‹ Correspondance d'Orient, 1830-1831 (volume 4)Chapitre 12 sur 31 · LETTRE LXVI · texte numérisé non relu

LETTRE LXVI

Péra, i7 o<?tobre 1830.

Voila plus de deux mois que nous sommes à Constantinople ; ces deux mois que nous avons passés dans des coui*sés continuelles^ se sont écx>ulés comme une seule journée. Avant départir^ j'ai voulu dire adieu à tous ceux qui ont eu des bontés pour moi ^ qui m'ont aidé dans mes recherches > qui m'ont fait connaître ce pays . Ces dernières visites de reconnaissance ou d'amitié m'ont ramené à Thérapia et à Buyuk-déré; j'ai revu ce beau kiosque de Fambassade française où le général Guilleminot m'avait offert une chambre pendant que j'étais malade ; je me suis promené de nouveau dans ce jardin où les arbres.

les plantes et les fleurs, où les belles allées de platanes, rélégante distribution du terrein, la forme des jets d'eau et des fontaines, tout.me rappelait nos jardins de France; j'ai passé encore une nuit dans cet appartement où je voyais chaque matin de ma fenêtre la montagne du Géant et la vallée du grand-^seigneur j où chaque jour le Bosphore of&ait à mes yeux les scènes animées de la pêche des pélamydes y et tous les pavillons d'Europe revenant de la mer Noire.

Je n^oublierai point les heures que j'ai passées avec l'hôte de ce séjour délicieux; le général Guilleminot se plaît à encourager tous ceux qui voyagent dans l'intérêt de la géographie et de l'histoire. Combien de fois nous avons suivi ensemble sur des cartes rectifiées par ses soins , la marche des croisés à travers les contrées trop peu connues de l'Âsie-Mineure ! combien de fois, eiûi-nous promenant sous les arbres de Thérapia y notre conversation s'est prolongée avec un chariHe extrême sur les grands événemens des temjps passés; je racontais au bon général ce que je savais des guerres saintes ; il me racontait à son tour les guerres de la révolution. Personne n'a rassemblé plus de documens , personne ne connaît mieux tous les champs de bataille ; ses souvenirs sont les véritables archives de la gloire des derniers temps ; le général Guilleminot a vécu comme Xénophon , tantôt ail milieu des camps, tantôt occupé des

affaires publiques ; puisse-t-il, comme ^énoplion^ achever sa noble carrière , en racontant lés éyé-' neû>ens miCitaires dont il a été témoin^ et dan» lesquels il s'est lui-inême distingué I

L'ambassadeur de Russie et l'internonce d'Au^ triché habitent Buyuk-déré pendaiàt la belle saison. Je les avais vus qtielquefois pendant mon s^owr à Thérapia^ et j'en avais reçu le plus touchant l^> cueil. M. de Ribeaupieri^e est d'drigiqe française; il pourrait par ses manières servir de modèle à.be&ucoup de nos gens de cour. Les derniers traités qu'il a signés au liom de la Russie^ lui dojonent un trèsgrand crédit au divan. Vous savez que les Mo$oo^ vîtes n'ont pas abusé de la victoire | M. de Rib^nuK pierre a tout ce qu'il faut pour être le digne oi^gj^ao d'nne politique généreuse^ et rien n'a manq^é^à slà gloire en cette occasion. Je n'ai pas eu moisis à^nae louer de la politesse affectueuse de M. le baron d'Ottenfels; l'internonce d'Autriche est le sevd ambassadeur chrétien qui y dans ses rapport$ 9^,w le divan ^ puisse se passer d'interprète; la oolline de Péra n'a point d'habitant qui connaisse niieu}^ l'ancienne et la nouvelle Constantinople^ qui sa* che mieux la langue des Osmanlis y et qui soit plus versé dans leur littérature ; rien n'est plus intérêt sant que sa conversation pour les voyageurs qui veulent étudier l'Orient. Comme la poste de Vienne passe toujours par le palais d'Autriche, ma curiosité inquiète m'a souvent conduit chez l'internonce ^

t)ui^st toujours bien infôimé^ et plus d'une fo^ j'af int<érrompu nos (entretiens ordinaires sur les raines ^e Bysance , pour l'interroger sur les ruines qui se font ou qui se préparent dans notre Occident ; plus d'une fois, j'ai quitté Bândurî, Pieire Gilles ou d'Osson , pour lire avec l'internonce le Journal de Francfort ou la Gazette'^ d/Aushourg^ qui, dans chacune de leurs colonnes, nous aj^rtent une révolution nouvelle.

Après avoir fedt mes visites d'^di^i à Buyukdéré, j'ai parcouru une derrière fois la Gmnd^ Vallée; je me suis reposé sous le platane de âodefroi de Bouillon. Je n'y ai trouvé personne; les feuilles commencent à t^iinber des aii)res , et les beaux rivages du Bosphore ont déjà pris les teintes mélancoliques des derniers jours die l'automne. Le ciel d'Orient que j'ai toujours vu si serein , si éclatant, se montre de temps à autre chargé de nuages, et les ondées m'ont surpris sous ces arbres qui m'abritaient naguère contre les chaleurs de l'été. Ce changement de la nature m'avait atitristé, et quand je suis rentré dans mon caïque, ia vile du Bos|)hore n'a fait qu'ajouter à ma mélancdiie» Je ne sais pour* quoi, lorsque je «uis triste > ïKies pensées se repoiv tent toujours vers la France. Tandis ^e tous ceux qui me sont chers , suppottent te ^ oids diii pur ist les misères d'une révolution, je me demaade ;qe que je fais parmi les peuples d'Oriefit; Je icHEiins quelquefois qu'on ne me compare à ces alcyons

du Bosphore^ à ces oiseaux toujours errans^ quî vont sans cesse et quelque temps qu'il £asse de la Propontide à la mer Noire y et de la mer Noire à la Propontide y sans qu'on puisse savoir quel ins^ tinct les anime, et quel mobile les pousse dans leurs courses sans fin?

Revenu à Péra, j'ai voulu visiter aussi les amis qui me sont restés après la révolution de juillet y et j'en ai trouvé la liste bien diminuée ; j'avais été si bien accueilli^ en arrivant sous les auspices d'un gouvernement encore debout ! Il y a des gens cjui ne m'épargnaient point alors les tendresses, les prévenances y les protestations amicales y et qui attendent maintenant, pour me saluer dans la rue, qu'il arrive un courrier de Paris. Tout cela me îsàt sourire , et d'ailleurs j'aurais pu faire cette expérience sans venir jusqu'ici. Toutefois il est une amitié qui me console de mes disgrâces , c'est celle de M. Alix Desgrauges , premier drogman de France , qui a été mon guide dans plusieurs de mes coiu*ses , qui m'a présenté chez plusieurs per-> sonnages impôrtans , et dont les connaissances locales m'ont été si précieuses pendant mon séjour à Constantinople ; je pourrais encore vous citer deux ou trois personnes dont j'emporte le sonvenir. Après cela je ne laisse plus à Péra que des étrangers, que des indifférens , et icette colline que vingt nations habitent, va redevenir pour moi la colline des figuiers sauvages.

Je viens de recevoir le firman qui doit nous servir de passeport à M. Poujoulat et à moi. Ce firman est daté de Constantinople lu bien gardée^ du mois de rebi second. Après avoir rappelé la bonne harmonie et la vieille amitié entre les sulUms de France et de Stamboul y les capitulations faites pour protéger les négocians et les voyageurs , après avoir déclaré que le général Guilleminot est son ami , et que c'est lui qui a demandé pour nous un firman impérial , l'empereur Mahmoud annonce que nous sommes venus en Turquie pour faire un voyage de curiosité ^ et nous donne le titre de bey-zadéhy qui équivaut ^ celui de gentilhomme; le sultan nous recommande à tous les pachas^ les muselims^ les ayans^ les cadis et à toutes les autorités de son empire. Il menace de sa disgrâce ceux qui nous maltraiteront ou nous feront un mauvais accueil ; sa Hautesse veut en< outre que^ pour ikotre argent ^ il nous soit permis de nous procurer toutes les choses dont nous pourrons avoir besoin.

18 odûbie 4890.

Mous nous sommes embarqués hier à ttois beo^ rès après-midi , à bord d'un petit b&timent géncds , qui était à Fancre devant Tophana. La brise était favorable ^ et nous n'avons pas tardé à voir finir derrière nous^ à gauche la Tour de la fille (Kya^ liouUeci ) ^ et les cyprès de Scutari ; à droite , le jardin et les murs du Sérail; au sud-est^ devant nous f se montraient les îles des Princes que je regrette de n'avoir point visitées ; et plus loin , le golfe de Nicée , qui nous rappelait des souvenirs historiques des croisades. Il était six lieures quand nous sommes arrivés en face de San-Stéphano. A cette distance ^ la capitale musulmane n'apparaît point au voyageur comme nos grandes cités d'Europe, presque toujours cachées dans d'épaisses vapeurs ^ et dans des nuages de fumée ; un ciel pur éclairait l'horizon de Stamboul , et le soleil couchant jetait ses|[^flots d'or sur les minarets et lei>

dômes des mosquées ; c'est en voyant ainsi la ville des sultans ^ qu'on se rappelle ce qu'en ont dit les poètes orientaux. i< La cité s'avance dans la mer, » et les flots ne baignent que ses gésioùx.... Sem- » blable à une femme aussi belle que la lûiùte , elle » porte des murs en ceinture auteur de sa taille.... » C'est un prodige que de voir comme les sqpt » tours apparaissent à la hauteur des deux ; le » soleil y habite en qualité de commandant du » fort; les étoiles y font saoïtinelle.... Comme dans }) le firmament les sphères se pressent contre les » sphères , ainsi se pressent les édifices contre les » édifices ; des dôm^ et des coupoles revêtus de » plomb s'offrent à la vue comme des vaisseaux à >i pleines voiles.... Personne ne voudrait quitter » Stamboul , même pour le Paradis ; ses créneaux » et. ses ttHiraitles touchent au ciei , au point que » les faonuness^et les anges peuvent s'entendre.... » Deux mers joignent leats bras autour de son n corps y l'enlacent de trois côtés comme un n:d)an » d'azur ; elle n'est pressée par la terre que d'un » seul côté , où s'élance un triple rang de tours et » de murailles.... elle fait envie à Sarmacande et à » Bochara ; celui qui a vu la Chine, la Syrie, l'Inde » et l'Egypte ^ sera obligé de reconnaître que Stam- » boul 'est la plus belle des cités..». ^ » Ainsi j'emrpruntais le langage des poètes d'Orient pour adres-

' Tous les passages qu'on vient de lire sont tirés du poète Yahjabey , qui

5er un dernier adieu à la ville impériale, et déjà cette reine des cités musulmanes s'effaçait derrière nous sous le crépuscule de la nuit.

Constantinople avait disparu ^ et mes yeux la cherchaient encore ; il m'a semblé alors qu'on voilait devant moi un magnifique tableau^ il m'a semblé qu'un grand et beau livre d'histoire venait de se fermer à jamais pour moi. Quand les ténèbres de la nuit nous ont dérobé la vue de la terre et de la mer, mes réflexions se sont portées naturelle* ment sur ce peuple, sur cette révolution ottomane qui a été souvent le sujet de mes méditations et de mes études. A l'heure présente , l'empire est en repos , mais que de troubles peuvent naître dans un pays où les lois anciennes sont comme suspen-^ dues , où les lois nouvelles n'ont aucune consistance , où le prince qui voudrait sauver l'Etat , ne comprend point sa nation et n'est point compris par elle ! Il n'est que trop vrai de dire que la civilisation européenne aura été pour les Turcs comme la robe de Nessus pour Hercule ; elle n'a fait jusqu'ici qu'allumer un feu qui ne peut plus s'éteindre , et qui finira par les consumer. La diplomatie de Péra pourrait bien arrêter une guerre fatale , mais son intervention ne serait-elle pas vaine contre le fanatisme populaire ? Il sera facile à l'Europe de dire à

a célébré dans son poème des Villes les beautés de Stamboul. L'historien

Sead-Eddin a composé un livre intitulé : Panégyrique de Stamboul ^ ou Couronne de l'histoire.

une armée ennemie : Tu n'iras pas plus loin.; mais que dire à des préjugés ^ à des ressentimens aveugles , à des croyances qu'on aura réduites au désespoir? Singulière destinée d'un empire musulman , qui n'aura bientôt pour appui que des chrétiens, et qu'entraîneront peut-être dans un dernier abîme , de grandes puissances qui se disputeront la gloire de le sauver !

Telles étaient mes réflexions sur l'avenir des Turcs, tandis que le vent nous entraînait à travers la Propontide; la nuit nous a empêchés de saluer en passant sur la cote d'Europe les villes de Sélivrée, d'Héraclée et de Rodosto; quand le jour a paru, nous avions dépassé l'île de Proconèse ou de Marmara, et les petites cités de Ganos^ de Miriophito, Peristasis et de Fuleo^Patino se montraient à nous sur la rive européenne. A huit heures du matin , nous avons pu découvrir les' rochers élevés de la cote de Gallipoli ; bientôt nous ont apparu sur les deux rives, d'un côté Gallipoli , de l'autre Lampsaque , dont le souvenir nous était encore présent. Dans le cours d'un lointain voyage, je ne sais rien de plus intéressant et de plus doux que de revoir les lieux qu'on a déjà vus ; les souvenirs récens se mêlent aux vieux souvenirs ^ et sur ces bords qu'il a déjà une fois parcourus, le voyageur aime à rechercher ses propres traces et pour ainsi dire sa propre histoire. Combien nous avons regretté de ne pouvoir descendre dans cette belle vallée de

Percotie y où nous avions passé une journée que je TOUS ai décrile ! Avec qudie joie nous aurions revu les rives du Praicus^ le Tdiiflik de Bergaâ si hospitalier pour nous^ et ce pauvre Méhém^t que nous avions laissé malade sur le diemin de Lampsaki !

A six heures du soir ^ nous avons doublé la pomte d'Abydos^ et nous sommes entrés* dans la baie <ie Nagara ^ où notre navire a jeté l^ancre. Descendus à terre, nous avons reconnu le- noyer à l'ombre duquel nous avions lu le poème de Musée et la Fiancée d^Abydos ; la vigne était dépouillée de son pampre vert j les feuilles des arbres avaient jauni et le vent les emportait dans l'HdilesponC ; ce rivage , je le crois, n'était pas plus triste le jour où l'infortuné Léandre trouva la mort dans les flots exk courroux. Nous sommes arrivés à la tombée .de la nuit dans la ville des Dardanelles (Soultanieh-Kalessi) y où le consul de France nous a fait le même accueil que trois mois auparavant. Nous n'avons point retrouvé aux Dardanelles le pacha à qui moms avions été présentés à notre premier passage ; on nous a dit qu'il était parti depuis trois ou quatre semaines. Le motif de son déplacement mérite d'être raconté. Lorsqu'on reçut la nouvelle de la révolution de juillet^ le consul de France demanda que le pavillon tricolore fût salué par les canons du fort j le pacha accorda sans peine les vingt coups de canon qui lui étaient démandés , d'autant plus

que la Porte lui recommandait par-dessus tout de ne jamais contrarier les consuls. Cependant la révolution n'était point encore reconnue par la Porte ; le reis-effendi refusait même de lire les notes que lui adressait à ce sujet l'ambassade française ; quand on connut cet empressement du commandant des Dardanelles à saluer les trois couleurs, je vous laisse à juger quelle colère éclata dans le divan; le pacha, qui croyait avoir fait merveille, ne tarda pas à recevoir un firman dans lequel on lui répétait, à peu de chose près , ce que Voltaire fait dire à son Mahomet :

Qui lait plus qu*â ne doit ne sdît pas me serrir.

Le pacha a été envoyé dans l'intérienr de PAsfe mineure, où il n'aura pins rien à démêler <pi'ave€' les disUneli^rs des caravanes ; le dHdêîmnt visir de l'Hellespont laisse peu de regrets dans cette ville , et n'emporte pas m^e l'estime de ceux dont il a salué le drapeau.

20 octobre 4 8S0.

Nous sommes partis des Dardanelles ce matin» J'aurais pu vous donner une description des châteaux cjjffi défendent l'Hellespont ^ mais tous la trei^rez partout ; il me suffira de vous dire que ces. châteaux sont au nombre de quatorze/ depuis Gallipoli jusqu'au cap Sigëe ; huit de ces châteaux sont sur la rive d'Europe , six sur la rive d'Asie, on y compte 609 pièces de canon , 28 mortiers ; cette artillerie et ces châteaux appartiennent à différentes époques ; les quatre principaux châteaux sont ceux de Koumkalé et de Setil-Bahr du côté de la mer Egée, ceux de Tchanag-Kalé et de Kilit-Bahr sur la rive opposée aux Dardanelles. Tous ces forts qu'on peut facilement attaquer par terre, n'ont jamais défendu sérieusement le passage de l'Hellespont ; l'artillerie qu'on y emploie , les énormes canons de fer qu'on y trouve encore , les boulets de pierre , ne sont guère dangereux que pour ceux qui s'en ser-

vent ; ce que je ne pardonne pas à tous ces châteaux des Turcs , c'est de faû^ oublier aux royagetirs les traditions de la' fable et de ITîistoirej j'aime mieux chercher sur la rive européenne qui fait face aux Dardanelles^ les tombeaux d'Hécube et de Protésilas y que de m'informer en quel temps a été bâtie telle ou telle forteresse ottomane • si elle est l'ôuvrage de Mahomet 11^ de Mahomet lY^ o]i de tout autre sultan . .

Entraînés par une brise rapide^ nous avons dou^blé le cap Trapèze ou la Pointe des BarbUrs^ et bientôt Koumkalé nous est apparu avec ses sables et ses murailles blanches. Les grandes images, de Y Iliade nous attendaient sur la rive } l'hôte magnifique qui nous avait si bien reçus dans les campagnes de Troie, Homère venait au-devant de nous avec tous ses dieux et ses héros. Toutes ces figures si imposantes de l'épopée ne nous ont point empêchés d'arrêter nos regards sur la petite ville de Koumkalé, où nous avions passé quelques jours ; nos lunettes ont été un moment braquées de ce côté^ pour découvrir la maison que nous avions habitée j nous n'avons vu personne sur la plage ; a notre premier passage, tout le monde était malade à Koumkalé; maintenant, à voir cette solitude, on pourrait croire que tout le monde est mort. Mais notre bateau génois descendait rapidement l'Hellespont, et bientôt les moulins à vent du cap Sigée, le sommet du Gai^aze couvert de neiges, nous ont

jseuls suivis sur les flots lointains. Nous venons de mouiller dans la rade de Ténédos.

P. S. Je vqus ai dit dans une de mes lettres que Frédéric Barberousse qui conduisait les croisés allemands à Jérusalem , traversa lllellespont à GallipoK. M. Poujoulat vient de retracer l'itinéraire de l'armée chrétienne depuis les cotes de Lampsaqae où elle dut aborder^ jusqu'à Laodicée du Méandre. J'espère que vous lirez cet itinéraire avec attimtion , et que vous mettrez quelque intérêt à suivre avec nous la marche de nos vieux pèlerins.

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