où ils ae trouvent. lia seule institution qui attire; aujourd'hui l'attention des
^foyigéùt's'- est' le Moïisfitri. Cet hôpitâf rèirîtirife péai sâ'fbhdatiôh^^ itioyékl^lq»e;|<eftakrit pïii^ SïcWrsf sièdefe/sà ietidiiitnIéiB'Iavâit rempli 'POfieiit. Les Aàlaàésf féales mfitni^ Wy troUva^irt 'psf* =*!!iti:-^ ' rélïièht ÙTt^iâsUé èordirfdérë/ rirai$ dte i/^né'tiiécHéàii riiëos ^ d'haiaiés ineaeCihk';'4es-TOéts:iës^^^iw d^^^^ yâtsyet'tbrftessfôi'tM'de^dîibacfiorisv telles qcte 'la a«isJ4uie,''là- tëinédië,'-èic;'Lè Mdnstàii dii diirfe est artëoàH* àf* fe ibttstiùéè^ dè'!Ke!à6ûh ,' dSns le quartier dés étivriérs'éii-'cmvré.' 'On' tt/ya bôiidttit; ëf je sui^ èaztè dàhs'«h'g^afi<i BâWriiéAt'tjoî iheriacé irtjitféj IS," dans dèii* W tr6i^ (âi^Wbi'éis sakis rheitmèé', j^i " Vii i de ^pàuViës gètts' •<A>uèhés sur déë ii⻫eé' âiiaéîS cousfeih^vlcbù'^ëf^'^ë *rêftiiinef et lit 'laftfbèddi' qùiijiàrâiàseilt ^u^^bùffrii» encore êié htAm^é't\iit! dfe iéUri toâlâdiés^ GttitoWe ^lans tous îesfiôf»itJHfcfc'mUsïrttfian*;'fln^ p làitti'i^ïAèdestiilTBéaëèîiiSfi'--' '>'''• ' -i. ^^ f^!.;/:.:Hn/- . Dès soAf<*{^*i"<;,'iaMtt^an-iiit'tiiÉ hÔpHal^dut' cetix qiiî'Avlrfèntf^ëttîéf lâ^fàîfeott'; j^àilVïrtès «HëflÊs dans ùtté 'dès 'JétttiW/ B^ttrtite^ies infihuita fitiimaines , l'aliénation mentale est céltë- <p '*'-4(S jnîéO* iièitastei»^ :éèS îdtoSts ■ à "la côm^afsiïiOW 'Bes jOiSèfttàbe^i ' owife ; qu*it y : « ; lujin ettdoi-e^ ide-tje^ «Jtte jii0lÀ8>^fcV«ftfei i«ni!j ;à 4©-iqtfe; isejie'tospiiwàttè nèri- ^Wé'cbéMfitié lié «^i«r<w*vév?ii:^pt^de9W»to^ ,éfifèif mes »tf < HibWsta A >, /jn'un' lM«^ie#>qai- leû» 'tiwiii iim- de i*fé«l«cih5 >Pout!t«u«lr««ïè«*î»v il Içur'flertinb
de vipèrq ; conime il aoi^^ ^ccqvnp^gii^ît d^lLs •potr^ yUjte^ j'ai reixiarqué;(jp9,'it.ayail: à,la;m^iQ une clé^ ei; qu'il e][i'do.niiaitf4^ çoup^ sur la t^^ de^^aoun de. ^e$ i9a)adesf,x9U3ffqappçz-$^s.d^^^ à l,a^porl.e jdu. Içgisj lui ai-je ditj'pqursjaTOçr^^i )a raisoti (ftt rentrée. II. m'a rt^opjd^que j'é(|qiUbrje d^nfi 1^ fdées ne pouva^ se rétablir q^e par.q\iç)ques ser çousses. .-*- Eu avez-voijp ,ff^Ti que^qi^eis-riins;? r-n J'^i jugé à sa réponse qu'il «n était, dei aliéôés dii Caire qonlme.de.ceux de Stamboul >, qui. :de gué^ rûsiseiit que lorsque Dietl consent à te délivrer de Cette vie.
Ce serait peut^^tre ici le cas de dine un mot de l'état de la médecine au Caire i cette scicii4^è est à peu près en Egypte ce qu'elle est eiï Turquie:; et par un singulier xapproclMinent ,• il se tfouve: que le premier médecin du padha (Sosari ) ^ est pomme l'hékim - h^ichi du sérail impérial de Constaptinô-^ pie , lequel ne sait pas un net' de médecine^ i et n'^n présida pas moins à Fart- de guérir. La méde^ cine de ce pays n'est pas ph» avancée ijue t^t le reste ; heureusement le sôlett> le climat et la sbbriété du peuple préviennent ou ^uérissi^nt bien^de» ma-^ ladies. Il n'y a point de pays d'ailleurs où leâ mald^:^ des sachent iniëux'souffirir leurs mau)c; Topht^mie, piar eiemple y est une maladie très conuHdne ; oti ae manque pas ici de médecins oculistes^ mais ils n'ont pas encore pu connaître la nature et la source du i mal. Lorsque la maladie arrive^ on s'occupe a
peine d'en arrêter les progrès y et d'en éviter les stdtes. La plupart des malades se lavent les yeux avec Teau du Nil ^ et la Providence fait le reste. Depuis que je suis arrivé en Egypte^ ma vue s'est affaiblie^ et |'ai senti le besoin de m'aider des ressources de l'optique. Le croirez-vous ! dans une ville où tous les habitans ont mal aux yeux^ rien n'est plus rare que des lunettes y et j'ai eu toutes les peines du monde à m'en procurer. Ce qu'on ne peut obtenir de la science^ et même de la charité ^ on le demande à la superstition. En sortant du Moristan^ je suis entré dans la mosquée voisine ; là^ on m'a montré le caftan et la ceinture de cuir du sultan Kelaoun , qui passent pour guérir plus de maladies qu'on n'en guérit au célèbre hôpital. On m'a dit aussi que Jes Grecs conservaient dans une église y au-dessus du Caire ^ un bras de saint Georges ^ qu'on £Biit toucher aux aliénés. Cette relique^ révérée des musulmans comme des chrétiens^ opère ^ dlt-oUi plus de guérisons que les bouillons de vipère du Moristan. Je me propose ^ au reste y de revenir sur. la médecine et les méde« cins du Caire y quand je vous parlerai de l'établissement d'Abouzabel.
liOS visites que nous venons de £aire aux mosquées^ aux écoles et aux hospices^ m'ont laissé de tristes pensées sur l'état actuel et sur l'avenir de l'Orient; il n'est que trop vrai de dire que dans ces contrées d'où la lumière nous est autrefois venue ^
toiU: <»'qui tend à éclairer les hommes^ tout ce qui tend a soulager Thumanité dépérit et dégénère d'année en année^ et de jour en jour. Toutes les grandes écoles ont perdu leur glmre^ et toutes les institutions de charité ne sont plus que des ruines. Tout ce qui s'est perfectionné dans notre Europe chrétienne s'est détérioré chez les Turcs et les Ara- • bes; il ne reste plus que le Coran avec son fatalisme et ses inspirations stériles ; cet islamisme qui voulait renouveler le monde , n'a rien pu finir de ce qu'il avait commence et n'a rien produit de ce qui a de la vie et de la. durée; après ses grandes victoires qui ont jadis tout ébranlé , avec ses doctrines qui laissent maintenant tout périr^ on pourrait le comparer aux magiciens de Pharaon y à qui Dieu avait permis de faire certains prodiges^ et de changer en quelques points les lois de la nature, mais qui ne pouvaient réparer le mal qu'ils avaient fait^ et rétablir l'ordre qu'ils avaient troublé. Plusieurs voyageurs modernes ont pu prendre cette décadence des institutions musulmanes pour un commencement de civilisation^ pour une tendance vers d'utiles réformes ; tout ce que je peux vous dire, c'est que la vieille barbarie s'en va ; que viendra- t-il à la place? on ne peut répondre que par ce dicton des musulmans : Dieu le sait.
Je ferai néanmoins une observation générale^ qui peut s'appliquer à tous les peuples d'Orient qu'on s'occupe de réformer. Il est certain que pour une so-
piété^ quelle qu'elle isoit^ IajQièiIleu]feet»làr$ealetiia* aière de parvenir à quelque . ciidlisatiônk^ o'estt Ae pdrfectionner^ d'aiDéliorer' ce qu'elle a :déjà ; par une conséquence de cette vérité^. il esfcxliffîcile de croire que dans un pays qui laisse dépérir tout ce qu'il a de bien^ dés institutions nouvelles y des institutions venues de loin, puissent prendre racine et porter des fruits salutaires.
asras
LETtRE CXXXIX.
UB VIEmE GAims. m tM UÏÏLOWgtTKB, m L^ILE BS mOUDAB. « OISEK.
Le Caire, avril 1831.
FosTAT OU le vieux Caire est situé au midi de la capitale; c'est là qu'on s'embarque pour la Haute-Egypte, comme on s'embarque à Boulac pour descendre le Nil ; Boulac est une ville bien bâtie , très peuplée , très industrieuse; le vieux Caire a peut-être plus fl'étendue, mais il est sans aucune espèce de commerce. La première de ces deux cités peut avoir une population de dix à douze mille âmes; l'autre ne compte guère que trois ou quatre mille habitans.
L'origine du vieux Caire remonte à la conquête d'Amrou ; le lieutenant d'Omar avait fait placer sa VI. a
tente au bas du château qu'on appelait Baky]one> eLJbrâqu'ii voulut marcher vers Alexandrie , on vint lui dire qu'une colombe avait placé son nid sur sa tente ; Amrou ne voulut point que sa tente fût démontée^ lorsqu'il eut achevé la conquête de l'Egypte, il ordonna qu'on bâtit une ville au lieu même où il avait campé , et la cité nouvelle prit le nom de Forstat ou de tente. Ce respect pour le nid -d'un pigeon , cette espèce d'idylle au milieu des horreurs de la guerre a quelque chose de singulier ^ui caractérise les mœurs des Arabes et le génie musulman 9 tandis que tout un peuple est chassé de ses foyers, une colombe et ses petits excitent ^euls la compassion du vainqueur ; on retrouve encore cette singularité dans tout l'Orient, où le peuple a souvent moins de pitié , je dirai presque moins de sympathie pour l'humanité que pour certains ani- ^in^ux.
.Au-dessus du vieux Caire était un <îhâteau qu'Aboul-Feda appelle le château des lumières j et nos chroniqueurs du moyen-âge, laj^ouvelle Baby^ Une : deux noms qui indiquent qu'il fut bâti par les Perses ou les adorateurs du feu. Il faut remarquer que Babylone ou Forstat, par sa position^ était la porte de l'Egypte pour les conquérans qui arrivaient de la Syrie, tels que lés Perses^ les Assyriens et les Arabes 5 de même que Neucrate^ puis Alexandrie, furent la porte du pays pour ceux qui arrivaient par la Méditerranée et l'Archipel. Le vain-
cfadur établi dan3 le lieu qu'occupe. aujouxdliui rie viieiix Caire , pouvait de là cootçûir la Hautft.^t ^ Sas^erEgypte; laBabyloiieiâ$)Uvie)]<^>pQrtii )è(»ppc€^ «liers coiqps à.Memphia^ l'agii^Qdlaaf^eftt. 4e Foi^s^ tat acheva de détruke Ifl capit^, i^rnaVi^^^^oi^i cepeddant^ les caUff^s. J^t^inoLiies. se 1i^iiv^^% js^ l'étroit dan9 la cité. d'AooFpt} ^. qt ki^iMi^t 'l0jj[rift$i4 Caire ^ KiAi^a ou^ la Victorieuse^ 3-41eya; d^^l^: lîoi voisinagç; le calife Hâkem ^ le mêiixie qui fîtdémf^ l'église du Saint -Sépulcre à Jérusigilçm.^ ptit.>^ft mojen ea^péditif d'agrandir et de peup^r. jft .vj||q DOttvellement bâ tie> ce fut de faire brùlex: l'aqç^ejai^ Un siècle et denii après^ lorscpie \e \Tqi A^jni^im vint avec une armée jusqile dans la plaiae. d'H^ liopolis , on craignait qu'il i)ie s'empajfàt du vieuK Caire, on le fit brûler une seconde fpis, ^t:l!iqrr 'Oendie dura cinquante jours ; Forstat ou la vieille cité s'est trouvée^ depuis cette époque, réduite, def deux tiers ; elle n'a plus d'autres viciss^tudj^s ; j^ redouter , et désormais , qqelles:qui3 soient les çéx yolutions qui peuveïit survenir ,ellp suiv^sa lesjd^r Unées de la capitale dont elle n'est plus qu'un faqi;?
. Le vieux Caire ofËre- des souvenirs à toutes . ks sectes qui l'habitetit; on noqs a. mquM^^ de ;l9Jfli Iç couvent de Saint^deprge où, selon l'opinion fies Gtecs, s'opèrent plusieurs guérisojas miraculeuse^^ nous avons visité le couvant latir\d^;^ Prop^gnajadç et relise de Saînt^Sergius^ <\h }e^ "gélpviif^ii'a^éij
teni encore devant une grotte qui a servi d'asife àr la fieimille de Jésus. Notre guide nous a conduit à la mosquée d'Amrou ;,on la regarde comme le premier temple qu'ait élevé l'islamisme 3 elle fut construite à ]a place d'une ancienne église grecque, et cette église grecque avait succédé à un temple du Soleil. La mosquée d'Amrou a été reconstruite et réparée plu« sieifirs fois ; c'est une vaste cour avec des galeries de trois côtés. Je n'ai jamais vu dans la mème.enceinte uiie si grande qtiantité de colonnes ; elles sont iné-* gales^ noires^ vertes, grisâtres ; les unes de porphyre; les autres de granit ; la plupart ont appartenu à des temples de la vieille Egypte ; toutes les anciennes mosquées de ce pays renferment de même quelques dépouilles de l'antiquité ; lorsque je vois ces grands monùmens de la barbarie^ menacés à leur tour par le temps, et nous montrant dans leur construction les restes d'autres monùmens détruits , j'éprouve un sentiment pénible que j'ai peine à exprimer; il me semble, vous trouverez peut-être la comparaison bizarre, que j'éprouverais la même sensation, si je voyais dans les flancs entr'ouverts d'un énorme léviathan des poissons encore entiers, d'autres habitans des mers presque vivans qui ont été sa proie et qu'il a dévorés au fond de l'alnme.
La mosquée d'Amrou , dans laquelle les musulmans ne viennent que le vendredi, n'ofiEre plus que Faspect d'un édifice abandonné ; elle n'est plus jentrétimue que par^Ia charité des fidèles, et par les
offrandes des voyageurs qui la visitent,. Nous avons trouvé y en sortant de la mosquée y plusieurs' fas* mes musulmanes qui nous ont demandé de l'argent pour les lampes du lieu saint, et qui se sont partagé quelques piastres avec une avidité peu édifiante. La rencontre de ces femmes nous a d'autant plus surpris, que jusqu'ici nous n'avons rien vu de semblable ; les Turcs ne souffrent pas ainsi des femmes à l'entrée de leurs sanctuaires ; on ne soufi&e pas même des mendians à la porte des mosquées.
Les voyageurs ont coutume de visiter, au vieux Odre, les greniers de Joseph; on appelle de la sorte une eneeinte découverte, entourée de hautes murailles , dan^ laquelle se déposent les grains venus de la Haute-Egypte , et destinés à Tentrelien de l'armée; des tourterelles s'abattent sans' cesse sur des tas de blé ; ces oiseaux qu'on respecte et qu'on laisse faire , m'ont raj^lé la colombe d'Amrou ; ce qu'ils dévorent en orge, en froment et en dourah, suffirait, m'a-t-on dit, à nourrir tous les pauvres du vieux Caire, et c'est ainsi que les musulmans entendent la charité. Je n'ai pas besoin de vous dire que ces greniers de Joseph ne remontent ni au patriarche Joseph , ni à Saladia que les Arabes appelaient lousauf; si on en croyait les traditions populaires, le fils de Jacob et le fils d'Ayoub auraient élevé en Egypte plus de monumens que le& Pharaons. .
^.fiJUi. yieui Ga^ê' n'eit js^aré de l'ile de Roudàlîp qMt)Pw.uii ttras du Kilqui est à. sec six mois de Vm^^i'jîaiVQuJuipacecMiriF cette île y fameuse par sa8:j^rdii2s> et par le nilômètre ou mékias ; Rôndahp fobnnîA au Caire des légumes et des; fleurs; nulle pert: jan'ai vu d'aussi beaux sycomores ;il est probable que cette île n'existait pas du temps des Pha-i vaons^ car les anciens n'en parlent pas ; elle n^est mentionnée dans L'histoire qu'à l'époque de la con-* queted'Amrou ^ le chef des Grecs, Macauqjiie, après avoir abandonné la forteresse de Babylone, vin© eamper avec se8>troupes dans l'île de Roudah, qu'il ne- put défendre contre |es Arabes. Guillaume dà- Tyrnous apprend que les Francs établis à Jérusalem vinrent vérèi le milieu du douzième sièale jus-^ ipi'âuiâ portes du» Caire , et que l'île dé Êoudah fàlr aior» le théâtre de plusieurs combats ; plus tardy tosidtaqi Neggémedin, le même qui mourut à Man^ soniràh pendant l'expédition de saint Louis , fit? bâutif'dans l'île une forteresse qu'il confia à la garde deé mamelucks baharltes^ et un palais dont il fit sar demeure.
Notre première visite dans Tîte de Rbudah a été pour le nilômètre ;- é'ek un édifice car|*é, placé à la pointe de File ; dans l^întérieur est une colonne en pierre où sont marqués les divers- degfés de la crue des «eaux ; personne maintenant n'y fait atten-^ tion;: mais dans quelques mois tous les regards se porteront de ce côté^ car c'est là qii'on vi^Httdirà
lii# là destinée àe l'Égypto^ pour Tanniée- r^3 it^ Dans d'autres» P^y^^ ^ ppospértié où l'abondiuioe dépend de mille accidens; le âéfiu de la discite ne s'étend pas partout .en même temps > et ne^se présente pas toujours avec toutes ses icalatnités^'Si des terres sont restées^ stériles y d^autiffs ont été £é^ condes^ si une récolte a manqué^ d^iùres récolties viennent dédônimager ragria>keur ; si une saison apporte aveic elle quelques fléaux passagér^^ uni^ autre saison vient réparer lëtnal ; il n'en est pas dq même en Egypte; ceux qui cultivent la teiTé«qgy|^-^ tienne n'ont à redouter ni les froides brumes^ ni les longues^ pluies de l'automne^ ni les gelées 'd'>ai vril , ni les orages de Tété j dans toute - PEgjfjitwry les saisons se succèdent toujours les mêmes ;^ le ciel y la température viry changent point 3 oti n-y craint qu'un seul fléau, l'absence- de^ eaukî dé Nil. Si le pays n'était point arrosé par les i^éA«Ë du fleuve, il ne prx)duirait pas plus que les «a*blés de la Libye; partout ou le HH ne pénètre pti^y^^ n'y a point de moissons; dans tbiiâlléi'lleâxfiqtf^l^ fleuve n'a point visités, tout cè^qttt^v^gète y!5j^<'<id| qui respire est menacé de périr; teà*squjàfe'<fis^ffl^ se fait sentir , l'Egypte n'a rien à èspérer'dte p^k voisins, car tous les paysivoièms vivfetite^d^'*^ abondance, et souffrent tous 'de sa niisèù^ VoUfif pouvez juger d's^près cela avec ^ëllè iihjoiéttid^ l'Egypte attend chaque^nnée là' crue du Nil; a^ec
Mi
quelle vive curiosité en^doit inteWogér le toildtfiè*^-
tré. Quel spectacle offre la population tout entière atf temps où le fleuve sort de son lit ! la foule accourt de toutes parts sur la vive, pour voir les eaux s'itf^croltre ; de rapides messagers devancent partout le cours du fleuve pour annoncer son accroissement ^ pcarsonne ne peut rester dans l'indifférence^ car il s'agit pour le gouvernement de savoir s'il pourra percevoir le miri ; pour le laboureur^ s'il recueillera le fruit de ses travaux ; pour tout le peuple des campagnes et des dtés^ s'il sera dévoré par la faim. Quel désespoir, quelle joie doivent tour-à-tour éclater, lorsque 1^ cent voix delà renommée vont appreiftdre dans le Delta, et dans les provinces les plus fertiles de la Basse^Égypte que le Nil vient d'arriver ao Gaire avec le tribut de ses grandes eaux , ou qu'il s'est tout-à-coup arrêté dans sa crue j les événemens les [dus impprtans ne sauraient arracher le pays à cette préoccupation générale j lors même que Fennevii serait aux portes, on se demanderait encore à quelle coudée est monté le Nil; on viendrait dire au peuple égyptiea que de grands empires sont tombés,, que Stan^boul et d'autres capitales de l'Orient cpl été englouties, que le Taurus et le Liban ont lUoparu de la terre, et de toutes parts on se de- 9Uiiider,ait encore quel est l'accroissement des eaux du IVl j quelle est la nouvelle annoncée par le ni- IpiB^tre ou le moniteur du fleuve ?
Cette inquiétude^ cette agitation universelle suffirait peut-être pour nousMiire juger comment les
vieille^ superstitions qui ont régné sur ce pays , ont pu y prendre naissance et sy acicréditer. On voulait savoir d'avance ce que diaque année apportait avec die de biens et de maux ; on s^adressa d'abord au fleuve ^ au soleil ^ à la lune ; on' s'adressa ensuite à la pierre^ à l'insecte, à la plante, à l'habitant de Fair, à l'habitant de Fonde ; on interrogea le scarabée, Foignon , le taureau , le serpent, le crocodile. Toutes les créatures vivantes ou inanimées, furent consultées comme des oracles ; comme on leur demandait les secrets de la Providence, on leur trouva quelque chose de divin; c'est ainsi que se multiplièrent à l'infini les objets de l'adoration populaire, et qu'à la fin tout devint dieu dans la vieille Egypte.
11 y a dans les crues régulières du Nil quelque chose de si merveilleux , que mon esprit en est: toujours étonné comme d'un miracle ; je compare quel-r quofois dans ma pensée cet écoulement d'un^ grand fleuve, qui se répand à la fois dans mille canaux ^ et qui porte partout la fécondité, à la circulation du sang dans les corps vii^çans ; tant que le sang coule parses mille conduits divers , il répand par-* tout la santé, la force et la vie; s'il s'arrête dans son cours et que sa régularité soit interroolpue,, alors suniennent la maladie et le dépérissement, et quelquefois même les angoisses et la pâleur^ avantcoureurs du trépas. O prodige de notre nature ! en interrogeant le pouls de l'homme , vous connaîtrez
louC œqni se passe dans le cx>ip6 humaiii, todl ce qvfyn ' faoînme sooffire^ tout ce qu'il sent; voua soidl^ s'il est sain ou makde^ s'il est triste ou fi^éaXy sHl est £aiible ou fort^ s'il doit mourir ou ▼iirre; de même, vous pouvez savoir si la ierreqù'ârrose le Nil sera dans la tristesse ou dans la joie, si les animaux et lés plantes qu'eHe nourrit, vivront on mourront, si le peuple sera comblé de biens ou livré aux horreurs de la £aunine ; vous pouvez savoir en un mot, tous les malheurs, toutes les prospé-^ rites deTÉgyjne, et pour cela, vous n'avez qu'à tenir les yeux attachés sur le nilomètre ou le iné-^ kias.
Chez les anciens Egyptiens, le nilomètre fut placé dans les temples, et son histoire à cette époque se couvre du mystère qui enveloppait alors tout ce qui * appartenait au culte des dieux; tout ce que nbu's savons, c'est qu'il y avait un nilomètre à Mem* phis, et qu'il était sous là garde des prêtres de Bhta et de Sérapis; après la conquête d'Amrou et sous le troisième successeur du Prophète , le nilomètre fui transporté à l'ile de Roudah y et c'est depuis c& temps qu'il a pris le nom demékias. Les auteui^s musulmans nous ont laissé un tableau fidèle des crues^ du Nil et de toutes les calamités qui furent d'avance annoncées par le mékias. Toutes les Ibis que le nilomètre est resté au-Klessous de la fceiÉièmo coudée, ce qui annonce l'absence de Tinôndation ^ ou que les eaux ont dépassé la dix^huttième coudée > ce qui ^t
une humdatidn^cessive ^l'histoire ne maftque pas
de noua dire qu'il y a eaigraude dberlé > qUUl j a^u
grand deiiil : en Egypte \ ^% qù'cmy a mange lim- ca^ daYces, des chiens ^des^èhats, des chaoïçiskux qt <tea ânes. Xonsqoe la crus du Nit donnait ddsinquiétu-* des^ les fidètes allaient prier tantik dans le inékias , tantôt dans lés mosquées d'Ainrou et ti'El-Ashar ;• quelquefois les sultans^ les ealifes> teé utémas^ tout le pei^e^ allaient en procession dans le désert pour, obtenir les eaux nécessaires'; j'iâ remaorqué dan» lès chroniques musulmanes y que soiiveiit ta* disette^ a t&ré sept années, comme au temps des vache» diaigres de Pharaon; sous le- règne de Mostanser- Billah^ l'inondation se fit attendre pendant septî ans j €t tout le monde se persuada qîf on arait détourné lé cours du Nil; te* chroniques du temps^ rapportent qu'un ambassadeur fut envoyé au roi des Abyssins^ pour le conjurer de laisser couler le fleuve vers la région de l'Egypte^ et que le roi des Abys*^ sins'fit ce qu'on lui demandait^ par respect. pàur te propltète dé la Uecque y il n'y a point de paysy comme je vobs l'ai dit, où la famine soit un fléau plus terrible qu'en Egypte ; on ne pçut Ure ssms^ frémir d'horreur lé rédt d'une famine qui arrivais au temps^ d'Abdalatif, et dans laquelle les hom-^ mes se dévorèrent entre eux, et la chair humaine fiit e^qposée en vente dans les bazars du Caire y Makrisi raconte aussi le^ mêmes calamités , le»^ mêmes abominations renouvelées de son temps.
Le nilomèire a souvent été réparé dû TeconiH
trait j l'histoire nous a- conservé; les noms de fous
les^ princes ou conquérans à qui le mékias doit quelque réparation ou amélioration ; sur les murs et sur la colonne métrique sont inscrits les fils de Id victoire^ les enfans de la lumîèrey les épées ou les élus de Dieu qui ont relevé l'édifice à mesure qa- il se ressentait des outrages du temps ; une rémarque assez curieuse^ c'est que le premier sur la liste de ceux qui ont r^aré le nilomètre de Roudah, est le fameux Al-Mamoun ^ fils d'Àaron Al-Ré^bid ^ et le dernier est un des lieutenans de Bonaparte;^ Les: Français^ pendant leur séjour au Caire, s'occupèrèntf de reconstraire le mâdàs; M. Marcel notis a cotlservé une lettre adressée par le divan du Caire aut général en chef de Tansiée française , et une autre lettre adressée à l'ingénieur Lepère^ pour les re-: mercier d'avoir réparé cette mesure du fleuve béni y qui donne la vie aux enfans d'Adani y aux quadru^ pèdeSf aua; oiseaux et aux animaux ermns dans les^ déserts. Sur la colonne métrique! était: marquée' Fannée de cette réparation avec les lettres initiale» des mots : irépuhlique française; sur un porii(^e de l'édifice , se trouvait une autre iriscriplion on fran-* çais et en arabe, portant l'époque de la oonstrucr lion nouvelle, et le nom du général Menoù, avec le sceau du cadi et la formule musulmane : au nom dit Dieu clément et miséricordieux. Je n'ai pas besoin de vous dire que ces deux inscriptions ont disparu
et qu'il n^en reste pas aujourd'hui la moindre traceur Le inékias dans Fêtât où il e$jt,ma{UfeDéfnl:,pi|raîf avoir grand besoin de nourelles répm*ations;Fest calier par lequel on descend dhns lé bassin est fort dégradé; les muiatiles même de rédificejsembleni; en plusieurs endroits près de s'éçrôuler;. qqelquesff unes des inscriptions arabes de la colonne, a^eftaeent diaque jour ; toutefois , il reste encore dan» FintéHeur du mékias et dans la mosquée voisine beaucoup de passages du Coran ^ tels que ceux-ci i Nevois-^upas^Ue Dieu fait descendre la pluie du^^lp eiauseiiôi la terre se couimre de verdure. ».. •' Nous avfms fait tomber des nuéesune eau pure poun domter la via hune terre morte, et pour en abreuver tout ce que nous mnmscréiy les troupeaux et le nombre infini des hom^ meSj etc. Le Coran^ qui a été écrit dans une contrée brûlante , ne devait pas manquer de vivea image» pour exprimer les bienfaits de la pluie ^ et j'aime à voir cette poésie orientale reproduite fiinsi sur la pierre du nilomètre*
Nous n'avons visité ni le jardin ni la mosquée ^ mékias ; au milieu des ruines du palais de Neggip^ medin y on a construit une poudrière ; nous avons été nous reposer chez le directeur de cet établfsçch ment, qui est un^Marseillais ; il nous a montré son petit jardin dans lequel il cultive la vigne et plu<sieurs plantes qu'il fait venir de son pays ; il nous a &it faire une remarque qui n'est pas sans intérêt pour Fbîstoire naturelle, c'est que les planta ye-
unes d'^îope ne peuvent ynme long^temps ett Égypias^ ef qu'^es dépmssem et dégénèrent dans l'espace de trois on quatre années ; ainsi^ nos fleurs ^ nos aibres ^'Occident ont y sur lès boi^ds du Nil , te: sort des étrangers qui viennent s'j établir^ et ^li^ peuvent y perpétuer leorrace.
Après avoir visité File de Roodah et le mékias^ nous avons traversé le Nil y et nous sommes des-^ csndos au village de Giseh. Ce village qui a donné soD-nora aux grandes pyramides, quoiqu'il en soit siparé par ntfÈù plaine de quatre ou 4ànq milles^ par idit^Ksec bien bâti, et sa position est très pUtores-r - qoe^' il venfèrme beaucoup de beUes ^maisons db campagfie A quantité de kiosques construits dans dwjardîns jce que nous avons vu des habitations aniiionce de b richesse^ mais le gros de la popular tîoii paraît misérable y car nous n'avons vu nulle part autsuot de pauvres et de mendians.
lA partie du Nil, en^e Giseh et l'ile de Roudah^ est couverte de barques ; jour et nuit, des pécheurs qôi ont affermé la pèche du Nil , y tendent leurs filets f souvent on rencontre des canges peintes en vcot ; en jaune ^ en rouge, et couvertes de dorures ; quelques-unes ont des musiciens qui font retentir 4e leurs accens les rives du fleuve ; dans d autres , 4M lentend des voix £émininet| des conversations eilfWiées ; ce sont des fiamillet du C<aire y des har rems qui font des promenades sur Teau^ les seules qu'on se permette dans c« pi^m Le Nil^ en cet en-
Hlroit^ est traversé par jàe gros bateaux qui transjK>rtent«urla rive droite le fourrage nécessaire pour nourrir les ânes^ les chameaux et les chevaux de la ^apitale,^ du vieux €aire et xle Boulac.