A M A DAME DO S N A Y
13 août Î853.
Chère fille, je n'approuve ton projet que dans son intention. Mais, si tu ne donnes qu'à des gens qui te servent, ne crains-tu pas que messieurs les parents n'interprètent ta générosité que comme une gratification donnée à des salariés afin d'éviter de les augmenter'? Penses-y.
Je ne me souviens pas de la somme que tu as à partager. Mais, pour que la bonne profite de ton intention charitable, je te propose d'ajouter une somme égale à celle que le partage lui procurait, et cette somme, tu la lui remettrais secrètement, ce qui vaudrait mieux pour n'être pas questionnée sur la cause qui t'intéresse si particulièrement à elle, lorsque vous ne l'avez que depuis si peu de temps à votre service.
Ne t'inquiète pas de la dépense pour moi. Je t'ai dit, je crois, qu'on m'avait fait dépositaire d'un petit trésor5 où je
1 Lettre communiquée par M. le chevalier de Coucy. * Mademoiselle Pauline Béga.
5 Ceci montre bien ce que faisait Béranger des 951 francs de reate dont il s'était trouvé obligé d'accepter l'offre et dont parle la lettre, à M. Joseph Bernard, du 5 janvier 1855.
puis puiser pour de pareils actes. Dis-moi seulement quelle somme il faut que je te porte.