‹ Correspondance d'Orient, 1830-1831 (volume 5)Chapitre 46 sur 47 · LETTRE LXXXIII · texte numérisé non relu

LETTRE LXXXIII

RUINES D'^HAX.ICARIVASSE. CHATEAU DE BCMIDROUlff.

43 janvier 1831

Après avoir attendu deux jours ^ nous nous sommes embarqués dans la chaloupe de la Truite. Nous avons passé à travers une foule de petites îles qui n'ont point de nom dans les auteurs anciens ni dans la géographie moderne. Je ne puis vous exprimer l'effet merveilleux que produit Faspect du fort de Boudroun, lorsqu'on en approche après, avoir traversé les îlots qui en dérobent d'abord la vue; les Turcs, qui ont grand soin, comme je vous l'ai dit souventj, de faire blanchir les châteaux qu'ils ont sur les bords de la mer, semblent chargés de décorer les paysages maritimes, et de tra-

4c>7 vailler aux plaisirs des vo}'ageurs qui passent devant les côtes. Boudroun a deux petits ports; Tun au midi y qu'on appelle le port secret parce qu'il n'est aperçu que du château; l'autre ;, au sud-ouest, est plus à découvert. C'est dans celui-là que nous sommes entrés. Nous avons débarqué sur un quai vaste et commode ; on nous a d'abord conduits chez le commandant qui demeure en face du port ; après avoir passé par une grande cour où se font voir d'anciennes et de nouvelles ruines , on monte par un escalier de bois, tout délabré; puis au bout d'une galerie , se trouve un appartement qu'on prendrait chez nous pour un grenier ; c'est l'appartement du vaivode. Celui-ci nous a reçus avec des manières polies; mais il n'avait point de chibouc à nous offrir, et nous avons^ été obligés de nous asseoir par terre à côté de lui, car il n'a ni tapis ni divan. J'avoue que cet air de pauvreté dans la maison d'un vaivode a quelque chose qui ne saurait me déplaire ; il m'annonce au moins que le maître n'a point abusé de son pouvoir, qu'il respecte les sueurs du peuple. Quand j'arrive chez un homme puissant , j'aime mieux le voir manquant d'un chibouc, et n'ayant pas de sopha pour se reposer, que d'apprendre en sortant de chez lui que la population qu'il opprime est moissonnée par la faim. On s'occupe maintenant dans la province de Carie du dénombrement ordonné par le sultan Mahmoud. Ce dénombrement jette quelque fermenta-

lion dans les esprits^ et déplaît à Ja plupart des Osmanlis, qui n'aiment point voir leurs noms sur des registres et qui s'appliquent le proverbe : brebis comptée le loup la mange. Le vaivode n'était pas sans inquiétude sur la population turque des montagnes.

Avant de visiter la ville ^ nous avons voulu voir le chantier de la marine^ établi près du port. On nous a montré une frégate^ qui est en construction depuis sept ans; le bois dont on s'est servi, est déjà en grande partie vermoulu^ et le bâtiment tombera en ruines avant d'être achevé. Ce sont les Grecs du pays qui travaillent au chantier; chacun est obligé de travailler tous les ans pendant un mois; les chefs de l'établissement à qui la Porte a déjà reproché leurs retards, n'attendent qu'avec effroi les prochaines nouvelles de Stamboul ; on croit généralement qu'il y aura quelques têtes coupées à Boudroun si la frégate, commencée depuis si long-temps, n'est pas lancée dans le bassin avant le mois d'avril.

Nous avons parcouru la petite ville de Boudrouji ; sa population n'a pas trois mille âmes ; elle n'a ni commerce ni industrie; son territoire ne produit que du blé et des figues. Nous avons fait une visite à quelques familles grecques. Nous espérions trouver quelques renseignemens sur l'ancienne Halicarnasse ; mais les Grecs n'en savent pas plus làdessus que les Turcs ; nous nous sommes donc mis

U'69 à errer autour de la ville nouvelle^ n'ayant d'autres guides que les voyageurs qui nous ont précédés. Partout la terre et les chemins sont couverts de fragmens de marbre , de tronçons de colonnes et de sarcophages brisés. En traversant un champ de blé y nous avons remarqué une statue de femme couchée à terre dans l'attitude d'une personne qui est tombée en fuyant ; une draperie et la main droite posée sur la poitrine, annoncent le ciseau d'un grand maître ; la tète, séparée du tronc, était restée long-temps sur le bord du chemin, lorsqu'elle a été apportée au consulat français de Stanchio. Elle se trouve parmi les objets d'antiquité que M. D'Avenat m'a chargé de remettre au Muséum de Paris. On a cru y voir une tête d'Artémise ; comme le souvenir de la reine de Carie est toujours présent à l'esprit des voyageurs qui visitent les ruines d'Halicarnasse , on retrouve volontiers ses traits dans tous les marbres qui ont conservé l'image d'une femme ou d'une déesse. J'ai remarqué qu'on retrouvait aussi son nom dans toutes les inscriptions anciennes que les ravages du temps ne permettent plus de déchiffrer. La science a aussi ses illusions , et nous devons les respecter.

L'ancien emplacement d'Halicarnasse nous présente un bassin circulaire , environné à l'est et au nord de montagnes élevées. En nous avançant du côté du nord-est, nous avons suivi un chemin creusé par l'eau des pluies et semblable au lit d'un

torrent; ce chemin est bordé de murailles presque entièrement ensevelies sous terre : on remarque dans ces décombres de grosses pierres de taille, disposées en formes de degrés ou de gradins. Ces ruines , qui portent l'empreinte de l'antiquité , sont-elles les derniers restes d'un temple ou d'un acropolis ? Elles paraissent occuper l'extrémité de l'ancienne ville du côté du nord-est. Lorsque Alexandre-le-Grand fît le siège d'Halicarnasse, son armée s'avança d'abord vers la ville par le chemin de Mylassa qu'on aperçoit encore à l'orient; elle porta ensuite son attaque vers le nord de la place ; ses efforts se dirigèrent sans doute contre les fortifications dont nous avons vu les fondemens.

Comme les ruines de la ville ont fourni beaucoup de pierres, on s'en est servi pour la clôture des champs^ ce qui rend la campagne très-difficile à parcourir. J'ai été encore une fois martyr démon amour pour les antiquités. En franchissant une de ces murailles de pierres, qu'on rencontre partout sur son chemin, je suis tombé assez violemment, et je me suis relevé avec quelques contusions au front ; la force morale, en cette occasion, est venue à mon secours, et j'ai poursuivi. mes courses sans m'arrêter un seul instant. Si je ne craignais pas d'employer une comparaison usée ou de vous paraître trop fanfaron, je m'appliquerais volontiers ce qu'on a dit de la chute d'Antée; car je n'ai jamais été plus dispos et plus ingambe que dans cette journée où

mon front meurtri a touché les rUines et la poussière de Fantique cité.

En gravissant les montagnes du nord^ nous n'avons pas tardé à rencontrer un plateau étendu , une vaste esplanade oùse.trouvent çà et là plusieurs colonnes d'une grande dimension , quelques-unes debout j les autres couchées par terre et à moitié brisées. J'ai cru reconnaître en ce lieu l'emplacement d'un des acropolis d'Halicarnasse ; car l'histoire compte plusieurs acropolis placés dans l'enceinte de la ville, et destinés à sa défense. Il est probable que dans l'intérieur de cette citadelle on avait bâti un temple, et que ce temple était celui de Mars ; Vitruve nous dit que la statue colossale et les autels du dieu Mars se trouvaient dans le lieu le plus élevé de la ville. Les historiens parlent de plusieurs assauts livrés sur ce point par les soldats d'Alexandre.

Par de là cet acropolis commence ce qu'on peut appeler la région des morts ; les sommets de la montagne sont remplis de cellules ou de cavernes sépulcrales \ nous sommes entrés dans quel-' ques-unes de ces grottes funèbres; elles sont de plusieurs dimensions j les unes n'ont de place que pour un cercueil, dans quelques autres plusieurs morts semblent avoir été ensevelis. La plupart de ces sépulcres ont été ouverts par la main de l'homme ou par la faux du temps ; la montagne se dégrade comme les monumens humains, et plus

d'une tombe a laissé échapper sa proie, c^est-à-dire un peu de poussière et quelques débris d'ossemens. Assis sur ces hauteurs couvertes de tombeaux^ nous avions autour de nous les lieux où reposèrent les vieilles générations d'Halicarnasse, et nous pouvions contempler à nos pieds le vaste bassin où sont dispersées les ruines de l'ancienne ville; rien n'est plus propre à remuer l'imagination que ce double spectacle.

En descendant de la montagne^ nous avons aperçu de loin un vaste amphithéâtre. Cet amphithéâtre y placé sur un coteau y rappelle au premier coup-d'œil sa destination ancienne ; ses gradins ^ rangés sur plusieurs lignes circulaires, semblent at-^ tendre les spectateurs ; si le lieu de la scène n'était pas planté de figuiers , on pourrait y donner encore des représentations. Rien n'est plus propre à nous faire juger la magnificence des spectacles chez les anciens; là, tout un peuple était assemblé sous la voûte radieuse du ciel ; il avait devant lui et autour de lui la cité, les montagnes, la mer -, à ses pieds , on représentait les triomphes des héros , les miracles des dieux, les vertus des premiers sages ; on chantait la puissance de Jupiter , la sagesse de Minerve , les bienfaits de Bacchus et de Cérès ; ainsi les souvenirs religieux , les beautés de la nature , les arts enfantés par le génie de l'homme, tout se réunissait pour ajouter à la pompe et à l'éclat des grandes solennités. Les ruines que nous

voyons semblent avoir gardé la mémoire de ces temps merveilleux , et le voyageur qui les visite peut encore se croire assis au milieu du peuple assemblé. Sur les avenues de l'amphithéâtre se trouvent de tous côtés de grands amas de pierres. Parmi ces amas de pierres nous avons remarqué un piédestal représentant les neuf Muses en bas-relief; le monument a été mutilé^ mais on y distingue encore les attributs de chacune des neuf déesses. Nous avons trouvé^ au milieu de toutes ces ruines^ des maçons occupés à enlever des matériaux de construction; la présence de ces ouvriers a dérangé toute la poésie de nos souvenirs; un vieux Musulman à la barbe blanche encourageait les travailleurs ; il m'a semblé voir le Temps armé de sa faux^ qui, désespérant de détruire à lui tout seul les anciens monumens d'Halicarnasse, avait appelé des auxiliaires^ avait fait venir des ouvriers et des maçons pour l'aider. Le Turc que nous avons vu est- le propriétaire du terrain sur lequel se trouvent les restes de l'amphithéâtre ; il s'est mis à vendre les pierres qui sont entassées en ce lieu ^ et comme les pierres, surtout celles qui forment les gradins , sont très-bien taillées et d'une belle conservation , ir est probable qu'elles seront bientôt vendues. Si j'étais riche, j'achèterais tout l'amphithéâtre, et je ferais volontiers une pension à ceux qui le démolissent, s'ils me promettaient de le conserver et de le montrer aux voyageurs.

D'auti*es ruines nous attendaient au bas de la montagne j nous voilà en face d'un beau portique^ dont les colonnes sont encore debout ; elles ont leur entablement et leurs chapiteaux, couronnés d'arbustes verdoyans. Cette colonnade s'étend sur une ligne de quatre cents soixante pieds, ce qui donne l'idée d'un vaste édifice ; vis-a-vis la colonnade, on découvre un pan de muraille antique. C'est là que M. de Choiseul a placé le. temple de Mars; je ne puis partager cette opinion tout-à-fait contraire à ce que nous dit Vitruve qui, dans sa description , place le temple de Mars sur le lieu le plus élevé de la ville. Sans donner ici mon avis comme une autorité, ne pourrait-on pas croire que ces colonnes et ces murailles sont les restes du temple de Mercure ? Tout près de là, en traversant la cour d'une maison turque , nous avons trouvé d'autres colonnes de marbre ; autour de chacune de ces colonnes, qui sont cannelées et d'une forme très-élégante, sont tracées de grandes lettres grecques , dont nous n'avons pu suivre le sens, parce qu'elles se trouvent à moitié cachées dans le mur de clôture d'un jardin ; près des colonnes , nous avons vu une mosaïque fort bien conservée; celte mosaïque, ces colonnes, tous ces amas de pierres taillées, sembleraient indiquer l'emplacement d'un temple; ne pourrait-on pas voir en ce lieu le temple de Vénus ? Vitruve nous apprend que le temple de Vénus était près de celui de Mercure, et que

ces deux temples étaient bâtis aa pied de la colline où s'élevait là statue colossale et les autels de Mars. Pour assigner avec précision la place des deux monumens, il faudrait savoir ce qu'est devenue la fameuse fontaine Salmacis, qui coulait dans leur voisinage. Je n'ai rien pu découvrir sur cette fontaine célèbre chez les anciens ^ si ce n'est qu'elle est maintenant cachée dans l'enceinte d'un harem. Le lieu où nous nous trouvions, est rempli de jardins, et chacun de ces jardins a quelques débris de vieux monumens ; plusieurs Musulmans , assis devant leurs portes , nous invitaient à entrer chez eux pour y voir des débris de l'antiquité. Nous gardons ces pierres, nous a dit un vieillard turc , pour faire plaisir aux étrangers; j'ai remercié nos bons Osmanlis de tous les trésors qu'ils ont conservés pour nous, et rien ne m'a plus touché que de voir ainsi l'hospitalité gardienne des vieilles ruines, car l'hospilalité est aussi un reste ou un souvenir des temps anciens. Vous êtes sans doute impatient d'apprendre quelle place occupait le tombeau de Mausolc, et s'il en reste encore des vestiges ; on ne rencontre plus de trace du monument élevé par Artemise ; quant à son emplacement, je ne puis que vous répéter ces paroles traduites de Vitruve : « Halicarnassc for- » mait un circuit au pied des montagnes , et dans » le milieu du circuit, sur la pente de la colline , » se trouvait une grande place, où fut bàli le ma-

4% }) gnifîque ouvrage nommé Mausolée , l'une des » sept meri^ei lies du monde. » II y a long-temps que le tombeau de Mausole est détruit ; mais cette destruction est-elle l'ouvrage du temps ou des révolutions humaines? Vous savez que des accusations graves ont souvent été répétées à ce sujet contre les chevaliers de Rhodes , qui ont fait bâtir le château deBoudroun.On peut dire néanmoins^ à la justification de nos chevaliers ;, que les Sarrazins les avaient précédés sur le territoire d'Halicarnasse ^ et que les farouches compagnons de Moaviah n'avaient probablement rien laissé à détruire. Toutefois y il est permis de croire que le premier soin de la chevalerie de Rhodes, lorsqu'elle s'empara de cette côte, ne, fut pas de sauver ce qui restait de l'antiquité. On peut en juger par la seule inspection des murailles extérieures du château. En jetant les yeux sur ces murailles construites au quinzième siècle, nous avons reconnu des fragmens de marbre qui ont appartenu à des monumens anciens ; on y a remarqué aussi quelques bas-reliefs mutilés , représentant des combats héroïques , tels que celui de Thésée et des Amazones. On composerait peut-être un muséum avec les débris précieux, employés et comme ensevelis ou perdus dans la construction de cette forteresse, et si jamais le château de Boudroun est démoli, la vieille Halicarnasse , nous disent les voyageurs, pourra y retrouver ses plus vénérables ruines confon-

dues avec la brique et les matériaux les plus grossiers Rien n'est plus curieux que de voir dans ce château bâti à la place du Regia domus, du palais des anciens rois de Carie, toutes sortes de ruines mê- Jees ensemble, et la représentation confuse de plusieurs âges différens; parmi les marbres mutilés des temples et les vestiges à moitié effacés de l'antiquite grecque , vous pouvez retrouver là -h croix des fleurs-de-lys, des armoiries faisaient Occident, et çà et là des lion» • / r ^ f nos sculpteurs du • "^'"^ ^* '^" quatorzième siècJe D t . - ^^ ^^^ remparts , où flotte TétendarW "^ Croissant , offrent encore aux voyageurs des paroles écrites dans la langue de l'Évangile. Ici on lit sur une porte : Seigneur , sauvez-nous peu-datit que nous veillons , gardez-nous pendant que nous dormons ; si le Seigneur ne protège point une ville , c'est en vain que ses gardiens veilleront pour la défendre. Ailleurs un marbre vermoulu répète aux passans : Nous occupons ce lieu en vertu de la foi catholique ( propter iidem catholicam tenemus locum istum ). Ces inscriptions , et surtout la dernière, font un contraste assez singulier avec l'occupation des Turcs j mais ceux-ci n'y prennent pas garde ; ils n'ont pas même changé le nom du château, car Boudwun n'est que la corruption du nom de Saint-Pierre, ou Santo Bedro y que lui avaient donné les chevaliers de Rhodes.

Mais je ne vous ai point encore parlé du père de

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l'histoire, dont ,e suis venu chercher les traces dans ce pays ; vous voudriez sans doute savonoon.n.e nfoi'quelle part dut prendre H^odote aux affaires de cette vieille cité, qui tenait de la Perse ses princes et son gouvernement , de la Grèce son langage, ses mœurs et même ses dieux; Halicarnasl, lu temps de sa splendeur, présentait une double physionomie, et semblait habitée par deux des If/von bâtissait des acropolis, on s'entourait .y ^^,.^ ^^ grandroi;

on élevait d€s teriXI.'!"" , , . ■ „„„„o;tlp

, . , ^ , .-les palais, on invoquait le

génie des arts pour plaire !.. ^ hellénique.

Halicarnasse ^ comme toutes les villes c ^otte côte d'Asie, devait avoir dans son sein deux partis op^ posés, et toujours en présence, celui qui attendait ses destinées de Suse ou de Babjlone, siège de la puissance, et celui qui tenait ses regards attachés sur la Grèce où retentissait le nom de liberté. Tout nous porte à croire qu'Hérodote avait chau"dement embrassé le parti hellénique, lorsqu'on le proclama le libérateur de sa patrie et qu'il fut en^ suite condamné à l'exil; j'ai cherché là-dessus des éclaircissemens dans Hérodote lui-même; mais il garde le plus profond silence. Au temps où il écrivait, on parlait peu de soi, et personne n'avait encore eu l'idée de publier ses mémoires. L'histoire était alors quelque chose de si grave, de si solennel , qu'un historien n'aurait osé se montrer dans .ses propres récits, et mêler son nom à celui des

empires et des cités. Toutefois nous devons regretter qu'Hérodote n'ait point fait sa biographie ^ et qu'il ait laissé le soin de parler de lui à Suidas qui ne nous dit rien de clair et de précis. Les marbres d'Halicarnasse n'ont rien non plus qui nous fasse connaître le père de l'histoire ; on avait retrouvé à Athènes la maison de Socrate, la maison de Phocion; on chercherait vainement ici celle d'Héro-r dote. Dans une ville où nous ne retrouvons plus la place qu'occupaient les temples des dieux ^ comment retrouver la demeure d'un historien qui mourut dans l'exil et dont la gloire fut méconnue de ses concitoyens?

P. S. Nous allons remettre à la voile j nous nous arrêterons à Rhodes, d'où je pourrai peut-être vous écrire 5 nous visiterons ensuite en passant l'île de Chypre, et j'espère que les premiers jours de février nous trouveront à Saint-Jean-d'Acre et sur la route de Jérusalem.

Vi?i DU TOME TROISIEME.

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