A MONSIEUR B OUF ART
16 décembre 1855.
Cher monsieur, malgré l'état maladif qui m'a saisi depuis
1 H s'agit de Rêves et Réalités. Ce volume a attiré un moment l'attention de madame Blanchecotte, qui, à vingt-cinq ans, ouvrière et ignorante, publiait des vers aussi distingués par le style que par la pensée. L'académie lui a une fois accordé un encouragement. Mais un talent de cette nature méritait quelque chose de plus. On a souvent fait davantage pour de simples versificateurs qui ne s'étaient point créés tout seuls. Ici, nous avons affaire a un poëte né dans la misère et la souffrance. C'est à madame Blanchecotte, plus qu'à toute autre, que le patronage de Déranger fait défaut. 11 n'eût pas voulu laisser sans récompenses tant de peines et tant d'efforts joints à des dons naturels si remarquables.
2 Mort, rue de Lille, au coin de la rue de Poitiers, à la suite d'une maladie «lu système nerveux. Bérat avait besoin d'images riantes et redoutait le retour de l'hiver. Le soir même du jour où on le portait au cimetière, il neigeait sur sa tombe.
quelque temps, je suis bien fier de la nouvelle que vous voulez bien me donner. Mon nom va donc traverser les mers !
Dieu veuille protéger le beau bâtiment dont vous êtes le parrain î Quel pauvre saint vous lui avez donné pour patron!
Cela n'a pas empêché un homme d'esprit de faire au bateau de charmants couplets que je vous remercie de m'avoir envoyés. Il me semble qu'on n'en fait plus d'aussi bons à Paris.
Remerciez, je vous prie, pour ma part, monsieur, l'auteur M. Paul Yasselin. C'est sur le mérite de son chant que je compte pour attirer les bénédictions sur le Béranger. Qu'il parte, mais que, bientôt de retour, il apporte de gros bénéfices à son propriétaire !
J'ai soixante-quinze ans et quatre mois : si je suis encore de ce monde à son retour, ayez, je vous prie, monsieur, la bonté de m'en apprendre la nouvelle. Croyez que tout ce qui pourra vous être heureux sera un sujet de joie pour moi.
CCLXTX
A MONSIEUR PAUL BOIT EAU
25 décembre 1855.
Mon cherBoiteau, si, depuis que vous m'avez écrit, je n'avais toujours été indisposé ainsi que ma pauvre Judith, qui a été menacée d'une congestion cérébrale qui a exigé une grande surveillance, j'aurais été certes savoir de vos nouvelles, d'après ce que vous m'avez écrit.
Bien que d'abord je n'eusse pas pris très au sérieux votre lettre de faire part, je commence aujourd'hui à m'inquiéter. Où en êtes-vous ? Que devenez-vous ? Pourquoi ne vous voiton plus?
Quelque maladie grave vous serait-elle survenue, ou à votre jeune femme?
Ne pouvant encore aller m'informer chez vous, je prends enfin le parti de vous prier de faire cesser mon inquiétude
Un mot, sans plus, qui me rassure, et je vous serai trèsobligé. Dans peu, j'espère, j'irai moi-même m'assurer de l'état de votre santé.
Présentez d'avance mes hommages respectueux à madame, quoique je n'aie pas encore l'honneur de la connaître, et croyez-moi tout à vous de cœur.
CGLXX