CCXXVIII
A MONSIEUR ANTlEli
Paris, 27 janvier 1854.
Mon cher Antier, je viens de voir Roslan, qui quittait Lamennais. Ce n'est point une goutte remontée, mais bien une fluxion de poitrine. Rostan a changé la médication, et il en résulte du mieux. Toutefois il désirerait que Blaize fût ici. Lamennais a bien appelé M. Benoît1 ; mais, comme les prêtres
1 M. A. Barbet avait été appelé par Lamennais, en même temps que M. Benoit- Champy. Ce fut lui qui pria Béranger d'écrire cette lettre pour M. Blaize, que Lamennais ne voyait plus, à cause de certaines divergences d'opinions politiques. Béranger, qui n'aimait pas chez Lamennais cette puissance du retranchement des affectious et son inexorable ténacité a ne pas oublier ce qui lui avait, à tort ou à raison, déplu, voyait avec peine que son neveu dévoué, et au fond du cœur chéri encore sans doute, ne fut pas auprès de lui à sa dernière heure. M. Blaize, qui était à la campagne, au reçu de la lettre écrite par Béranger, se mit en route et arriva le 50 janvier à Paris, où il eut à approuver tout ce qu'avait fait M. Auguste Barbet.
Voici les deux pièces que dès le 16 janvier, en se mettant au lit, Lamennais avait écrites :