‹ Correspondance de Béranger (volume 3)Chapitre 68 sur 141 · DIRECTEUR DE SAINTE-BARBE · texte numérisé non relu

DIRECTEUR DE SAINTE-BARBE

26 décembre 1853.

Mon cher Labrouste, on m'a prié d'appuyer auprès de vous la demande d'une espèce de demi-bourse qui va vous être adressée pour l'enfant d'un poëte proscrit, l'enfant de

Lachambaudie. C'est de tout cœur que je fais celte démarche, car j'estime et plains le père, à qui j'ai tendu une main fraternelle dès ses premiers débuts. J'ai tout fait pour alléger la proscription, complètement injuste, qui pèse sur lui et qui a ajouté bien des misères à toutes celles qu'il a essuyées, mais qu'il a supportées avec dignité et courage. C'est avec le même courage qu'il les supporte encore à l'é-

tranger.

Son plus grand souci est l'éducation de son fils, qu'un ami généreux a été chercher en Belgique et qu'il voudrait placer aujourd'hui à Sainte-Barbe. Le père n'est pas barbiste; mais, parmi les barbistes,MM. Bixio et Scribe prennent le pauvre enfant sous leur patronage. Influents dans le conseil de votre administration, ils pensent que votre puissant concours pourrait assurer l'entrée du jeune Lachambaudie dans votre excellente institution.

Je me permets donc de compter assez sur votre bienveillance pour me joindre à eux dans cette bonne œuvre, trèsdisposé à croire cependant que si nous réussissons, ce sera particulièrement à MM. Bixio et Scribe que nous le devrons. Ce succès, au reste, sera la récompense de tout ce que Scribe a déjà fait pour notre fabuliste exilé.

Quelque petite que soit ma part d'influence dans cette affaire, elle n'en sera pas moins pour moi une nouvelle cause de gratitude envers vous, et je vous prie d'en agréer d'avance l'expression, ainsi, mon cher Labrouste, que l'assurance de mes sentiments d'estime et de considération profonde.

DE. BÉRANGEU. 2.41

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