‹ Correspondance de Béranger (volume 5)Chapitre 121 sur 136 · A MONSIEUR CHARLES BERNARD · texte numérisé non relu

A MONSIEUR CHARLES BERNARD

12 juin, onze heures.

Mon cher Bernard, je vais de plus mal en plus mal depuis hier soir; je l'écris à Trousseau, et, pour vous éviter des visites trop fréquentes, l'engage à me mettre dans les mains d'un confrère * avec qui je pourrai entrer en arrangement d'argent; ce que je ne peux ni avec Trousseau ni avec toi.

Je crois que vous ne vous blesserez ni l'un ni l'autre d'une mesure qui rassurera ma conscience, et avec l'avantage de tous vos soins. Adieu; je suis bien souffrant. Tout à toi.

avec le plus grand dévouement pendant quinze 'mois. A quelque heure cl au milieu de quelque clientèle qu'on l'allàt chercher, il accourait sans relard, ayant à cœur de faire jusqu'au hout pour le poëte, au noni'de sa propre amitié, tout ce qu'eût fait l'amitié de M. Brelonneau, son maître.

* La nouvelle de la mort du fds de M. Dubois-Davesne," qui venait de périr dans le feu.

* M. Jabin vint dès lors se joindre à MM. Trousseau et Bernard, mais il ne voulut pas que ses soins fussent rétribués.

GCCX

ÂU MÊME

15 juin, quatre heures du matin.

En vérité, mon cher Bernard, je crains d'être fou : hâtetoi de venir me voir. De cœur encore.

AU MÊME

IG juin 1857.

J'ai manqué mourir celle nuit d'une affreuse fringale; je crains de la voir recommencer. Viens donc aussitôt que tu le pourras. Ah ! je te suis une bien mauvaise pratique !

Mille amitiés à madame.

AU MÊME

Samedi, cinq heures et demie du matin.

Mon cher Charles, viens le plus tôt que tu le pourras. J'ai bien souffert cette n-iit. Mes amitiés à madame.

AU MÊME

Jeudi malin.

Mon cher Bernard, j'entre dans une nouvelle phase de maladie. Viens aussitôt et aussi souvent que tu le [ourras. J'écris à Trousseau. Toul à toi et aux tiens.

AU MÊME

Samedi, cinq heures du matin.

Mon cher Charles, la faim me tue ; viens vite à mon secours.

Fais appel à Trousseau. Charge mon portier de lui porter un mot de toi. Je suis fort malade. Hâtez-vous! A toi.

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