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riiistoire^ dont je suis venu chercher les traces dans ce pays ; vous voudriez sans doute savoir comme moi quelle part dut prendre Hérodote aux affaires de cette vieille dté^ qui tenait de la Perse ses princes et son gouvernement ^ de la Grèce son langage^ ses mœttrs et même ses dieux; Halicar-^ nasse, au. temps de sa splendeur, présentait une double physionomie, et semblait habitée par deux peuples ; on bâtissait des acropolis , on s'entourait des images de la tjnrannie pour obéir au grand roi ; t>n élevait des temples et des palais, on invoquait le ogénie des arts pour plaire à la nation hisUénique» Halicamasse> comme toutes les villes de cette cote d'Asie, devait avoir dans son sein deux partis op« posés , et toujours en présence , celui qui attendait ses destinées de Suse ou de Sabylone, siège de la puissance , et celui qui tenait ses regards atta*»chés sur la Grèce où retentissait le nom de liberté. Tout nous porte à croire qu'Hérodote avait chaudement embrassé le parti hellénique, lorsqu'on le proclama le libérateur de sa patrie et qu'il fiit enswte condamné à l'exil ; j'ai cherché là-dessus des éclaircissemens dans Hérodote lui-même; mais il garde le plus profond silence. Au temps où il écrî^ vait, on parlait peu de soi, et personne n'avait en^ core eu l'idée de publier ses mémoires. L'histoire était alors quelque chose de si grave , de si solennel, qu'un historien n'aurait osé se montrer dans ses propres récits, et mêler son nom à celui des
empires et des cités. Toutefois nous devons regretter qu'Hérodote n'ait point fait sa biographie , et qu'il ait laissé Iç soîn de parler de luî à Suidas qui ne npus dit rien de clair et de précis. Les marbres d'Halicarnasse n'ont rien non plus qui nous fasse çoimaitre le père de l'histoire ; on avait retrouvé à Athènes la maison de Socrate, la maison de Phor çîon ; on chercherait vainement ici celle d'Hérodote. Dans une ville où nous lïe retrouvons plus la place qu'occupaient les. temples des dieux, comment retrouver la demeure d'un historien qui mourut dan.s l'exil et dont la gloire fut méconnue de ses concitoyens ?
P. 5. Nous allons remettre à la voile j nous nous arrêterons ^Rhodes , d'où je pourrai peut-être vous écrire j nous visiterons ensuite en passant l'île de Chypre, et j'espère que les premiers jours de février nous trouveront à Saint-Jean-d'Acre et sur la rQute de Jérusalem.