‹ Correspondance de Béranger (volume 5)Chapitre 48 sur 136 · A MONSIEUR BA.RANDEGUY-DUPONT · texte numérisé non relu

A MONSIEUR BA.RANDEGUY-DUPONT

6 octobre 1852.

Une assez longue visite que je viens de faire à mon vieil ami Dupont (de l'Eure) m'a empoché de recevoir en son temps votre lettre et les vers qu'elle contenait.

Je ne puis que vous faire les mêmes éloges que pour les morceaux qui ont précédé cette nouvelle satire. J'a-

joute seulement une remarque, si vous voulez Lien le permettre.

Le 2 décembre est chose si grave, dans quelque sens qu'on le prenne, qu'il semble que vous eussiez dû étendre ce morceau et l'enrichir de beaucoup de détails, que je regrette de n'y pas trouver, surtout en pensant au parti que la poésie en pouvait tirer.

Vous ressemblez à un paresseux qui, forcé de se mettre au travail, a hâte d'en finir lorsqu'à peine il a commencé. Peut-être vous défiez-vous encore de votre muse, qui me semble pouvoir remplir une plus longue carrière. Selon moi, et en considérant le genre que vous adoptez, ce morceau n'est guère que le quart des vers que cette satire devrait contenir. Courage donc, monsieur! osez, et vous en recueillerez le prix tôt ou tard.

Je sais la réponse que vous pouvez me faire, et je voudrais que le public pût s'en contenter. Les rimes manquent à notre langue. Ce qui est sans réponse, ce sont les quatre rimes du quatorzième vers; au vingtième il y a aussi un hémistiche à changer : Vous avez ouvert Vère, si désagréable à prononcer.

Page 1