A MONSIEUR JOSEPH BERNARD
11 août 1852.
Il me sera impossible, mon cher ami, d'aller vous dire adieu. Si je n'ai pas tenu parole l'autre semaine, la fête de Bougival y est bien pour quelque chose. J'ai craint les rencontres en route et à la promenade. Sans cette crainte, j'aurais pu braver le mauvais temps. Il n'est pas plus beau ce matin ; mais, forcé de revenir demain pour mon jeudi, c'est peu la peine d'aller embarrasser vos apprêts de départ pour quelques heures à passer ensemble. Je vous souhaite à vous et
1 C'est la pièce Après une lecture sur Napoléon, qui est dans le volume Rêves et Réalités.
iv. 10
à vos dames bien du plaisir et bon voyage. J'en ai un à faire à la fin du mois qui me tracasse bien, tant j'ai à présent l'horreur de me déplacer, même pour quelques lieues. Vous autres, pour qui c'est un si grand bonheur, je vous admire.
Je croyais votre travail avec moi sur les chansons complètement terminé; je serai à vos ordres au retour. J'ai pourtant toujours peur de laisser échapper quelques variantes dont vous êtes friand et que moi je déteste. Aussi brûlerai- je bientôt, je l'espère, mes vieux manuscrits chantants.
A propos de Y Eloge de la richtsse, vous ai-je fait observer le vers :
En Champagne, on en trouve encore.
C'est un? allusion à la double invasion de 1814 et 1815, dont la Champagne a eu tant à souffrir. Cette chanson est clé 1846.
Cette note évitera d'immenses travaux à la postérité, si nous allons, l'un portant l'autre, jusque-là.
Encore une fois, bon voyage aux mères, aux enfants et à mon annotateur.
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A MONSIEUR P"-