‹ Correspondance de Béranger (volume 2)Chapitre 25 sur 162 · A M OH £1 EUR RE BAUDOT · texte numérisé non relu

A M OH £1 EUR RE BAUDOT

Pas?y, 28 février 1850.

Mon cher monsieur, j'ai reçu et lu vos chansons avec autant de plaisir que celles de vous qui les ont précédées dans mon ermitage. Je ne conçois pas que vous ayez tiré d'aussi graves conséquences d'une observation que je vous fis à propos du malheur arrivé à votre compagne; cela voulait dire uniquement que je ne connaissais personne en France aussi déterminé à tout chanter, puisque vos malheurs mêmes n'échappaient pas à la cadence de vos refrains. J'en parlais par envie, je vous assure. J'ai sur vos dernières chansons une remarque que je crois déjà vous avoir faite. J'aime la rime exacte, riche même, et peut-être ai-je contribué à en faire reprendre le goût en France; mais je ne veux pas que la rime ait un air de recherche; c'est, selon moi, ce qui arrive quelquefois dans vos chansons. Cela produit à plus d'un vers l'effet du bout-rimé. La rime avant la pensée ! Il y a de cela dans le Nain. Le mot de fœtus n'est d'ailleurs pas heureux pour le refrain1. Celui du Franc-Pineau aurait pu être plus piquant. Le Coucher du soleil est celui des trois que je préfère.

1 M. Renaudot, en nous transmettant copie des quatorze lettres que Béranger lui a écrites, a joint à celle-ci une note qu'il nous parait bon de transcrire : i Cette chanson intitulée le Nain de la littérature, dont parle Béranger, est la seule que je n'aie point corrigée après en avoir reçu son avis, parce que, l'ayant envoyée en même temps à M. de Lamartine, cette chanson me valut un éloge excessivement flatteur de la part de l'illustre auteur de Jocelyn. »

- M. Renaudot nous aide ainsi, sans le vouloir, à faire l'éloge de Béranger.

DE BÉRAiNGEK.

Page 1